DES PLVS EXCELLENS HOMMES
P. 566, 1. 4. L'an, Homère). Il faut rapprocher de ce morceau le jugement beaucoup moins favorable que Montaigne a porté sur Homère dans l'essai II, xii, p. 34e, 1. 23. La plupart des idées qui sont ici exprimées se retrouvent chez Ange Politien, Preefatio in Homeritm. Il n'est d'ailleurs pas établi du tout que Montaigne les ait puisées dans l'ouvrage d'Ange Politien.
P. 566, 1. 10. Talc facit carmen). «Il chante sur sa docte lyre des vers comme ceux qu'Apollon luimême module sur la sienne. » (Properce, II, xxxiv,
P. 567, 1. II. Qui qnid sil piilchniiii). «Il nous dit mieux et plus abondamment que Chrysippe et Crantor ce qui est honnête ou ce qui ne l'est pas, ce qu'il faut faire ou éviter. » (Horace, Épîtres, I,
P. 567, 1. 14. A quo, ceu fonte). «Dans ses ouvrages, comme à une source intarissable, les poètes viennent s'abreuver tour à tour des eaux du Permesse. » (Ovide, Amor., III, IX, 25.) Les éditions du xvi= siècle donnent ara que Montaigne remplace par lahra.
P. 567, 1. 17. Adde Heliconiadum). « Ajoutez-y les compagnons des Muses, parmi lesquels Homère tient le sceptre.» (Lucrèce, III, 1050.)
P. 567, 1. 20. Cujûsque ex oie). «Source abondante, qui a coulé avec profusion dans les chants des poètes qui sont venus après lui; fleuve immense divisé en mille petits ruisseaux; héritage d'un seul profitable à tous. » (Manilius, II, 8.) Le texte est celui des éditions du xvi' siècle.
P. 568, 1. 4. Que, n'ayant en nul). Cf. Bodin,
Methodns ad facilem historiarum cognitioneni : « In hoc génère, Xenophontis magna laus est, eoque major, quo neminem habuit quem imitaretur, ut Velleius scribit de Homero; nec postea fuit qui illum imitari posset. » (iv, 74.) Ce jugement se trouve chez Velleius, I, v.
P. 568, 1. 5. Selon Aristote). Cf. Plutarque, Des oracles de la prophetisse Pythie : « Aristote souloit dire qu'Homère estoit celuy seul qui faisoit des noms et des termes qui avoient mouvements pour la vivacité de leur expression." (viii, f° 629 v°.) Le mot d'Aristote est dans sa Poétique, xxiv.
P. 568, 1. 7. Alexandre le grand). Cf. Plutarque, Fie d'Alexandre, 11 ; Pline, Histoire naturelle, V, xxix. Cette anecdote est très vulgarisée au xvi' siècle : on la retrouve en particulier dans la plupart des compilations composées à l'honneur des lettres et des sciences. Cf. Ravisius Textor, Officina, f° 98 v°; Bouaystuau, Histoire de Chelidonius, \i; .Muzzio, // Gentiluomo, dialogue m; etc.
P. 568, 1. II. Disait Cleomenes). Cf. Plutarque, Les dicis notables des Lacedœmoniens ? « Cleomenes souloit dire qu'Homère estoit le poète des Lacedaemonicns, pour ce qu'il enseigne comme il fault faire la guerre. » (F" 217 v°.)
P. 568, 1. 14. Au jugement de Plutarque). Id., Du trop parler : « Entre les choses singulières que l'on dit du prince des poètes, celle-là est tres-veritable, qu'Homère est seul au monde qui n'a jamais saoulé ny desgousté les hommes, se montrant aux lecteurs toujours tout autre, & florissant toujours en nouvelle grâce. » (v, f" 91 r".)