‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 334 sur 449 · Chapitre XXVI · texte numérisé non relu

Chapitre XXVI

DES POVCES.

p. 487, 1. I. Tacitiis recite). Dans les Atviales, XII, XLVii. Montaigne a pu prendre ce fait chez Bodin, Melhodiis ad facihm hisioriarnm cogniiwnem, p. 63, mais très vraisemblablement il le doit à Béroald, commentaire de Suétone, Vie d'Auguste, xxiv, qui me paraît lui avoir fourni la plupart des éléments de cet essai. Suétone écrit : «Equitem Romanum, quod duobus filiis adolescentibus causa detrectandi sacramenti, poUices amputasset, ipsum, bonaque ejus subjecit hastae. » Et voici la note de Béroald en cet endroit : « Qui militiœ munus ob formidinem subterfugiebant, soliti erant sibi poUices prscidere, tanquam idonei amplius minime forent ad arma tractanda... Ipsi verô pollices in manibus dominantur. Namque, ut eleganter tradit Macrobius libro Saturnalium novissimo, pollex nomen accepit ab eo quod pollet : qui nec in sinistra cessât, nec minus, quam tota manus, semper in officio est. Unde apud Grscos à't-iyB'.p vocatur, quasi manus altéra. Legimus apud Valerium in capite de Crudelitate & apud Ciceronem libro III Officiorum, Athenienses prscidisse pollices .(Eginensium juventuti, ne populus, qui classe valebat, secum descendere posset in certamen virium maritimarum. Idem Valerius in capite De severitate, refert severam Senatus animadversionem in C. Voctienum, qui sinistré manus digitos, ne bello Italico militaret, absciderat... Mos fuit regibus barbarorum, quoties in societatem coibant, applicare dextras, pollicésque inter se vincire, nodôsque perstringere : ubi mox sanguis in artus extremos pervenerat, levi vulnusculo cruorem eliciebant atque invicem lambebant. In fœdus, ut refert Cornélius Tacitus, arcanum liabcbatur, quasi mutuo cruore sacratum. »

P. 487, 1. 6. Les médecins disent). Tout ceci vient de Macrobe, Saturnales, VII, xui. Montaigne a pris ce passage de Macrobe chez Béroald, commentaire de Suétone. Cf. la note précédente.

P. 487, 1. 10. Sed nec). « Elle n'a besoin ni de l'excitation d'une voix charmeuse ni de la caresse du pouce pour se dresser.» (Martial, XII, xcviii, 8.)

P. 487, 1. 14. Faiitor). «Tes partisans applaudiront ton jeu des deux pouces. » (Horace, Épîtres, I, xvni, èè.") Dans les Miscellanea d'Ange Politien (centurie i, n° 42), on trouve une dissertation intitulée « Pollices in favendo premi, sicut in denegando favorem veiti clitos », et dans cette dissertation les deux vers d'Horace et de Juvénal que nous trouvons ici sont rapprochés à titre d'autorité. Je ne crois pas que Politien soit ici la source directe de Montaigne, d'autant que dans l'édition de Politien qu'il possédait le vers de Juvénal se présente avec une légère différence de texte : mais très probablement Montaigne a trouvé le rapprochement de Politien reproduit dans son édition d'Horace ou de Juvénal.

P. 487, 1. lé. Conversa poUice). « Dès que le peuple a tourné le pouce en haut, il faut, pour lui plaire, qu'on égorge n'importe qui. » (Juvénal, m, 36.) Cf la note précédente.

P. 488, 1. 3. Auguste confisqua). Cf. Suétone, Vie d'Auguste, xxiv. Voir la note p. 487, 1. i.

P. 488, 1. 5. Le Sénat). Cf. Valère Maxime, V, III, 3. Cette allégation a été prise chez Béroald, commentaire de Suétone. Cf. ci-dessus la note p. 487, 1. i .

P. 488, 1. 9. Ouelciin, de qui il ne nie souvient point). Peut-être souvenir erroné de Plutarquc, Vie de Lysandre : « Or estoit lors capitaine des Athéniens,

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