DE LA GLOIRE
P. 389, I. I. Le nom, c'est). Rapprocher Sebond, Théologie naturelle : « Tout et qui se peut acquérir de nouveau, ou c'est quelque chose, ou c'est un nom. Quant à la chose. Dieu ne la peut acquérir, veu qu'il n'y en a nulle qui ne soit sienne... D'avantage à quoy faire l'acquerroit il, luy qui n'a besoin de rien, luy qui est infini, & qui est toute plénitude? Parquov tout ce qu'il peut acquérir ce n'est certainement qu'un nom & un tel acquest est très-convenable à sa nature : car acquérir & croistre c'est tout un... Il ne peut croistre qu'extérieurement, & c'est proprement croistre hors de soy que d'acquérir un nom... Or le nom croist par les œuvres qui apparoissent et qui se voyent : car les bonnes actions tirent nécessairement après elles la louange, l'honneur et la réputation pour celuy qui les a produites : et lors il acquiert d'une telle œuvre un nouveau nom... Pour e.xemple : l'homme est premièrement, et puis on le marque d'une appellation particulière. Ce nom propre ne se donne pas en contemplation des œuvres bien ou mal faites, car il est imposé à l'homme avant qu'il ait ouvré : mais il luy sert de signal et de distinction, et signifie simplement la chose sans les œuvres... Plus une chose œuvre, plus elle a de nom, car le nom s'estend à la mesure de la chose. Le nom ne luy est non plus intérieur, et n'est non plus de sa nature qu'est la gloire, si est-ce luy qui reçoit premièrement en soy la gloire et qui la joinct, communique et attache a sa chose : car, attendu que l'honneur qui suit les bonnes œuvres ne peut entrer au-dedans de la chose qui les a produites, & qu'elle n'a rien hors de soy qui luy soit plus prochain, plus familier
et plus voisin que son nom; il faut que ce soit son nom qui le reçoive pour elle et qui s'en remplisse, comme estant apte naturellement à s'en accroistre et augmenter... » (cxci.)
P. 390, 1. 2. Ghria in excelsis). « Gloire à Dieu dans les cieux, et paix aux hommes sur la terre. » (Saint Luc, Évangile, II, xiv.)
P. 390, 1. 7. Chrysippits et Diogenes). Cf. Cicéron, De finihus, III, xvii.
P. 390, 1. 18. Deçà vers nous). Vers traduit d'Homère, Odyssée, XII, 184.
P. 390, 1. 20. Ces philosophes là). Cf. Cicéron, De finilms : «Ne digitum quidem ejus causa porrigendum esse dicebant. » (III, xvn.)
P. 390, 1. 23. Gloria quantalihet). « Supposez une gloire aussi grande que vous voudrez, que sera-ce si ce n'est que de la gloire?» (Juvénal, vu, 81.)
P. 391, 1. 2. Cache ta vie). Cf. le traité de Plutarque intitulé : Si ce nom commun est bien dit : « Cache ta vie. » (F° 291 v°.)
P. 391, 1. 8. Aussi conseille il à Idomeueus). Cf. Sénèque, épître 21.
P. 391, 1. 21. Epicurus a Hermachus). Cf. Cicéron, De finilms : « Quum ageremus, inquit vitae beatum et eundem supremum diem, scribebamus \\xc. Tanti autem morbi aderant vesicae et terminum, ut nihil ad eorum magnitudinem possit accedere. Ecce miserum hominem ! Si dolor summam malum est, dici aliter non potest. Sedaudiamus ipsum compensabatur, inquit : tamen cum his omnibus animi Ixtitia, quam capiebam memoria rationem inventorumque nostrorum. Sed tu, ut dignum est tua erga me et erga
ESSAIS DE MONTAIGNE
philosophiam voluntate ab adolescentulo suscepto, fac ut Metrodori tuearc liberos. » (II, xxx; t. IV, p. 62.)
P. 392, 1. 3. L'ordonnance de son testament). Id., ibid : « Quaero quid sit, quôd... sanciat ut Amynomachus et Timocrates hœredes sui Hermachi sententia dent, quod satis sit ad diem agendum natalem suum quotannis niense Gamelione : itemque omnibus mensibus XX die luna: dent ad eorum epulos qui unà secum philosophati sint ut et sui et Metrodori memoria colatur. » (II, xxxi; t. IV, p. 63.)
P. 392, 1. 10. Carneades). Id., ibid. : « Qui post eos fuerunt, quum Carneadem sustinere non possent, hanc quam dixi bonani famam, ipsam propter se prïepositam et suniendam esse dixerunt : esseque hominis ingenui et liberaliter educati, velle bene audire a parentibus, a propinquis, a bonis etiam viris, idque propter rem ipsam, non propter usum, dicuntque ut liberis consultum velimus, etiam si postliumi futuri sint propter ipsos : sic naturœ post mortem famaï, tamen esse propter rem etiam detracto usa consulendum. « (III, wii; t. R', p. 75.)
P. 392, 1. 15. Aristote). Dans la Morale à Niconiaque, II, \ii. - ,
P. 392, 1. 18. Conterait de belles). Rapprocher ce que Montaigne a dit dans les essais I, xxxix, et I,
P. 392, 1. 20. Que la ver In mes nie). Cf. Cicéron, De Jinibus, II, xv.
P. 392, 1. 23. Pauhini sepultiv). «La vertu cachée diffère peu de lobscurc oisiveté. » (Horace, Odes, IV, IX, 29.)
P- 393j '■ 7- ^' '" seais). Cf. Cicéron, De finibits : « Si scieris, inquit Carneades, aspidem occulte latere uspiam & velle imprudentem super eam assidere, cujus mors tibi emolumentum futura sit, improbe feceris nisi monueris ne assideat. » (II, wiii; t. I\', p. 56.)
P. 393, 1. 13. Peducens). Id., ibid., II, xvii.
P. 393, 1. 17. P. Sextilins Rnfus). Id., ibid., II,
P. 393, I. 19. M. Crassus et Q. Hortensias). Id., De officiis, III, xviii.
P. 393, 1. 24. Meniinerin! Deuni). « Qu'ils se
souviennent qu'ils ont Dieu pour témoin, c'est-à-dire, comme je l'interprète, leur propre conscience. » (Cicéron, De officiis, III, x.) Le texte est celui de l'édition de Paris 1538, t. IV, p. 382.
P. 394, 1. I. Profecto fortuna). «Certes la fortune étend sa domination sur toutes choses : elle élève les uns et rabaisse les autres, moins selon leur mérite que selon son caprice. » (Salluste, Bellum Catilinarinm, VIII.) Cette citation a été prise dans la Cite de Dieu de saint Augustin, VII, m.
P. 594, 1. 7. Ressamblance de l'ombre). Cf. Cicéron, Tusculnnes : « ^'irtutem tanquam umbra sequitur. »