III, XXVI
p. 404, 1. 26. Que Numa). Cf. Plutarque, Vie de
Numa, XIV, f" 43 1°.
P. 404, 1. 26. & Sertorius). LL, Vie de Sertorius,
XV, f" 402 v".
P. 405, 1. 2. Zoroastre). J'ignore où Montaigne a
pris cette liste, mais certainement il l'a trouvée quelque
part toute constituée : je la rencontre avec de légères
LIVRK H, CHAPITRE XVI.
modihcations chez Corneille Agrippa, xci ; chez Blackwood, De conjunctione religionis et imperii libri duo {éd: de Paris 1575, f° 30 v°); chez Coignet, Instruction aux princes pour garder la foi promise, iv ; etc.
P. 405, 1. 9. Le sire de Joninvilk). «Quant aucun homme se faict tuer, pour faire, et accomplir le commandement de son Seigneur, l'ame d'iceluy qui ainsi est mort, va en ung autre corps qui est plus aise, plus beau et plus fort que le premier. Au moyen dequoy, ne tiennent compte les Béduins de se faire tuer, pour l'amour de leur Seigneur...)) (lvi, f" 145 ro.)
P. 405, 1. 14. In fernini). «Ils bravaient le fer, ils embrassaient la mort, regardant comme une lâcheté de ménager une vie qui devait renaître. » (Lucain, I, 461.) Le texte est celui des éditions contemporaines.
P. 405, I. 20. Ut cnim consuetudo). « De même que dans le langage ordinaire on n'appelle honnête que ce qui est glorieux dans l'opinion du peuple. » (Cicéron, De finibus, II, xv.)
P. 405, 1. 27. Oiiœ, quia non liccat). « Celle-là succombe qui refuse parce qu'il ne lui est pas permis de succomber. » (Ovide, Amores, III, iv, 4.)
Chroxologie. — Une phrase, prise à Bodin, est certainement de la dernière période (environ 1578). C'est la seule indication précise que nous puissions alléguer pour dater cet essai. J'ajoute cependant que je le crois suggéré à Montaigne par la prétiice de l'ouvrage de Bodin, ce qui invite à penser qu'il est tout entier de la dernière période. Dans cette préface, Bodin traite de l'utilité de l'histoire; cette utilité pour lui est surtout d'inciter aux glorieuses actions, aux
grands faits d'armes. Voilà pourquoi Montaigne voulant montrer qu'il est insensé d'accorder à la réputation la moindre valeur, insiste sans cesse sur le devoir militaire, et emplit son essai de cette idée que, parmi les actes de courage, très peu sont remarqués, très peu sont enregistrés par l'histoire, de manière à passer à la postérité. Très probablement, la tirade contre ceux qui veulent la réputation à tout prix, qu'elle soit bonne ou mauvaise, vient de Bodin : c'est la phrase prise à Bodin qui lui sert de thème. Enfin, lorsque Montaigne conclut que si le désir de la gloire, en dépit de sa vanité, peut conduire les princes et les peuples aux belles actions, il faut entretenir soigneusement cette illusion, c'est encore, je crois, à Bodin qu'il pense : il lui fait une concession, et reconnaît qu'en dépit de toute raison, et grâce à la tolie humaine, l'histoire a bien les avantages que Bodin lui attribue. L'essai me semble dire : pour que l'histoire ait la valeur que Bodin lui accorde, il faut que les hommes soient ridicules, mais enfin puisqu'ils sont ridicules, profitons-en, tirons parti de leur niaiserie, et que la préoccupation de ce que penseront d'eux leurs arrière-neveux les conduise à bien agir. Cette opinion me parait très vraisemblable; elle n'est pourtant pas certaine. En tous cas, à défaut d'autres indications, à lui seul, l'emprunt direct d'une phrase de Bodin nous invite à regarder l'essai comme de la dernière période. Une circonstance encore favorise cette hypothèse : la phrase qui ouvre le chapitre suivant, II, xvii, invite à penser qu'il a été écrit aussitôt après celui-ci : or, nous verrons que très vraisemblablement ce chapitre II, xvn, est de la dernière période.