LIVRE II, CHAPITRE XXIII
P. 479, 1. I. Jiisques à Théodoshis). Cf. Juste Lipse, Sûtunialiiim sermomiin lihri duo, I, xii.
P. 479, 1. 2. Arripe dilatam tiin). « Saisissez, grand prince, une gloire résenée à votre règne; ajoutez à l'héritage de gloire de votre père la seule louange qui vous reste à mériter... Que le sang humain ne coule plus pour le plaisir du peuple... que l'arène se contente du sang des bêtes, et que des jeux homicides ne souillent plus nos yeux. » (Prudence, Contre Symmaqui, II, 643.) Citation prise au même traité de Juste Lipse, I, xii.
P. 479, 1. 22. Consurgit ad icliis). « La vierge modeste se lève à chaque coup, et chaque fois que le vainqueur enfonce le fer dans la gorge de son adversaire, elle se déclare ravie, et, quand un des combattants est couché à terre, elle renverse le pouce pour ordonner sa mort. » (Prudence, Contre Sviiimaque, II, 617.) Citation prise dans le même traité de Juste Lipse, II, xxn.
P. 479, 1. 26. Les premiers Romains). Cf. Juste Lipse, Saturnalinm sermoniim libri duo : « Primoque de conditione gladiatorum, quosdam servos esse aut quasi servos, quosdam initio liberos, imo nobiles. Equités senatoresque passim arena se polluisse : quod aliis principibus permissum, aliis vetitum... Quin vulgo jam sub principibus équités polluti arena et senatores. Origo prima rei a C. Cœsare opinor : cujus munere in Foro depugnavit Furius Leptinus stirpe prœtoria, et L. Calenus senator quondam actorque caussarum, ait Suetonius in Julio capite XXXIX. Die hoc amplius, permisisse eum equitibus romanis uti pugnarent, lib. XLIII. Eoque temeritas hxc, sive insani fuit, evasit, ut lege cavere Augustus debuerit, nec senatorem gladiatorem fieri, nec servum lictorem. Equitibus tamen palam id permisit, non sine admiratione mea et Dignis lib. LVI. Neque enim, Calpurnius ait, conditione gladiatoria quidquam est humilius in vulgo. »
P. 480, 1. 2. Des femmes). Id., ibid. : « Feminas
immo ipsas descendisse in hune ludum : in publico depugnasse : doncc id vetitum a Severo... Vel Tacitum tuum audi lihro XV : feminarum senatorumque illustrium plures per arenam fœdati sunt. » (II, iv.)
P. 480, 1. 3. Nunc caput). « Maintenant ils vendent leur tête et vont mourir dans l'arène; chacun d'eux s'est fait d'abord un ennemi en pleine paix. » (Manilius. Astronomiques, IV, 225.) Citation prise à Juste Lipse, II, m.
P. 480, 1. 5. Hos inter). «Au milieu de ces frémissements et de ces jeux nouveaux, des femmes, sexe inhabile au maniement des armes, prennent place dans l'arène, et se mêlent avec fureur aux combats des hommes.» (Stace, Sylves, I, vi, 51.) Citation prise à Juste Lipse, II, iv.
Chroxologie : La plupart des idées que Montaigne exprime ici (similitude des maladies des Etats avec les maladies des individus, vicissitudes des républiques, utilité de la guerre pour délivrer un pays des éléments turbulents qui le travaillent, profit que les Romains tiraient de leurs colonies pour se décharger de l'excès de leur population, et de la guerre carthaginoise pour maintenir les partis en repos) avaient été développées par Gentillet dans son ouvrage sur Les moyens de bien gouverner; par Bodin dans sa République; quelques-unes même étaient dans la Méthode du même Bodin. Gentillet s'est inspiré visiblement de la Méthode de Bodin, et il est manifeste que la République de Bodin en retour doit beaucoup aux Discours de Gentillet; aussi est-il souvent difficile de décider auquel de ces trois ouvrages Montaigne pense en écrivant. En tous cas, nous avons vu qu'il a lu la Méthode de Bodin aux environs de 1578, et quant aux deux autres ouvrages, il n'a pu les connaître avant 1576, date de leur publication. Il y a donc tout lieu de croire que cet essai est contemporain des essais II, xxii, et II, xxiv, qui l'entourent, qu'il est par conséquent des environs de 1578.