LIVRE II, CHAPITRE XXXVII
P. 582, 1. 6. One! monstre). Chez Ainbroise Paré l'idée de l'atavisme est très nettement formulée. Cf. le Traite des Monstres, xiii. Parmi les malades qui transmettent le plus fréquemment leurs maux à leurs enfants Paré cite les « Lapidaires » qui enj^endrent des «enfans subjects à la pierre», et il poursuit : «Il y a une infinité d'autres dispositions des pères et mères ausquelles les enfans sont subjects, voire mesmes qu'ils retiennent des mœurs, de la parole, des mines et trongnes, contenances et gestes, jusques au marcher et cracher de leurs pères et mères. » Sur la complexité de la semence humaine, Montaigne a eu chance de lire un long développement dans la traduction d'Athénagore publiée par son compatriote Arnaud du Ferrier. (Simon Millanges, Bordeaux
P. 582, 1. 13. En la famille de Lepidus). Cf. Pline, Histoire naturelle : « In Lepidorum gente très, intermisso ordine, obducto membranâ oculo, genitos accepimus. » (VII, xii.)
P. 582, 1. 15. A Thebcs). Cf. Plut;irque, Ponrquoy la justice divine diffère quelquefois la punition des maléfices : «Comme ainsi fust que Ion tenoit pour certain, que Python le Nisibien estoit extraict de la race & lignée des Semez, qui ont esté les premiers seigneurs & fondateurs de Thebes le dernier de ses enfans qui mourut, il n'y a pas long temps, avoit rapporté la figure de la lance en son corps, qui estoit la marque naturelle de celle lignée la ancienement estant après si long intervalle de temp ressourse & revenue, comme du fond au dessus, celle similitude de races. » (xix, f° 267 r°.)
P. 582, 1. 17. Aristote dict). C'est ce que raconte Hérodote d'un peuple de Libye, IV, clxxx. Cf. l'essai II, viii, p. 90, 1. 11.
P. 585, 1. 4. Suivant Epicur us). Cf. Cicéron, Tusculanes : « Itaque hac usurum compensatione sapientem, ut voluptatem fugiat, si ea majorem dolorem effectura sit, & dolorem suscipiat majorem eflicicntem voluptatem. » (V, xxxiii; t. IV, p. 180); voir aussi Diogène Laërce, Vie d'Epicure : « Soïpe plerasque (voluptates) transgredimur, quando ex his major molestia sequitur, doloresque nonnullos voluptatibus prœstare arbitramur, quandoquidem ex diutina
toleratione dolorum major nos voluptas sequitur. » (X, cxxix, 722.)
P. 585, 1. 26. Disoit Salon). Cf. Plutarque, Le bancquet des sept Sages : « Lon prent la nourriture comme une médecine pour guarir la faim. » (xix, f° 158 r°.)
P. 586, 1. 21. Tirent ils pas l'argument). Pour la même idée, cf. l'essai II, xii, p. 210, 1. 24.
P. 587, 1. I. Eux mesmes nous font ils voir). La même idée se retrouve chez Corneille Agrippa, De incertitudine & vanitate scientiarum : « Multœ gentes olim fuerunt & adhuc sunt absque medicis degentes, quas videmus ultra decrepitam œtatem robustas & supra centenarios annos vivere : contrario istos delicatiores populos, qui medicorum promissis & opéra vivunt, ut plurimum média œtate senescere & occumbere, quin & ipsosmet medicos plus crtteris hominibus & quasi semper a;grotare, ac immutatiore astate decedere. » (lxxxiii.)
P. 587, 1. 9. Les Romains avoyent este). Pline, XXIX, I, dit que les Romains furent six cents ans sans médecins; et Joubert répète les affirmations de Pline dans les Erreurs populaires, I, i ; mais loin de prétendre que lorsqu'ils eurent pénétré dans la ville, ce fut Caton qui les chassa, Pline déclare que leur expulsion n'eut lieu que bien longtemps après la mort de Caton. Cette seconde idée vient sans doute de Corneille Agrippa, De incertitudine & vanitate scientiarum : V Proinde Romani quondam sub Catone Censorio medicos omnes & urbe Roma, & tota Italia pepulerunt eorum funesta mendacia, crudelitatemque aversati. » (lxxxiii.) Et Corneille Agrippa donne une longue épître à son fils sur les médecins.
P. 587, 1. 16. Ce que dict Plutarque). Vie de Caton le Censeur : « Il avoit fiiit un petit traitté de médecine par lequel il guerissoit ceulx de sa maison quand ilz estoient malades, & les entretenoit quand ilz estoient en santé. Il ne leur defendoit jamais le manger, mais il les nourrissoit de quelques herbes, & de quelques chairs légères, comme de Canes, de Palumbes & de Lièvres : car telles viandes, disoit il, sont bonnes pour les malades & faciles à digérer, excepté qu'elles font songer & resver ceulx qui en mangent : & se vantoit qu'avec ce régime là & ceste façon de mediciner, il s'estoit tousjours maintenu
ESSAIS DE MOXTAIGNE.
sain quant à luy, & avoir aussi gardé ses domestiques en santé. » (xii, f" 244 v°.)
P. 587, 1. 17. Connue les Arcades). Cf. Corneille Agrippa' De incertitndine & vanitate scientianiin : « Olim... Archades non medicaminibus utebantur, sed (quod narrât Plinius) verno lacté utebantur, quoniam tune maxime succis herbaï turgerent, mederenturque uberiores pascua : eligebant autem prœ csteris lac vaccinium, quia \\\x omnivore sunt in herbis. » (lxxxiii.) Agrippa transcrit textuellement Pline, Histoire naturelle, XX\', viii.
P. 587, I. 18. Dict Hérodote), u Quand leurs enfans (des Libyens) sont parvenus en l'aage de quatre ans, ils leur bruslent les veines du sommet de la teste, aucuns celles des temples avec laine à tout le suif, afin que les caterres ne leur nuisent tant qu'ils vivront. Et dit-on que par ce moyen ils se trouvent beaucoup plus sains. » (IV, clxxxvii; t. I, f° 309 i°.)
P. 588, 1. 5. C'est du grand Platon). Dans le Ti?née : « Tertia commotionis species tune demum cum summa cogit nécessitas, utilis, aliter vero nullo modo sans mentis homini suscipienda. Medicorum illa purgatio est, quœ pharmacis... fieri solet. Morbi enim nisi periculosi.ssimi sint, pharmacis irritandi non sunt. » (P. 89"; éd. de 1546, p. 732.)
P. 588, 1. 16. Bihore). Terme gascon, de «via foras». Cotgrave dit que c'est un terme dont se servent les charretiers pour hâter leurs chevaux.
P. 588, 1. 21. Il vieine). Cf. Sénèque, Épîtres : « Ducunt volentem fita, nolentem trahunt. » (Ép. 107, p. 258.) Et encore : « Puta te nolle sequi duceris. » (Ép. 77, p. 179.)
P. 588, 1. 24. On demandoit à un Laccdemonien). Cf. Corneille Agrippa, De incertitndine & vanitate scientiarum : « Hinc ille Lacon cuidam dicenti, nihil mali habes, respondit, quia non utor medico, illoque iterum dicente, senex factus es, respondit, quia nunquam usus sum medico. » (lxxxiii.)
P. 588, 1. 25. Adrian l'empereur). Id., ibid. : (dllud etiam moribundi jam Adriani imperatoris dictum : Medicorum turba principem perdit (^/c). » Agrippa a pris ceci chez Xiphilin, Vie d'Adrien. Rapprocher aussi cette épitaphe qu'on trouve dans Pline, Histoire naturelle: «Turhâse Medicorum peris.sc.» (XXIX, i.)
P. 589, 1. I. Un mauvais luicteur). Cf. Diogène Laërce, Vie de Diogène : « Cùm vidisset ignavum luctatorem medicinam profitentem, quid hoc, inquit, num & eos qui te aliquando vicerunt, nunc ipse dejicies?» (VI, lxii, 380.)
P. 589, 1. 4. Selon Nicocles). Le mot de Xicoclès se trouve dans le chapitre cxlvi de la Collection des moines Antonius et Maximus, imprimée à la suite de Stobée. On ne trouve pas cette collection dans les éditions de Stobée publiées au xvi= siècle; mais elle a été imprimée à part en 1546 (Tiguri). Cf. cette édition, p. 62. Peut-être Montaigne a-t-il pris cette allégation dans quelque ouvrage de seconde main.
P. 589, 1. 5. Us ont une façon bien avantageuse). Corneille Agrippa, De incertitudine & vanitate scientiarum, a de longs développements sur ce thème : « Si cegro quid maie cesserit, sive illum praeler spem per insignem imperitiam occident, hic se aut per catarri prœfocativum defluxum, aut aliquod aliud simile subitaneum accidens, immedicabilémque casum apparenter excusât, & œgri inobedientiam, aut custodum negligentiam acriter excusât, aut incusat collegas, aut in pharmacopolam culpam protrudit : sic enim efficit, ut nemo i\;grotus nisi propria culpa periisse, nemo nisi medici beneficio restitutus videatur. » (lxxxiii.)
P. 589, 1. 18. Rhedanim). «Le passage des chars au détour étroit des rues. » (Juvénal, m, 236.)
P. 590, 1. 7. Platon disoil). Dans la République : « Mendacium hominibus... pro medicamento est utile, quare publicis medicis concedendum. » (III, p. 389; éd. de 1546, p. 558.)
P. 590, 1. 10. Azsope). Fable XIII, Le Malade et le Médecin. Sur le cas que Montaigne faisait des faibles d'Esope, cf. l'essai II, x, p. 104, 1. 20.
P. 590, 1. 24. Il y avait en .Egypte). Cf. Corneille Agrippa, De incertitndine & vanitate scientiarum : « Cui traudi ut obviaretur apud iïïg}-ptios medici ante diem tertium ;çgrotorum corpora eorum periculo curabant post triduum autem suo. » (lxxxiii, à la fin.)
P. 390, 1. 27. yizsculapins). Cf. Pline, Histoire naturelle : « Auxit (medicina) deinde famam etiam crimine, ictum fulmine iïsculapium fobulata, quoniam Tyndareum revocavisset ad vitam. » (XXIX, i.)