LIVRE II, CHAPITRE XVII
la pratique de la vie et de tous les arts. » (Cicéron, Académiques, II, vu.)
P. 434, 1. 28. Pîeiius rimanim). « Je suis tout percé de trous; je perds de tous les côtés. » (Térence, Eunuque, I, 11, 25.) L'édition de Montaigne (Bàle 1538) donne la leçon «perfluo».
P. 435, 1. 3. Die Cicero). Dans le De senectute : « Nec vero quemquam senum audivi oblitum quo loco thesaurum obruisset. » (vu.)
P. 435, 1. 6. Je sçay). Cf. une déclaration toute semblable au début de l'essai I, xxvi.
P. 436, 1. 8. Le jeune Pline). Coste renvoie à l'épître III, V. Je doute que Montaigne fasse allusion à cette épître, mais je n'ai pas trouvé de meilleure source à indiquer.
P. 437, 1. 10. On conjectura). C'est Démocrite qui jugea ainsi des heureuses dispositions de Protagore; cf. Aulu-Gelle, V, m. Le fait doit se placer à Abdère, et non à Athènes.
P. 437, 1. 25. Nasutus sis). «Soyez fin, assez du nez, mais un nez comme Atlas n'en voudrait pas, et confondez par vos plaisanteries Latinus en personne, vous ne parviendrez pas à dire pis de ces bagatelles que je n'en ai dit moi-même. Pourquoi mâcher dans le vide? Il faut de la chair pour mordre et se rassassier. Ici, vous perdez votre peine; répandez ailleurs votre venin sur ceux qui s'admirent : car, pour moi, je sais que tout ceci n'est rien. » (Martial, Epigramiiies, XIII, II, I.)
P. 438, 1. 13. /(• vis un jour). Au mois de septembre 1559. Le roi François II conduisait alors en Lorraine Claude de France, sa sœur, mariée à Charles III, duc de Lorraine. Passant à Bar en 1580, Montaigne a mentionné dans son Journal de voyage (p. 62), qu'il y « avoit esté autresfois».
P. 438, 1.21. Ne si, ne no). « Le cœur ne me dit ni oui ni non.» (Pétrarque, sonnet cxxxv; édition de 1550, sonnet cxxxvi, p. 246.) Montaigne a pris cette citation dans la Civil conversation de Guazzo, I.
P. 438, 1. 24. Le philosophe Chrysippus). Cf. Diogène Laérce, Vie de Chrysippe : « Nec in philosophia mediocris fuit, vir ingeniosus ac acutissimus in omni génère orationis, adeô ut in plerisque dissentiret à Zenone atque à Cleanthe ipso, cui sxpenumero
dicebat, solius se dogmatum doctrina indigere. Nam probationes se reperturum. » (VII, CLXxix, 509.)
P. 439, 1. 9. Diini in dubio). «Lorsque l'esprit est dans le doute, le moindre poids le détermine à pencher d'un côté ou d'un autre. » (Térence, Andrienne, I, vi, 32.) Je trouve dans l'édition de Montaigne « hue illuc ». P. 439, 1. 14. Sors cecidit). «Le sort tomba sur Mathias. » (^Aclcs des Apôtres, I, xxvi.)
P. 439, 1. 16. Gleve double et dangereus). Pour la même image, cf. les essais I, xxv, p. 181, 1. 15, et II, XII, p. 306, 1. 16. Voir les notes.
P. 439, 1. 26. Ipsa consuetudo). «L'habitude même de donner son assentiment paraît dangereuse et glissante. » (Cicéron, Académiques, II, xxi.)
P. 440, 1. l.Justa pari). « Ainsi, lorsque ses plateaux sont chargés d'un poids égal, la balance ne s'abaisse ni ne s'élève d'aucun côté. » (Tibulle, IV, i, 40.)
P. 440, 1. 6. Y a-il eu grand aisance). Allusion à l'ouvrage de Gentillet intitulé : Discours sur les moyens de bien gouverner..., paru pour la première fois au début de l'année 1576, auquel Montaigne a fait plusieurs emprunts. C'est une réplique au Prince de Machiavel et à ses Discours sur la première décade de Tite-Live; on désignait cet ouvrage sous le nom de « r Anti-Machiavel ».
P. 440, 1. 12. Ca'diinur). «L'ennemi nous frappe, et nous lui rendons coup pour coup. » (Horace, Épitres, II, 11, 97.)
P. 441, 1. 9. Nunquam adeo). « Il n'est pas d'exemples si honteux et si infâmes qu'on n'en puisse citer d'encore pires. » (Juvénal, viii, 183.)
P. 442, 1. 22. Si vous aves pris). Montaigne avait commis cette confusion dans l'essai III, xiii.
P. 443, 1. 20. Mihi nempe). «Vivre et me bien porter, voilà toute ma philosophie. » (Lucrèce, V, 959.) Adapté de « sibi quisque valere et vivere doctus ».
P. 444, 1. 5. Neuio in sese). «Personne ne tente de descendre en soi-même. » (Perse, iv, 23.)
P. 444, 1. 20. Omnino, si). «S'il est quelque chose de louable, c'est assurément l'uniformité de la conduite qui ne se dément dans aucune action particulière; et le moyen d'observer cette uniformité, si l'on abandonne sa manière d'être pour copier celle d'autrui ? » (Cicéron, De ojjiciis, I, xxxi.)
ESSAIS DE MONTAIGNE
P. 447, 1. ). Je reloiiibe ivlonliers). Cf. l'essai I,
P. 44S, 1. I. Faciasnc qiiod). « Ferez-vous ce que fît autrefois Polémon converti? Quitterez-vous la livrée de la débauche, les bandages, les coussins, les vaines parures, comme on raconte de ce jeune débauché qui, assistant un jour par hasard à une leçon de l'austère Xénocrate, arracha de son front et jeta à la dérobée les fleurs dont il était couronné à la mode des buveurs?» (Horace, Satires, II, m, 253.)
P. 448, 1. 10. Plus sapil vtilgtis). « Le vulgaire est plus sage parce qu'il n'est sage qu'autant qu'il le faut. » (Lactance, Institutions divines, III, v.) Citation prise aux Politiques de Juste Lipse, I, x.
P. 448, 1. 14. Mareschal Siroi^i). Dans le Journal de ivyage (p. 56), on voit Montaigne s'enquérir du tombeau de Strozzi. Strozzi est mort au siège de Thionville, le 20 juin 1558. Dans l'essai II, xxxiv, Montaigne le louera d'avoir choisi pour livre de chevet les Commentaires de César (p. 545, 1. 6). Il importe de se rappeler, quand on lit le jugement de Montaigne, que Strozzi était athée et mourut en athée.
P. 448, 1. 18. Aurai). En latin Auratus, en français Daurat ou Dorât. Poète savant qui eut une grande influence sur la Pléiade dont il faisait partie. Il fut au collège de Coqueret le maître de Ronsard, de Baïf et de du Bellay. En tète de volumes de tout genre on lit des pièces liminaires de Daurat qui attestent la faveur dont il jouissait de son temps. Du Verdier nous dit qu'il a composé plus de cinquante mille vers, grecs, latins et français. Beaucoup de ces vers parurent dans des recueils et il est impossible de déterminer ceux que Montaigne a connus. Ses œuvres furent réunies en 1586, après la date à laquelle ce jugement à été inséré dans les Essais.
P. 448, 1. 18. Be:^e). Théodore de Bèze. Nous a.vons un exemplaire de la seconde édition de ses poèmes qui porte au titre la signature de Montaigne : Theodori Be:^e Ve^elii poematum editio secunda, ab eo recognita. Item, ex Georgio Buchanano aliisque variis insignibus poetis excerpta carmina, prxsert inique epigrammaia (1569). De plus il possédait une édition non expurgée de ces mêmes poèmes, comme le prouve
une citation des Essais. A Rome on reprocha à Montaigne d'avoir nommé des hérétiques parmi les plus grands poètes {Journal de voyage, p. 250) : il s'agissait de Bèze et de Buchanan.
P. 448, 1. 18. Buchanan). Outre les épigrammes contenues dans le recueil cité à la note précédente", Montaigne a connu et probablement su par cœur, au moins en bonne panie, les tragédies de Buchanan qu'il représenta avec ses caniarades au collège de Guyenne : Jephte, Baptistes sive Cahimnia. Il est vraisemblable aussi qu'il lut sa paraphrase des Psaumes, très célèbre et fréquemment réimprimée au xvi^ siècle. Sur Buchanan, voir l'essai I, xxvi, p. 226, 1. 26, et la note.
P. 448, 1. 18. L'Hospital). Ses six livres de Serniones furent publiés seulement en 1585. Fort peu de ses vers avaient paru lorsque Montaigne l'inscrivait ainsi parmi les meilleurs poètes. Sans doute il avait lu une partie de ses œuvres en manuscrit.
P. 448, 1. 18. Mont-doré). En latin Montaureus. Maître des requêtes et bibliothécaire du roi, mathématicien, chassé d'Orléans sa patrie pour ses attaches avec la Réforme, mort en 1581. A la fin de .sa traduction d'Euclide, dans son commentaire du dixième livre d'Euclide (15 51), on trouve une pièce de vers importante; on lui attribue également un éloge de Poltrot de Méré en vers latins. On trouvera une bonne partie de ses vers dans un recueil paru au début du xvn' siècle : Gherus, Deliciee poetaruni*galloruni Imjus superiorisque <Tci illustrium.
P. 448, 1. 19. Turnebus). Les poèmes de Turnèbe avaient paru dans des recueils séparés. Sur le cas que Montaigne faisait de Turnèbe, cf. les essais I, XXV, p. 180, 1. 9; II, XII, p. 142, 1. 27.
P. 449, 1. 4. Monsieur de la Noue). On trouvera un éloge de la modération de La Noue dans la lettre dédicatoire au roi de Navarre placée par de Fresne en tète des Discours politiques et militaires.
P. 449, 1. 8. Marie de Gournay). Sur ses relations avec iMontaigne, cf. Bonnefon, Montaigne et ses amis; Stapfer, La famille et les amis de Montaigne.
P. 449, 1. 16. Par les cinquante et cinq ans). En 1588, lors de son voyage à Paris, Montaigne fit un séjour en Picardie chez Marie de Gournay.