‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 298 sur 449 · LIVRE II, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XII

liors de soy, si grands troubles, ne si grandes fraveurs, comme il en entre en l'ame par le moien d'aucuns bruits, sons & voix qui viennent à ferir l'ouve. » (II, f" 24 v°.)

P. 358, 1. 25. Fil ctiain). «Il arrive même souvent que tel aspect, telle voix par sa gravité, tel chant trouble profondément l'esprit; souvent aussi un souci, une frayeur produisent le même effet. » (Cicéron, De divinatioiic, I, xxxvii.)

P. 359, 1. 5. Ce flailnir). Cf. Plutarque, Vie de Gracchiis, i, f" 569 r", et surtout Conuuent il faut refréner la rclere : « On dit que Caïus Gracchus l'orateur, qui estoit de nature homme aspre, véhément & violent en sa façon de dire, avoir une petite fluste accommodée avec laquelle les musiciens ont accoustumé de conduire tout doulcement la voix de hault en bas, & de bas en hault, par toutes les notes pour enseigner à entonner, & ainsi comme il harenguoit, il y avoit l'un de ses serviteurs qui estant debout derrière luy comme il sortoit un petit de ton en parlant, luv entonnoit un ton plus doulx & plus gracieux, en le retirant de son hault crver & braire, & luy ostant l'aspreté & l'accent cholérique de sa voix. » (vi, f" 57 v".)

P. 359, 1. 16. El soient). « On volt deux soleils et deux Thèbes. » (Virgile, Éne'ide, l\\ 470.)

P. 359, 1. r8. Mitltiiiiodis). «Nous voyons souvent que des femmes laides et contrefaites inspirent l'amour et sont en grande faveur. » (Lucrèce, IV, 1152.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 355.

P. 359, 1. 25. In rehus qiioqiie). «Les cho.ses même les plus exposées à la vue, si l'esprit ne s'applique pas à les observer, sont pour lui comme si elles en avaient toujours été éloignées et tenues à grande distance. » (/</., W, S09.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 332.

P. 360, 1. 4. Cens qui). Cf. Cicéron, Acndéiniqiics, II, XVII, et II, XIX.

P. 360, 1. 23. Les animaux). Tout ce morceau s'inspire de Sextus Empiricus, Hxpotxposes, I, xiv. Premier moven de l'époque.

P. 360, i. 26. Democritus disait). Cf. essai I, Li\-,

P. 361, 1. 3. Taninqne). «Il v a dans ceci tant de

différence et de diversité que ce qui est nourriture aux uns est à d'autres un poison violent. Souvent en effet le serpent, au contact de la salive humaine, dépérit et se dévore lui-même. » (Lucrèce, IV, 6^^.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 319, avec cette seule exception que Montaigne substitue le singulier «saliva» au pluriel «salivis».

P. 361, 1. 9. Pline dit). Histoire naturelle, XXXII, i.

P. 361, 1. 18. Liirida). «Tout parait jaune à ceux qui ont la jaunisse. » (Lucrèce, IV, 330.)

P. 361, 1. 20. Ceux qui ont). Cf. Sextus Eijipiricus, Hypotyposes, où Montaigne a pris également ce qu'il vient de dire des malades atteints de jaunisse : «Icterici pallida esse dicunt quœ nobis alba videntur : & qui hyposphagma habent, sanguinea. Quoniam igitur animalia etiam alla pallidos habent oculos, alla sanguinis colorem referentes, alla albicantes, alla alium colorem habentes : non sine causa diverse modo colores percipiunt. » (I, xiv. Premier moyen de l'époque.) Toutes les éditions que Montaigne a pu connaitre écrivent correctement hyposphaf^ma et non hvposphragnia.

P. 362, !. I. Quand nous pressons l'û'il). Id.,iHd. : « Quinetiam, quum oculum fricuerimus, oblonga; & angusta; apparent formée & figura;, & magnitudines eorum qu;B sub oculos cadunt. Est igitur consentaneum, quaecunque animalia obliquam habent pupillam & oblongam, ut caprae, fêles, & hujusmodi, diversam, de subjectis phantasiam concipere, & non eandem quam ea qu;v rotundam pupillam habent. » (I, xiv, Premier moyen de l'époque.)

P. 362, 1. 7. Bina hicernarnni). « Les lampes ont double lumière, les hommes double corps et double visage.» (Lucrèce, IV, 451.) La phrase précédente est traduite de Lucrèce qui dit :

« At si forte oculo manus uni subdita subter 1) Pressit eiim : quodani sensu fit, uti videantur n Omnia, qu.e tuiniur, fieri tum bina tuendo. «

P. 362, 1. 9. Si nous avons les oreilles). Cf. Sextus Empiricus, Hypotyposes : « Quomodo (dicatur) similia recipere auditu, animal quod habeat angustissimum porum auditorium, & quod ipsum habeat latissimum? Aut cui pilosœ sint aures, aut cui glabrœ contra ea;

ESSAIS DE MONTAIGNE

sint? Quum etiani ipsi aliter afficiamur auditu quum semiohstrictas aures hahemus, aliter quum ita illis utimur ut à natura habemus. » (I, xiv, Premier moyen de l'époque.)

P. 362, 1. 17. Et vitlgo faciunt). «Ainsi font ces voiles jaunes, rouges et bruns, tendus dans nos théâtres et flottant à l'air le long des poteaux qui les soutiennent : leur éclat mobile se réfléchit sur les spectateurs et sur la scène ; les sénateurs, les femmes, les statues des dieux, tout se teint de leur lumière ciiangcante. » (Lucrèce, W , 73.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 278.

P. 362, 1. 26. // fatidroit donc). Imité de Sextus Empiricus, Hypotyposes, I, xi\', début du Second moyen de l'époque. Rapprocher aussi le Quatrième moyen de l'époque.

P. 363, 1. 9. Si on nous dict). Id., ibid., I, xiii.

P. 363, 1. 13. Nos sens inesines s'entr'einpescheiit). Id., ibid. : «Diffère autem sensus inter se manifestum est. Verbi gratia, pict;t tabulœ visui quidem videntur aliquid prominens & aliquid retrusum habere : at non tactui : & mel lingua; videtur dulce esse in aliquibus, at verô oculis ingratum. Itaque dici non potest utrùm suave sit pure & per se, an insuave. Idem in unguento usuvenit : olfactum enim exhilarat, gustatui autem injucundum est. Sic & euphorbium, quum oculis molestum sit, reliquis autem partibus corporis minime : pure & simpliciter corporibus molestum sit nécne, dicere nequaquam poterimus. » (I, xiv, Troisième moyen de l'époque.)

P. 363, 1. 25. Ces personnes). Cf Sénèque, Questions naturelles, I, x\i.'

P, 364, 1. 10. Ut cibiis). « De même, la nourriture, distribuée par tout le corps, se détruit et change de nature.» (Lucrèce, III, 703.)

P. 364, 1. 12. L'humeur). Cf. Sextus Empiricus, Hypotyposes : « Quemadmodum enim idem cibus concoctus, aliquando sit vena intcrdum arterla, interdum os, nonnunquam nervus, & unumquodque aliorum : quippe qui pro diversitate partium qu;v Ipsum recipiunt, diversam facult^eui proférât. Et ut aqua una & unius generis in arbores infusa & quasi digesta, aliquando sit cortex, aliquando ramus, aliquando fructus : jam vero & ficus, & maluni punicum.

«!s; quivis alius ex citteris fructibus. Quemodmodum item musicorum flatus unus & idem in tibiam inspiratur, modo acutus sit, modo gravis... Ita non mirum est ea etiam quœ extrinsecus subjecta sunt, in diversam contemplationem venire pro diversa constitutione animalium quibus substantiœ accidunt. » (I, xiv. Premier moyen de l'époque.)

P. 364, 1. 17. D'avantage). Id., ibid., I, xiv. Quatrième moyen de l'époque.

P. 365, 1. 10. Deniqne). «De même que, dans la construction d'un édifice, si la première règle est fausse, si l'équerre s'écaite de la direction perpendiculaire, si le niveau s'éloigne par quelque endroit de sa juste position, il faut nécessairement que tout le bâtiment soit vicieux, penché, affaissé, sans grâce, sans aplomb, sans proportions, et qu'une partie semble prête à s'écrouler, et que tout s'écroule en effet, pour avoir été d'abord mal conduit : de même si l'on ne peut compter sur le rapport des sens, tous les jugements seront trompeurs et illusoires. » (Lucrèce, IV, 514-)

P. 365, 1. 25. // nous faudroit). Œ Sextus Empiricus, Hypotyposes : « Indijudicabilis enim est discrepantia : quum qui eam dijudicat, aut in aliquo versetur illorum quos diximus habituum, aut in nullo prorsus. Sed dicere eum in nullo esse habitu, nimirum eum neque valere neque œgrotare, neque moveri, neque quiescere, nec in ulla esse œtate, & à reliquis etiam habitibus vacuum esse : prorsus absurdum est : quod si in aliquo habitu constitutus dijudicabit phantasias, pars ipse erit discordiœ. Pneterea non erit sincerus e.xternorum subjectorum judex, quod inquinatus sit habitibus in quibus versatur : nam neque qui vigilat dormientium phantasias eum vigilantium phantasiis conferre pote-st, nec sanus a;grotantium & sanomm phantasias inter se comparare. Nam praisentibus & moventibus nos ad pn-esens assentimentur potiùs quàm non prœsentibus. Alio etiam modo indijudicabilis est talium phantasiarum discrepantia : nam qui phantasiam phantasia; pra;fert, & liabitum habitui, aut sine dijudicatione & sine demonstratione hoc facit, aut dijudicans & demonstrans : sed neque sine his : nam fide carebit : neque eum his : nam si dijudicabit phantasias, omnino

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