LIVRE III, CHAPITRE V
P. 105, 1. 10. Telle, qui). Par exemple la femme de Scosponius; cf. Appien, Guerre civile, lY, v.
P. 105, 1. 18. Ordonance). Brantôme fait allusion à des faits analogues, t. V, p. 92.
P. 10), 1. 18. Phanlius l'Argien). Cf. Plutarque, De l'aiiioiir : « (Phaulius) la conduisit (sa femme) luy mesme en cest habit jusques au logis du roy, comme si c'eust esté un page. » (xvi, f" 606 v".)
P. 105, 1. 19. Ce Galba). Id., ibîd. : «Comme Ion recite d'un certain Galba Romain, lequel donnoit à soupper à Mecœnas, & volant qu'il commançoit à escrimer des yeux & de petits regards amoureux avec sa femme, il laissa tout doulcement aller sa teste sur le coussin, comme faisant semblant de dormir, ce pendant il y eut quelqu'un des vallets qui s'approcha de la table tout bellement, & essaya de desrober du vin, ce que volant Galba, Malheureux, dit il, ne vois tu pas que je ne dors que pour Mecœnas? » (xvi, f° 606 v°.)
P. loé, 1. 2. Alix Indes orientales). Cf. Arrien : « Il n'y a présent, si précieux soit-il, par lequel on puisse corrompre la pudicité de leurs femmes qui sont chastes, que d'un éléphant : ne tenans pour chose deshonncste si une femme s'adonne au plaisir d'aucun ayant receu de luy un éléphant en don. Voire s'en glorifient elles, comme estant leur beauté réputée digne d'un tel présent.» (VII, xvii, 331.)
P. 106, 1. 6. Phxdon le philosofe). Cf. Diogène Laërce, Vie de Phédon : « Phc'edon Eliensis nobili familia, unà cùm patria captus coactus est intra cellulam infami se quasstui addicere. » (II, cv, 159.) Le témoignage d'Aulu-Gelle n'est pas plus conforme que le te.xte de Diogène au récit de Montaigne : « Phaidon Elidensis ex cohorte illa socratica fuit. Socratique et Platoni perfuit familiaris... His Phsdon servus fuit, forma atque ingenio liberali, et (ut quidam scripserunt) a leone domino puer ad mcerendum coactus. » (^Niiits attiques, II, xviii.)
P. 106, 1. 8. Solon fut le premier). Cf. l'essai II, XII, 343 (texte de 1588). Montaigne qui en 1580 avait inséré ce fait dans Y Apologie de Sehond l'a effacé après 1588 pour le reporter ici. Il est fréquemment répété par les auteurs du xvi"^ siècle. Cf. Corneille Agrippa, De incertitudine et vanitate scientiaruin, Lxiii,
où Montaigne l'avait sans doute pris en 1580; Jean des Caurres, Œuvres morales, II, ix; etc.
P. loé, 1. 10. Hérodote dict). Hérodote l'attribue aux Lydiens, I, xciii; t. I, f" 46 r"; aux Babyloniens, I, cxcvi; t. I, f'^ 90 V^; etc.
P. 106, 1. 15. Pone serani). «Mets-la sous clef, donne-lui des gardiens. Mais qui gardera tes gardiens? La femme est rusée, c'est par eux qu'elle commencera. » (Juvénal, vi, 247.) Le texte cohibe est celui de toutes les éditions du xvi= siècle.
P. 107, 1. 7. Et avoyent les Romains). Cf. Plutarque, Les demandes des choses romaines : « Pourquoj- est-ce, que quand ils retournent d'un voyage loingtain au pais, ou seulement des champs à la ville, s'ils ont leurs femmes à la maison ils envoient devant, pour leur faire sçavoir leur arrivée? Est-ce point pour leur donner asseurance qu'ils ne veulent rien faire finement ny malicieusement envers elles? » (Question ix, f° 462 r°.)
P. 107, 1. 10. A introduit certaine nation). Cf. Gomara. Histoire générale des Indes : « Les prestres qu'ils appellent Piates... dorment avec les femmes légitimes, lesquelles on leur baille à despuceller suivant la coustume, laquelle ils estiment honneste, & louable. ... L'espoux par ce moien oste tout le soupçon qu'il pourroit avoir de sa femme s'il ne la trouvoit telle qu'il penseroit. » (F° 252 r".)
P. 107, 1. 20. Tôt qui legionibus). «Jusqu'au général, qui a commandé à tant de légions et qui valait mieux que toi, misérable, à tant d'égards. » Le second vers est pris de Lucrèce, III, 1039; le premier est imité de Lucrèce, III, 1041 :
« ... inagiiis qui gentibus imperitarunt. »
Lucrèce, dans ce passage, parle de la mort.
P. 108, 1. 2. Fors eliaiii). « Le sort nous refuse même des oreilles pour faire entendre nos plaintes. » (Catulle, LXiv, 170.)
P. 108, 1. 21. Piltacus disait). Cf. Plutarque, De la tranquillité de l'aine & repos de l'esprit : «Luy (Pittacus) n'en feit autre chose que dire, I! n'y a celuy de nous qui n'ait en soy quelque default, mais quant à mov, je n'ay que ce seul poinct de la mauvaise teste de ma femme, qui me garde d'estre autrement en tout & par tout très-heureux. » (xi, f° 72 r°.)
ESSAIS DE MONTAIGNE
P. io8, 1. 26. Le sénat de Marseille). Cf. Castiglione. Il Cortegiano, III, xxiv. Sur cette coutume de Marseille, cf. la fin de l'essai II, m, et Valère Maxime, H, vi, 7.
P. 109, 1. 4. Celuy la s'y entendait). Le roi Alphonse V, d'Aragon. Ce mot lui est attribué chez Domenichi, Delti e faiti; dans les Apophihegmes d'Érasme : « Idem dicere solet ita demum matrimonium tranquille citraque querimonias exigi posse, si maritus surdus fiât, uxor cœca : innuens, opinor, femineum genus obnoxium esse zelotypi^, atque hinc oriri rixas et querimonias... » (Ed. de 1564, p. 600.) -
P. 109, 1. 14. Coiiune disait l'hoste). Cf. Plutarque, Les dicts notables des anciens Roys : « Il teint un tel propos au conseil des Acheïens : qu'estant logé chez un sien hoste en la ville de Chalcide qui luy donnoit à soupper, il s'esmerveilla dont il pouvoit avoir recouvré tant de diverses sortes de venaison, comme il en voioit servir sur la table devant luy : & que son hoste luy respondit, que c'estoit toute chair de pourceau qui estoit seulement diversifiée de saulce & de façon de l'accoustrer. » (F" 203 r°.) Voir aussi Vie de Titus Ouintius Flaminius, x, f° 265 v°; et aussi Tite-Live, XXXV, xlix; Vives, Commentaire de-, la Cité de Dieu, X, xx.
P. 109, 1. 18. Materiam ciilpx). «Il cherche sans cesse l'occasion de succomber. » (Ovide, Tristes, IV, I, 34.) Le texte est celui des éditions du xvi'= siècle.
P. 109, 1. 21. La deffence les incite). Rapprocher l'argumentation de Rondibilis chez Rabelais, III, XXXIV, et surtout ce que dit Castiglione dans le Cortegiano, III, XLii, où il commente le vers de Térence qui suit.
P. 109, 1. 22. Ubi velis). « Voulez-vous, elles refusent; refusez-vous, elles veulent. » (Térence, Eunuque, acte IV, scène viii, vers 43.) Le texte de Térence est : « Nolunt ubi velis; ubi nolis cupiunt ultro. »
P. 109, 1. 23. Concessa piidet ire via). «C'est une honte pour elles que de suivre la route permise. » (Lucain, II, 446.)
P. 109, 1. 24. Au faict de Messalina). Tout ceci est pris de Tacite; voir surtout Annales, XI, xxvi, xxvii.
P. iio, 1. 20. Irarumque aitincs). «Et lâche complètement la bride à sa fureur. >> (Virgile, Enéide, XII, 499.)
P. iio, 1. 21. Jusqucs à tel). Menester, comédien, et Traulus Montanus, chevalier. (Tacite, Annales, XI, xxxvi.)
P. 1 10, 1. 26. Bcllifera mœnera). « Souvent le redoutable dieu des combats, Mars, atteint d'une éternelle blessure d'amour, vient se réfugier dans ton sein... Les yeux fixés sur toi, déesse, il repaît d'amour ses regards avides, il est suspendu à tes lèvres. C'est alors, ô déesse! que le tenant enlacé de ton corps sacré, tu dois répandre sur lui tes douces plaintes. » (Lucrèce, I, 33.) Le texte est celui de l'édition Lambin.
P. III, 1. 6. Rejicit). Tous ces mots que Montaigne « rumine » se trouvent dans la citation de Lucrèce qu'il vient de faire et dans la citation de Virgile qu'on a trouvée plus haut, p. 80, 1. 16.
P. III, 1. 13. Contextus). «Leur discours tout entier est d'une contexture virile, ils ne s'attardent pas à des fioritures.» (Sénèque, ép. 33.) Le texte de Sénèque est : « Non fuerunt circa flosculos occupati; totus contextus illorum virilis est. »
P. III, 1. 20. Pettus est). «C'est le cœur (au sens où nous dirions aujourd'hui c'est le cer\-eau, l'entendement) qui fait l'éloquence. » (Quintilien, Institution aratoire, X, vu, 15.)
P. III, 1. 29. Plutarque dit). Dans la Fie de Dé. mosthène : « Mais moy qui suis habitant en une petite ville, & qui m'y tiens vouluntiers, de peur qu'elle ne soit encore plus petite, pendant que j'estoie en Italie, & dedans Rome, n'ay pas eu le loisir d'estudier & de m'exerciter en la langue Latine, tant pour l'occupation des affaires que j'avoye lors en main, que pour satisfaire à ceulx qui me hantoient pour apprendre de moy la Philosophie : tellement que bien tard, estant ja fort avant au decours de mon aage, j'ai commencé à prendre en main les livres Latins : en quoy il m'est advenu une chose estrange, mais véritable neantmoins, c'est que je n'ay pas tant appris ny tant entendu les choses par les paroles, comme par quelque usage & cognoissance que j'avoye des choses je suis venu à entendre aucunement les paroles. » (i, f° 583 r'\)