‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 348 sur 449 · LU · texte numérisé non relu

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P. 537, 1. 4. A Roinme). Id., ibid. : « Pronum et sumtuosum in libidines fuisse, constans opinio est, plurimasque et illustres feminas corrupisse, in quibus Postumiam Servii Sulpicii, Lolliam Auli Gabinii, Tertullam M. Crassi, etiam Cn. Pompeii Muciam. Nam certe Pompeio, et a Curionibus pâtre et filio, et a multis exprobratum est, quod, « cujus causa post très » liberos exegisset uxorem, et quem gemens ^gisthum » appelkre consuesset, ejus postea filiam potentiae

» cupiditate in matrimonium recepisset. Sed ante alias » dilexit M. Bruti matrem, serviliam. » (l.)

P. 537, 1. 6. Oui fut la cause). Ibid., Commentaire de Philippe Béroald : « Verùm, ut author est Plutarchus, neque posteà cur illam repudiasset confessus est. Existimat Tranquillus, eam repudiatam fuisse Julii Caisaris causa, cuiu quo exercebat adulteria absente marito. » (l.)

P. 537, 1. 12. Dont chacun tient). Ibid., Commentaire de Philippe Béroald : « Servilia Catonis Uticensis soror, Marci Bruti fuit mater, quam Csesar adhuc adolescens amavit : & cùm eo tempore, quo hic amor fervescebat, Brutus sit natus, quodammodo creditus est è Cassare genitus. »

P. 537, 1. 16. Complexion tres-amoureuse). Lorsque César entra dans Rome sur son char de triomphe, les soldats criaient : « Urbani, servate uxores : uiœchum calvum adducimus. >> (Suétone, Vie de César, li.)

P. 537, 1. 19. De Mecbiiict). Montaigne a lu à ce sujet l'Histoire de Chalcondyle.

P. 537, 1. 27. LadisJaus). Cette anecdote se retrouve dans beaucoup d'ouvrages historiques du temps. Montaigne l'a lue dans l'Histoire de Scanderberg, de Lavardin, dans l'Histoire de Paul Jove, probablement aussi dans l'ouvrage de Bonfinius qu'il possédait : Rerum uugaricarum décades quattuor, III, u. Mais tous ces récits, qui procèdent de l'histoire de Naples écrite par Colenucio, présentent des détails un peu différents de ceux que nous trouvons chez Montaigne. Il est probable qu'il s'inspire de Chalcondyle dont voici le récit : « Ce jeune prince (Ladislaus) addouci de leurs

ESSAIS DE MONTAIGNE

prières & humble langage, ne demanda autre chose sinon la fille d'un bourgeois, qui estoit estimée la plus belle créature de la ville et de toute l'Italie encore. Car Florence a d'ordinaire les plus belles &. gratieuscs dames qui se treuvent point autrepart : ce qui venoit bien apropos pour un Roy de complexion amoureuse, & tant desbordé après cette sorte de contentement, que plus luy estoit la jouyssance de quelque désirée beauté, que la conqueste de tous les Empires de la terre, combien qu'il ne laissast pas pour cela d'estre vaillant de sa personne, & fort addonné aux armes. Au moyen dequoy les Florentins voyans l'humeur de l'homme qui leur faisoit si bon marché du danger où il les avoit réduits, ordonnèrent incontinent au père d'admener sa fille, la plus proprement attiffee qu'il fut possible. Ce père icy estoit un médecin (à ce que l'on dit) le plus excellent & fameux de son temps, lequel eut à tel regret & contrecueur qu'on peut estimer, de se voir un tel blasme & deshonneur à toute sa maison, si bien qu'après avoir tenté tous les moyens de s'en exempter, & voyant à la fin que c'ettoit un faire le faut, il se résolut à une chose bien estrange, & qui ne partoit pas d'un bas & petit courage. Car avec du jus de ciguë, & autres mortelles drogues, il empesa un couvrechef richement ouvré de fil d'or & de soye cramoisie, lequel il donna à sa fille, pour' s'en accommoder quand le Roy seroit avec elle, ce qu'elle fit : Car il n'eut pas plus tost destourné sa veue sur cette beauté, que la renommée (disoit-il) avoit esté trop chiche de luy louer, que tout bouillant & enflambé d'amour, sans rernettre la chose à de plus amples cerimonies, il voulut venir aux prises. Mais il n'eut pas plus tost esté touché du couvrechef, ainsi eschauffé qu'il estoit encore, que tout soudain le poison luy monta au cueur, d'une si grande promptitude & action, qu'après avoir jecté quelques petites gouttes d'une sueur froide, comme pour un dernier effort de nature, il rendit l'ame entre les bras mesmes de la Damoiselle, laquelle aussi expira bien tost après. Cest accident advenu si inopinément, son armée se trouva en grand trouble & confusion, & se retira à la haste : Ainsi fut la Cité de Florence délivrée. Il y a toutefois des Italiens qui ont escript que ce ne fut

pas le père qui brassa ce brouet, mais le conseil propre de la ville, après avoir fort mignardement fiiit accoustrcr cette fille; afin qu'elle parust encore plus belle à l'ennemi, & que par ce moyen ce qu'ils avoient projeté & basty sur la concupiscence d'iceluy, fust exécuté plus promptement. Quoy que ce soit, la chose advint en la sorte & manière que nous avons dit.» (V, XI, 353.)

P. 539, 1. 3. Oppius recite). Cf. Suétone, Fie de César : « Circa victum C. Oppius adèo indifferentem docet, ut quondam ab hospite conditum oleum, pro viridi appositum, aspernantibus cœteris, solum etiam largius dicat appetisse, ne hospitem aul negligentiœ, aut rusticitatis videretur arguere. » (un.)

P. 539, 1. 6. Il fit fouetter son holeiiger). Li., ibid. : (( Domesticam disciplinam in par\às ac majoribus rébus diligenter adèo severéque rexit, ut pistorem, alium, quàm sibi, panem convivis subjicientem, compedibus vinxerit. » (xlviii.)

P- 539; '• 7- Caton mesme). Id., ibid. : « \'erbum M. Catonis est : Unum, ex omnibus, Cœsarem ad cvertendam Rempubl. sohrium accessisse. » (lui.)

P- 539) '• 9- Ce mesme Caton). Cf. Plutarque, Vie de Caton d'U tique : « Et pour ne rien omettre de ce qui peuh servir à représenter au vif l'image de son naturel, jusques aux moindres indices : on dit que ce jour là y aiant grand débat & fort véhémente contention de luy à l'encontre de Cœsar, tellement que tout le Sénat estoit attentif à les regarder & ouyr, on apporta de dehors un petit papier à Cœsar. Ce que Caton tint incontinent en suspicion, & l'en calumnia tant, que plusieurs des Sénateurs s'en emeurent, & commandèrent que ce qui estoit escript en ce papier fust leu tout hault & clair : parquoy Cx'sar tendit la lettre à Caton qui ne seoit pas gueres loing de luy. Caton l'aiant leuë trouva que c'estoit une lettre d'amour que sa sœur Servilia escrivoit à Cœsar, dont elle estoit amoureuse, aiant esté par luy corrompue : si la rejetta à Cssar en luy disant, Tien yvrongne : & cela fait, se remeit à continuer le propos, qu'il avoit paravant commencé.» (vn, f° 534 V.) Montaigne a trouvé ce récit reproduit en latin dans .son édition de Suétone, Commentaire de la Vie de César par Sabellicus, i.. Montaigne a

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