‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 379 sur 449 · LIVRE III, CHAPITRK V · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRK V

P. 89, I. 28. Nl'iis les dressons). Dans l'Apologie pour Hérodote, Henri Estienne exprime lui aussi cette idée que tout incite les femmes à l'impudicité. (XII, 11.) P. 90, 1. 19. Motus doceri gaudet). «La vierge nubile se plaît à apprendre des danses ioniennes jusqu'à s'en courbaturer les membres; elle rêve dès l'enfance à des amours impudiques. » (Horace, Odes, III, VI, 21.)

P. 90, 1. 27. Ce que dict Platon). Dans le Timée, p. 42; édition de 1546, p. 710. Cf. l'essai II, xii, p. 300, 1. 15 et la note.

P. 91, 1. 8. Et menteni Venus). «Et \'énus ellemême les a inspirées.» (Virgile, Géorgiques, III, 267.) P. 91, 1. 12. Nec tanliim tiiveo). «Jamais la blanche colombe, ou tel autre oiseau encore plus lascif que vous pourriez nommer, n'a par de douces morsures sollicité plus amoureusement les baisers que la femme qui s'abandonne à sa passion.» (Catulle, lxvi, 125.)

P. 91, 1. 16. Oui n'eut tenu). Pour cette idée, cf. Castiglione, // Cortegiano, III, xxxix; Rabelais, III, xxxn.

P. 91, 1. 23. Nec non libelli). «Et ils sont dus parfois à des stoïciens, ces petits livres qui traînent volontiers sur les coussins de soie.» (Horace, Epodcs, viii, 15.) Montaigne écrit nec non au lieu de quid quod, et la pensée chez lui est toute différente de ce qu'elle est chez Horace.

P. 91, 1. 25. Zenon). Cf. Plutarque, Questions de table, III, VI, f" 584 r".

P. 91, 1. 26. Du philosophe Strato). Cf. Diogène Laërce, Vie de Strato : « Feruntur ejus de regno libri très : ... De concubitu. » (V, lix, 325.)

P. 91, 1. 27. Theophraste) . Id., Vie de Théophraste : « Reliquit autem & ipse ingenii sui complura monumenta... Sunt autem ista : ... Amatorius unum... De amore unum. » (V, XLiii, 317.)

P. 92, 1. I. Aristippus). Cf. Diogène Laërce, Vie d'Aristippe, II, lxxxiv.

P. 92, 1. 4. Deinetrius). Id., Vie de Dcniétrius : « Sunt autem de legibus Atheniensium libri quinque ... Amatorius unum. » (V, lxxxi, 338.)

P. 92, 1. 4. Heraclides). Id., Vie d'Heradide : « Dialogi, quorum quœ ad mores instîtuendos faciunt.

sunt hsc : ... Invitus amatorius, & Clinias unum. » (V, Lxxxvii, 341.)

p. 92, 1. 5. Antisiheucs). Id., Vie d'Anlisihcne : «Feruntur & ipsius scripta tomi X... In secundo tomo : ... De procreatione filîorum, sive De nuptiis amatorius ... In X. tomo : ... Dominus, sive Amans.» (VI. XV, 355-356.)

p. 92, 1. 6. Aristo). Id., Vie de Zenon : « Feruntur ejus (Aristonis) ista volumina : ... Amatori.-e exercitationes. » (VII, CLXiii, 499.)

P. 92, 1. 7. Cleanlhes). Id., Vie de Cle'anthe : « Reliquit autem pulcherrimos libros qui sunt : ... Ars amatoria... De amore.» (VII, clxxv, 506.)

P. 92, 1. 8. Sphœrus). Id., Vie de CUanthe : « Scripsit autem ista volumina : ... Dialogos amatorios. » (\1I, CLX.X.VI11, 508.)

P. 92, 1. 8. Chrysippus). Id., Vie de Chrysippe : « In eo opère, quod de antiquis physiologicis scripsit, fœda de Junone fingit ac Jove, ea dicens sexcentis fere versibus quce nemo nisi illoto ore dixisset. » (VII, CLXXXVii, 514.)

P. 92, 1. 9. Cinquante epistres). Cf. Diogène Laërce, X, m. Montaigne, d'après Diogène, se fait ici l'écho des ennemis de Chrj'sippe.

P. 92, 1. 12. S'est trouvé nation). J'ignore où Montaigne a pris ce détail. On peut voir les différentes références indiquées par Leclerc : Babylone (Hérodote,

I, 199; Strabon, XM, p. 108 1 ; Jérémie, apud Baruch, VI, 42, 43). — Cypre (Hérodote, ihid. ; Athénée, XII, p. 516). — Hélîopolis en Phénicie (Eusèbe, Vie de Constantin, III, 58; Socrate, Histoire ecclésiastique, I, 18). — Sicca Veneria (\'alère Maxime, II, vi, 1 5); etc.

P. 92, 1. 16. Nimirnni propler). « C'est que l'incontinence est nécessaire à la continence, que l'incendie s'est éteint par le feu. »

P. 93, 1. 10. La statue de leur Dieu). Cf. Hérodote,

II, XLViii. Hérodote (traduction Saliat, f° 118) dit seulement : « Grandes environ d'une coudée. » Montaigne a sans doute puisé ceci ailleurs.

P. 93, 1. 16. Les plus sages viatrones). Allusion probable à un passage de saint Augustin, Cité de Dieu, VII, XXIV, qui est reproduit dans un ouvrage de Giraldi que Montaigne possédait. De diis gentium, svntagma VIII : « Augustinus in VII, ait a matrona

ESSAIS DE MONTAIGNE

honestissima imponi illi coronam ad advertendum fascinum frugibus... »

P. 93, 1. 17. Sur ses parties). Cf. saint Augustin, Cité de Dieu, VI, ix, texte reproduit par Giraldi, De diis gentium, sVntagma VIII : «Quid hoc dicam? Cum ibi sit & Priapus, nimiuui masculus, super cujus immanissimum & turpissimum fasconum sedere nova nupta jubebatur, more honestissimo & religiosissimo matronarum. » Il est probable que Montaigne prend tous ces détails dans un ouvrage de seconde main qui n'a pas encore été retrouvé.

P. 93, 1. 19. Pareille dez'olion). Rapprocher ce que dit d'Aubigné dans la Confession du sieur de Sancy, IP partie, chapitre 11.

P. 94, \. i. Ce bon homme). On a proposé de voir ici une allusion à Calvin ou bien au pape Paul III qui a régné de 1536 à 1549, ou encore au pape Paul IV qui a régné de 1554 à 1559; mais les témoignages précis font défaut. Remarquons que l'expression bon homme n'a pas la valeur de familiarité que nous y attachons aujourd'hui. Henri Estienne dans V Apologie pour Hérodote, III, v, commente sa double signification : homme de bien et vieillard.

P. 94, 1. 4. Flagitii priucipium). «C'est une cause de dérèglement que" d'étaler en public des nudités. >> (Ennius, chez Cicéron, Tusculanes, IV, xxxui.)

P. 94, I. 5. Aux misleres). Cf. Sénèque, ép. 97 ; Plutarque, Vie de César, i° 495 r"; etc. Le texte de Sénèque est reproduit par Giraldi, De diis gentium, syntagma IV. Peut-être Montaigne a-t-il dans l'esprit ces mots de Sénèque : « Sic submotis extra conspectum omnibus viris, ut pictura: quoque masculorum anima lium contegerentur... »

P. 94, 1. 8. Omne adeo genus). « Car toutes les espèces vivantes sur la terre, les hommes, les bêtes sauvages, les poissons de la mer, les troupeaux, les oiseaux aux mille couleurs, tout est sujet aux fureurs de l'amour. » (Virgile, Gêorgiques, III, 242.)

P. 94, 1. II. i>i Dieux, dit Platon). Dans le Timk: « Pudendorum naturje in viris insita vis, inobediens atque imperiosa, & quasi animal non exaudiens rationem furiosarum libidinum violentia subjiccre sibi cuncta conatur. Vulva quoque matrixque in fœminis eadem ratione animal avidum generandi, quando

procul a fœtu per xtatis florem, aut ultra diutius detinetur, «egre fert moram ac plurimum indignatur : passimque per corpus oberrans, meatus spiritus intercludit, respirare non sinit, extremis vexât angustiis, morbis denique omnibus premit, quousque utrorumque cupido amorque quasi ex arboribus fœtum fructumve producunt : ipsum deinde decerpunt & in matricem velut agrum inspargunt, » (P. 91; éd. de 1546, p. 733.)

P. 95, 1. 3. Que sçait on si Platon). Id., République : « Quid in his maxime ridiculum cernis ? An quia nudas fœminas conspecturus sis in paliestris cum viris certantes, non modo juvenes, sed & vetulas, quemadmodum senes vires in gymnasiis, quando unâ exercentur, licet jam rugosi veternosique sint. » (V, p. 452; éd. de 1546, p. 588.)

P. 95, 1. 6. Les Indiennes). Cette idée est parfois exprimée dans les récits des voyageurs du xvi' siècle. Voici par exemple ce que dit Lérj' à ce sujet : « Toutefois avant que de clorre ce chapitre, ce lieu ci requiert que je responde tant à ceux qui ont escrit qu'à ceux qui pensent que la fréquentation entre ces sauvages tout nuds et principalement parmi les femmes incite à la lubricité et paillardise. Sur quoy je diray en un mot qu'encore aultrement qu'en apparence, il n'y ait que trop d'occasion d'estimer qu'outre la deshonnesteté de voir des femmes nues, cela ne semble aussi servir comme appât ordinaire à la convoitise : toutes fois pour en parler selon ce qui s'en est communément aperceu pour lors, cette nudité aussi grossière en telles femmes est beaucoup moins attrayante qu'on ne cuyderoit. Et partant je maintiens que les attifets, fards, fausses perruques, cheveux tortillez, grands collets fraisez, vertugales, robbes sur robbes, et autres infinies bagatelles dont les femmes et filles de par deçà se contrefont et n'ont jamais assez, sont sans comparaison cause de plus de maux que n'est la nudité ordinaire des femmes sauvages : lesquelles cependant, quant au naturel, ne doivent rien aux autres en beauté. » (Édition Gaffarel, 1580, t. I, p. 140.)'

' l'assage cité par M. ('.liiiuirj. l.'cxollniie amiiiraiu iIivk In liltcialiiir Jnwfaise au XVI' siècle, p. i;6.

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