LIVRE III, CHAPITRE V
P. 95, 1. 8. Oiioi que dient). Cf. Balbi, l'iaggio : « Accio l'huomo sia più inclinato alla donna, detta Regina ordino parimente, chele donne andassero nude ne' bracci, & petti con una coscia coperta da una falda come un fazzuolo, ma staccata di maniera, che mentre ella camina, si sventola, & lascia vcdere tutta la coscia : & cosi s'ossen-a fine al présente. » (F" 126 V.)
P. 95, 1. 15. Disait Livia). Cf. Dion, Fie df Tibère; Laurent Joubert, Erreurs populaires an faict de la médecine (préface à Marguerite de Navarre, vers la tin) : « La tresvertueuse princesse Livie, femme de l'empereur Auguste, sauva la vie à des hommes qu'on alloit mettre à mort par ce qu'ils s'estoient rencontrez devant elle tout nuds, disant que pour le regard des femmes pudiques ceux-là ne ditferoient en rien des statues. »
P. 95, 1. 19. Come dicl Platon). Dans la République : « Nudandum igitur corpus erit mulieribus custodum, quandoquidem pro vestibus virtutem induent. » (V, p. 457; éd. de 1546, p. 590.) Mais Platon ne parle pas des Lacédémoniennes.
P. 95, 1. 20. Des quels tesiiiouigiie S. Augustin). Dans la Cité de Dieu, XXII, xvii.
P. 96, 1. 15. Naiu tu, qux). « Est-ce que toi, pour toute la fortune d'Achémènes ou pour les richesses de M5'gdon, roi de la fertile Phrygie, ou pour les trésors de l'Arabie, tu voudrais donner un cheveu de Licymnie, quand elle se penche vers tes baisers embaumés, quand par une douce rigueur, elle les riefuse, elle qui désire plus que toi se les laisser ravir, quitte à te prévenir bientôt elle-même ? » (Horace, Odes, \\, XII, 21.) J'ai traduit le texte : ^iNum tu, ■quc-e tenuit... » qui est le texte véritable. Navi est probablement une faute d'impression.
P. 97, 1. 8. Diaboli virtus). « La vertu du diable est aux rognons.» (Saint Jérôme, Contre Jovinioi, II; t. II, p. 72. Édition de Bâle 1537.)
P. 98, 1. II. La difficulté). Rapprocher ce que Montaigne a dit dans l'essai II, xv, p. 381, 1. 16.
P. 98, 1. 14. L'obligation du bie;:-faict). Cette idée revient fréquemment dans le De beneficiis de Sénèque, I, v; VI, 11; etc.
P. 98, 1. 28. Quelqu'un disait à Platon). Cf. Antonius et Maximus, sermo 54.
P. 99, 1. 17. Quisvetat). « Empèche-t-on d'allumer un flambeau à la lumière d'un autre flambeau? Elles ont beau donner sans cesse, le fonds ne diminue jamais. » (Ovide, De arte amandi, III, 93.) Le sens du dernier vers est dans Ovide; quant aux termes, Montaigne les a pris dans les Priapea {Divcrsorum poetarum in Priapuni hisus, m, 2) :
« Obscure poterain tibi dicere : d.i mihi, quod tu » Des licet adsidue : nil tamen inde périt. »
P. 99, 1. 23. Le pasteur Crastis). Cf. Elien, Histoire des animau.x, VI, xui; éd. grecque-latine de 1556, p. 133. L'anecdote a été reprise par divers compilateurs du xvi= siècle : Volaterran, Rhodigin, etc.
P. 99, 1. 28. Ense maritali). « Aucun adultère, percé de l'épée d'un mari, n'a rougi de son sang les eaux du Styx. » (Jean Second, Élégies, I, vu, 71.)
P. 100, 1. I. Luaillus). Cf. Plutarque, Vie de Lucullus, xviii, f' 363 r°.
P. 100, 1. I. Cxsar). Id., Vie de César, m, f" 495 r".
P. 100, 1. I. Pompeius). Id., Vie de Pompée : 11, f" 436 r°; mais Plutarque dit seulement qu'il répudia sa femme.
P. 100, 1. I. Antonius). Id., Vie d'Antoine, xii. Mais d'après Plutarque Antoine fit preuve envers Dolabella d'une vive jalousie.
P. 100, 1. I. Caton). Id., Vie de Caton d'Utique, VII, f> 534 v°.
P. 100, 1. 3. Un sot de Lepidus). Id., Vie de Pompée : « Lepidus donques estant contraint d'abandonner l'Italie s'enfouit en l'isle de Sardaigne, là ou il mourut de maladie qui luy vint, non tant du regret de la ruine de ses aff'aires, ainsi que Ion dit, comme de la douleur qu'il receut d'une lettre qui tumba entre ses mains, par laquelle il cogneut que sa femme avoir forfait à son honneur. » (v, f° 439 r".) Dans la liste de noms qui précède, il faut sans doute voir des réminiscences de Plutarque.
P. 100, 1. 4. Ah! luin le niiserum). «Malheureux! si ton mauvais destin veut que tu sois pris sur le fait, on te traînera à la porte par les pieds, et tu iras nourrir les muges ou faire pousser les raves. » (Catulle, XV, 17.)
P. 100, 1. 9. Atque aliquis). « Et l'un des dieux,
ESSAIS DE MONTAIGNE
non des plus austères, exprime le désir d"être exposé à un pareil déshonneur. » (Ovide, Métamorphoses, IV, 187.)
P. 100, 1. 14. Qtiici causas petis). « Pourquoi chercher des raisons de si loin ? Qu'est devenue, déesse, ta confiance en moi?» (Virgile, Enéide, MU, 395.)
P. 100, 1. 17. Arma rogo genitrix iiato). « C'est une mère qui demande des armes pour son fils. » (W., ibid., 383.)
P. 100, 1. 20. Arma acri facienda). « Il s'agit de fabriquer des armes pour un homme de valeur. » (/J., ibid., 441.)
P. 100, 1. 23. Nec divis). « Aussi n'est-il pas juste de comparer les hommes aux dieux. » (Catulle, Lxviii, 141.)
P. 100, 1. 24. Les plus graves legislatiirs). Je crois bien que Montaigne ne pense qu'à Platon et que ce pluriel n'est qu'un artifice de style.
P. loi, 1. 4. S<rpe etiam Juno). « Souvent même, Junon, la reine des dieux, s'est emportée à l'occasion des fautes quotidiennes de son mari. » (Catulle, Lxviii, 138.) Le texte est celui de la plupart des éditions du xvi'^ siècle.
P. loi, 1. 14. Niilla' siint inimicitia-). «Il n'y a de haines implacables que celles de l'amour. » (Properce, II, VIII, 3.)
P. loi, 1. 19. D'un Octavius). Cf. Tacite, Annales, XIII, xLiv, et surtout Histoires : « Octavius, Pon" tiam Postumiam stupro cognitam & nuptias suas abnuentem, impotensamorisinterfecerat.» (IV, xliv.)
P. loi, 1. 26. Notnmque). « Et l'on sait ce que peut la fureur d'une femme. » (\"irgile, Enéide, V, vi.)
P. 102, 1. 13. Les femmes Scythes). Montaigne fait ici une confusion qu'explique le texte suivant d'Hérodote : « A cause de leur longue absence leurs femmes s'estoyent adressées à leurs esclaves, ausquels ils ont coustume de crever les yeux pour mieux s'en servir au recouvrement de laict, qui leur est boisson, & lequel ils tirent des jumens, en ceste manière. Ils prennent canons d'os... A ceste fin ils crèvent les yeux à tous leurs prisonniers de guerre, car ils ne se meslent d'aucun labourage... » (IV, 11; 1. 1, f" 248 r°.)
P. 102, 1. 27. Parle Plutarqite). Voir son traité De la mauvaise honte.
P. 102, 1. 29. Discrepance). \'oir le développement de cette idée dans l'essai II, 1.
P. 103, 1. 5. Homère). Cf. Odyssée, XVII, 347. Montaigne a pris ceci chez Platon qui cite cette pensée d'Homère en deux endroits dans le Charmides, p. 161; éd. de 1546, p. 281; et dans \e Lâchés, p. 201; éd. de 1546, p. 300.
P. 103, 1. 18. Langiiidior). Cf. Catulle, lxvii, 21. Le sens de ces deux vers, trop libres pour être traduits, est que le gentilhomme n'avait jamais donné de marques de virilité.
P. 103, 1. 24. De l'effort au contraire). Rapprocher de cette idée le début de l'essai II, xi.
P. 104, 1. 13. Illiid sœpe). « Elle fait .souvent ce qu'elle fait sans témoin. » (Martial, VII, lxi, vers 6.)
P. 104, 1. 16. Offendor). «Une impudique moins raffinée me scandalise moins. » (Martial, VI, vu, vers 6.)
P. 104, 1. 18. Ohsteirix). « Parfois une sage-femme, en inspectant de la main si une jeune fille est vierge, soit malice, soit maladresse, soit malheur, l'a déflorée. » (Saint Augustin, Cité de Dieu, I, xviii.) Le texte est celui de l'édition de Lvon, 1570.
P. 105, 1. I. C'est Fatua). Cf. Lactance, De divina institutione, I, xxii, où il est dit que non seulement aucun homme ne la vit, mais encore qu'aucun homme n'entendit prononcer son nom. Vives, dans le Commentaire de la Cité de Dieu, XVIII, xv, répète cette allégation de Lictance dont, comme Montaigne, il reproduit seulement la première a.ssertion. Voir aussi Giraldi, De diis gentium, .syntagma IV.
P. 105, 1. 2. La femme de Hieron). Cf. Plutftrque, Comment on pourra recevoir utilité de ses ennemis : « Il ' y eut un des ennemis de Hieron, qui en querellant luy reprocha, qu'il avoit l'halene puante : parquoy si tost qu'il fut arrivé en son logis, il en tansa sa femme, luy disant : Et comment, pourquoy ne m'en avez vous adverty? Elle, qui estoit simple et chaste, luy respondit. Je pensois que tous hommes sentissent ainsi. » (vu, f° 1 1 1 r°.)
P. 105, 1. 7. En la volonté). Pour cette idée, cf. saint Augustin, Cite de Dieu, I, xviii ; H. Estiennc, Apologie pour Hérodote, XV, xxii; cf. aussi Plutarque, I^s dicts notables des anciens Roys, f" 189 v°.