‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 343 sur 449 · LIVRE II, CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXXI

P. 517, 1. 27. Connue les corps). Cf. Plutarque, Comment il faiilt refréna- la cholere : « Ainsi comme les corps à travers un brouillas apparoissent plus grands, aussi font les faultes à travers la cholere. » (xi, f° éo v°.)

P. 517, 1. 27. Celitv qui a faim). Id., ihid. : «Naturellement celuy qui a faim use de viande, mais de punition ne doit user sinon celuy qui n'en a ne faim ne soif. » (xi, f° éo v°.)

P. 518, 1. 10. Ora titmenl). «Sa face se tumétîe de colère, ses veines deviennent noires, ses yeux étincellent d'un feu plus ardent que ceux de la Gorgone. » (Ovide, De arte amandi, III, 505.)

P. 518, 1. 12. Suétone recite). Dans la Vie de César : « (Cssar) sorte judex in reum ductus, tàm cupide condemnavit, ut ad populum provocanti nihil œquè ac judicis acerbitas profuerit. » (xii.)

P. 518, 1. 25. Comme disait Eudamidas). Cf. Plutarque, Les dicts notables des Lacedemoniens : « Ayant ouy un philosophe disputer & discourir sur ceste proposition, qu'il n'y a bon capitaine que celuy seul qui est sage : Ce propos la, dit-il, est merveilleux, mais celuy qui le dit n'en est pas croyable, car il n'a pas les aureilles accoustumees au son de la trompette. » (F° 216 V.)

P. 518, 1. 28. Et Cleomenes). Id., ibid. : « Il y avoir un Retoricien maistre d'éloquence qui se prit à discourir en sa présence de la prouesse & vaillance, dequoy il se prit bien fort à rire : l'autre luy demanda, Dea Cleomenes, pourquoy te ris tu quand tu oys parler de la vaillance, toy mesmement qui es Roy? Pour ce, dit il, estranger mon amy, que si une arondelle en parloir comme toy, je ferois le mesme que je fais : mais si c'estoit une aigle, je me tairois tout coy. » (F° 218 r°.)

P. 519, 1. II. Il ne vous donne). Souvenir de Sénèque, qui dit de certains philosophes, en les opposant à Sextius : «Non faciunt animum, quia non habent. » (Ép. 64.)

P. 519, 1. lé. Les Ephores). Cf. Plutarque, Comment ilfault ouir : «A ce propos les seigneurs du conseil de Lacedaemone trouvans l'opinion bonne d'un personnage qui avoit très mal vescu, la feirent proposer par un autre de bonne vie et de bonne nature : faisans

en cela sagement & prudemment, d'accoustumer leur peuple à se mouvoir plus tost par les meurs que par la parole du proposant. » (vu, f° 26 v°.) Le même fait se retrouve un peu différemment chez Plutarque, Instruction pour ceux qui manient affaires d'estat, i° 163 r°, et chez Aulu-Gelle, X\1II, m. La suite du passage que nous venons de citer est à rapprocher de ce que dit Montaigne : « Mais en philosophie il faut mettre à part la réputation de celuy qui met en avant un propos, et examiner le propos à part... »

P. 519, 1. 24. Un sien esclave). Cf. Aulu-Gelle : « Plutarchus... seno suo nequam homini & contumaci, sed libris disputationibusque philosophia; aures imbutas habenti, tunicam detrahi ob nescio quod delictum, cœdique eum loro jussit. Cœperat verberari. Obloquebatur, non meruisse ut vapularet : nihil mali, nihil sceleris admisisse. Postremo vociferari inter vapulandum incipit : neque jam querimonias aut gemitus ejulatùsque facere, sed verba séria & objurgatoria. Non ita esse Plutarchum, ut diceret, philosophum : irasci turpe esse : saepe eum de malo irce dissertavisse : librum quoque -r.tp: à:;-fi;3taç pulcherrimum conscripsisse. His omnibus, qus in eo libro scripta sunt, nequaquam convenire, quôd provolutus effusùsque in iram, plurimis se plagis mulctaret. Tum Plutarchus lente & leniter : Quid autem, inquit, verbero, nunc ego tibi irasci videor? ex vultùne meo, an ex voce, an ex colore, an etiam ex verbis correptum esse me ira intelligis? Mihi quidem neque oculi (opinor) traces sunt, neque os turbidum : neque immaniter clamo : neque in spumam raborémve effervesco : neque pudenda dico, aut pœnitenda : neque omnino trepido ira, &gestio. Ha;c enim omnia, si ignoras, signa esse irarum soient. Et simul ad eum, qui cœdebat, conversus : intérim, inquit, dum ego atque hic disputamus, hoc tu âge. » (I, xxvi, 40.)

P. 520, 1. 16. Architas). Cf. Plutarque, Comment il fault nourrir les enfans : « Archytas le Tarentin et Platon en firent tout de mesme : car l'un estant de retour d'une guerre où il avoit esté Capitaine gênerai, trouva ses terres toutes en friche, et feit appeler son receveur auquel il dit. Si je n'estois en cholere je te battrois bien. Et Platon aussi s'estant un jour

ESSAIS DE MONTAIGNE

courroucé à l'enconire d'un sien esclave meschant & gourmand appela le fils de sa sœur Speusippus, & lui dit, Pren moy ce meschant icy, & me le va fouetter, car quant a moy, je suis courroucé. » (xiv, f° 6 v°.) Le premier de ces deux exemples se trouve encore chez Cicéron, Tusculanes, IV, xxxvi; tous deux sont réunis dans un autre passage de Plutarque, Potirqnoy la justice divine diffère la punition des maléfices ; chez Valère Maxime, IV, i, ext. i, etc.

P. 520, 1. 23. ChariUus). Id., Dicts notables des anciens Roys... «Un des esclaves qu'ils appelloient Elotes se portoit un peu trop insolentement & audacieusement envers luy : Par les Dieux, dit-il, si je n'estois courroucé, je te ferois tout à ceste heure mourir. » (F° 198 v".) Voir aussi Id., Les dicts notables des Lacedœmoniens : « Un des Ilotes se portant quelquefois par trop audacieusement envers luy, il luy dit, si je n'estois courroucé je te tuerois toute à ceste heure. » (F° 223 r°.)

P. 521, 1. I. Piso). Cf. Sénèque, De ira : « Cn. Piso fuit memoria nostra, vir à multis vitiis integer, sed pravus, & cui placebat pro constantia rigor. Is cum iratus duci jussisset eum, qui ex commeatu sine commilitione redierat, quasi interfecisset, quem non exhibebat, roganti tempus aliquod ad conquirendum, non dédit : damnatus extra vallum deductus est, & jam cervicem porrigebat, cum subito apparuit ille commilito, qui occisus videbatur. Tum centurio supplicio prîepositus, condere gladium spiculatorem jubet, damnatum ad Pisonem reducit, redditurus Pisoni innocentiam. Nam militi fortuna reddiderat. Ingenti concursu deducuntur, complexi alter alterum cum magno gaudio castrorum commilitones. Conscendit tribunal furens Piso, ac jubet duci utrunque, & eum militem, qui non occidit, & eum qui non perierat. Quid hoc indignius? Quia unus innocens apparuerat, duo peribant. Piso adjecit & tertium. Nam illum centurionem, qui damnatum reduxit, duci jussit. Constituti sunt in eodem loco perituri très, ob unius innocentiam. O qunm solers est iracundia ad fugiendas causas furoris. Te, inquit, duci jubeo, quia damnatus es, te quia causa damnationis commilitoni fuisti, te quia jussus occidere, impcratori non paruisti. » (I, xvi, 313.)

P. 521, 1. 20. L'orateur Celiiis). Id., ibid. : «Cœlium oratorem fuisse iracundissimum constat, Cum quo, ut aiunt, caenabat in cubiculo lecta; patientis cliens, sed difficile erat illi in crapulam conjecto rixam ejus cum quo edebat effugere. Optimum judicavit quicquid dixisset sequi, & secundas agere. Non tulit Cœlius assentientem, sed exclamavit. Die aliquid contra, ut duo simus. » (III, viii, 332.)

P. 521, 1. 27. Plmcion). Cf. Plutarque, Instruction pour cenlx qui manient affaires d'estat : « Phocion, cédant à un qui luy disoit injures, le laissa dire, & cessa de parler, & après que l'autre en fin à toute peine se fut teu, remontant de rechef en la chaire, il continua son propos entrerompu, disant : Je vous ay desjà parlé des gens de cheval & des gens de pied pesamment armez, oyez maintenant de ceulx qui sont armez à la légère. » (xiv, f° 169 r°.)

P. 522, 1. 5. Ne s'en peuvent passer). C'est une idée que Sénèque discute longuement dans le premier livre du De ira, et comme sa conclusion est exactement contraire à celle de Montaigne, il est possible que Montaigne ait voulu lui répondre.

P. 522, 1. 8. Magno veliiti). « Ainsi, lorsqu'avec grand bruit un feu de bois s'allume .sous un vase d'airain, l'eau bouillonne sous l'action de la chaleur; furieuse dans sa prison, elle exhale de la fumée, elle déhorde en flots écumeux, elle ne se contient plus; une noire vapeur s'élève dans les airs. » (\'irgile, Enéide, VII, 462.)

P. 522, 1. 26. Comme Diogenes dict). Cf. Diogène Laërce, Vie de Diogène : « Offendit aliquando Demosthenem oratorem in diversorio prandentem. lUo autem cedente, tanto, inquit, magis in diversorio futurus es. » (VI, xxxiv, 365.)

P. 522, 1. 29. Une buffe a la joue). Un jour, en Italie, Montaigne s'attire quelques désagréments de voj-age parce qu'il donne un soufflet à son « vctturin, qui est un grand excès selon l'usage du pais». (^Journal de voyage, p. 283.)

P. 523, 1. 5. Omnia vitia). «Les vices apparents sont les plus légers; ils sont très pernicieux lorsqu'ils se dérobent sous un air de santé. » (Sénèque, épître 56.)

P. 523, 1. 18. & secuin). «L'insensé, ne se possédant

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