‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 310 sur 449 · LIVRE II, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XVI

Roland a toujours été plus prompt à faire de belles ne pas mériter le naufrage. Voir encore Sénèque,

actions qu'à les publier, et jamais ses exploits n'ont été divulgués que par des témoins. » (Arioste, Roland furieux, XI, Lxxxi.)

P. 396, 1. 20. Vitiiis, rcpiilsx). «La vertu ignore les refus honteux; elle brille d'un éclat sans mélange; elle ne prend ni ne dépouille la pourpre consulaire au gré d'un peuple volage. » (Horace, Odes, m. II, 17.)

P. 397, 1. I. Non cinohimcnto). «Non pour un profit, mais pour l'honneur attaché à la vertu. » (Cicéron, De finihus, I, x.)

P. 397, 1. 9. Est ce raison faire). Cf. Cicéron, De finibns : « Quid turpius, quàm sapientis vitam ex insipientium sermone pendere?» (II, xv; t. IV,

P. 397, 1. II. An qnidqnain). «Quoi de plus insensé, quand on méprise des gens chacun à part, que d'en faire cas lorsqu'ils se trouvent réunis? » (Cicéron, Tusculanes, V, xxxvi.)

P. 397, 1. 15. Nihil tam ina'stiiuahile). «Rien de plus méprisable que les jugements de la foule. » (Tite-Live, XXXI, xxxiv.)

P. 397, 1. 16. Deinetrius). Cf. Sénèque, Epitres : « Eleganter Demetrius noster solet dicere eodem loco sibi esse voces imperitorum quo ventre redditos crepitus : quid enim, inquit, mea refert sursum isti, an deorsum sonent?» (xci, 218.)

P. 397, 1. 19. Ego hoc judico). «Moi j'estime qu'une chose, lors même qu'elle ne serait pas honteuse, semble l'être quand elle est louée par la multitude. » (Cicéron, De finibus, II, xv.)

P. 398, 1. 6. Dédit hoc). « La Providence a fait aux hommes cette faveur que les choses honnêtes sont aussi les plus profitables. » (Quintilien, Institution oratoire, I, xii, vers la fin.)

P. 398, 1. 7. Le marinier antieu). Peut-être Montaigne paraphrase-t-il ici ces paroles de Sénèque : «Qui hoc potuit dicere : «Neptune, nunquam hanc » navem, nisi rectam!», arti satisfecit.» (Ep. 85.) Sénèque fait allusion dans ce passage à un pilote rhodien qui déclarait que son navire sans doute était à la merci de Neptune, mais qu'il était du moins en son pouvoir de ne commettre aucune faute et de

Consolatio ad Marciam, vi, à la fin.

P. 398, 1. 13. Risi). «J'ai ri de voir que les ruses pouvaient échouer. » (Ovide, Hcroïdes, \, 18.) Ovide écrit au contraire : «Flebam successu posse... »

P. 398, 1. 14. Paul'a'uiile). Cf. Tite-Live, LIV, XXII. Au même passage est rappelé le souvenir de Fabius : «Neque enim omnes tam firmi et constantis animi contra adversum rumorem esse possunt quam Fabius tuit; qui suum imperium minui per vanitatem populi maluit, quam seconda fama maie rem publicam gerere. »

P. 398, 1. 23. Laudari haud nietuam). «Je ne hais pas la louange, car je n'ai pas la fibre insensible (de corne); mais je me refuse à voir de la vertu dans un « bravo! très bien! » (Perse, Satires, i, 47.) Toutes les éditions que j'ai pu.consulter portent laudari inetiiam.

P. 399, 1. 13. L'anneau Platonique). Cf. Platon, République : « Accidit... ut cum forte gemmam introrsum ad manum verteret anuli... subito a nullo conspiceretur. » (II, m, 360; éd. de 1546, p. 545.) ^'oir aussi Cicéron, De officiis, III, ix ; Érasme, Adages, chiliade I, cent. I, 96; etc.

P. 399, 1. 17. Falsus honor). « Qui est sensible à de fausses louanges et redoute la calomnie, sinon le malhonnête homme et le menteur? » (Horace, Épîtres, I, XVI, 39.) Le texte est celui de toutes les éditions du XVI' siècle.

P. 400, 1. I. Non, quicquid). « N'accepte pas toutes les condamnations de la turbulente Rome et ne te charge pas non plus de réformer sa balance qui n'est pas juste : ne te cherche pas en dehors de toi-même.» (Perse, i, 5.) L'édition de Paris 1544 donne «non si quid...» et «examenrc». Montaigne a rencontré cette citation dans le pamphlet de Blackwood, Pro regibiis apologia (xxiii, 205.)

P. 400, 1. 9. TrogusPoiupeius). Cf. Bodin, Melhodus adfacileni historiarum cognitionem : «Trogus Pompeius de Herostrato, Titus Livius de Manlio Capitolino tradunt, magnœ quam bonœ famo; fuisse cupidiores. » (Proœmium.) Le jugement sur Manlius Capitolinus se trouve dans les Annales, VI, 11; celui sur Erostrate ne se rencontre pas chez Trogue Pompée, mais vient probablement de Valère Maxime, VIII, v, ext. 14.

ESSAIS DE MONTAIGNE

La source de l'erreur de Bodin est certainement chez Corneille Agrippa, De incertiludine & vanitate scientiarum, v. Dans l'ouvrage de Droit de Gaillard, Méllnde de l'Histoire, p. 549, on trouvera ces deux mêmes jugements reproduits d'après Bodin. Des pensées exprimées ici par Montaigne il est intéressant de rapprocher ce que dit Bodin, Melhodiis (Proœmium).

P. 400, 1. 19. Quand je seray mort). Sur cette idée de la vanité de la gloire après la mort, rapprocher Cicéron, De finilms, II, xxxi, et aussi Tahureau, Dialogues : « Cuidez-vous que la louange que l'on donne à Demosthene ou à Ciceron leur chatouille bien maintenant les oreilles aus lieus où ils sont allés... », etc. (Éd. de 1566, pp. 243-245.)

P. 401, 1. 3. Surnomtue:^ Eyquem). On sait que le nom de la famille de Montaigne est Eyquem, et que Michel semble être le premier qui ait complètement renoncé à le porter. Il l'a effacé dans ses Ephémcrides et sur le titre d'un Térence qui figurait dans sa bibliothèque. Pourtant, avant de condamner cette phrase comme on le fait généralement, il importe de se rappeler qu'au xvi" siècle le mot surnom s'emploie au sens où nous disons aujourd'hui « nom ». Meigret déclare formellement dans son Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise que le surnom est «le nom commun à toute la race». Tabourot, dans ses Bigarrures, IV, 11, dit sans cesse surnom pour désigner le nom de la fitmille. Nicot écrit : « Surnom est l'appellation qui se donne à aucun après le nom de la parenté et maison... C'est aussi le nom de la maison et parenté. »

P. 401, 1. 9. Nunc leinor). «La pierre de mon tombeau en pèse-t-elle moins lourdement sur mes os? La postérité me loue : de mes mânes, de ma tombe, de ma cendre fortunée les roses naissent-elles pour cela?» (Perse, i, 37.) L'édition de Paris 1544, comme toutes les éditions de Perse que j'ai pu consulter, porte au second vers « laudant conviv;E».

P. 401, 1. 13. J'en ay parlé ailleurs). Dans l'essai I,

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