‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 388 sur 449 · DES COCHES · texte numérisé non relu

DES COCHES

P. 145, 1. 8. Nainqiie iinam). « Ce n'est pas assez de nommer une seule cause; il faut en dire plusieurs, quoique parmi elles une seule soit la bonne. » (Lucrèce, VI, 704.)

P. 145, 1. 10. D'où vient cette coustiiiiie). Cf. Aristote, ProbJemata, section xxxiii, qusest. 9. On peut voir ce que dit du Verdier sur l'origine de cette coutume. Suite des Diverses leçons, II, ix.

P. 145, 1. 17. // me semble avoir veii en Pliitarqiie). Dans les Causes naturelles : « Pourquo}' est-ce que ceulx qui naviguent sur la mer, ont plus de mal au cœur que ceulx qui naviguent sur les rivières, encore que ce soit par beau & doux temps? C'est pource que ce qui plus cause &: excite le mal de cœur entre les sentimens, c'est l'odorement, &: entre les passions la peur : car si tost que l'appréhension du péril saisit les hommes, ils tremblent de peur, leur poil se hérisse & se dresse, & le ventre leur lasche, là où il n'y a rien de tout cela qui trouble ny travaille ceulx qui naviguent dessus une rivière, parce que l'eau douce & bonne à boire, est familière & accoustumee à l'odorement, & la navigation est sans danger : mais en la mer l'odeur de la marine estrange & non accoustumee les offense, & sont toujours en peur, quelque beau temps qu'il face, ne se fians point à ce qu'ils voyent présent, parce qu'ils ne sçavent pas ce qui leur doit advenir, & pourtant peu ou rien ne leur sert le calme du dehors, estant leur ame en tourmente au dedans, agitée de la peur & défiance, & tire le corps en semblable perturbation. » (xi, f° 636 v°.)

P. 146, 1. 12. Pejus vexabar). «J'étais trop malade pour songer au péril. » (Sénèque, ép. 53.) La leçon

vexabar est donnée en note de l'édition de Bàle 1557; dans le texte on Vit ferebar.

P. 146, 1. 17. Faut-il du courage). Rapprocher Plutarque au début de la comparaison de Thésée et de Romulus : «Hardy de peur» (f" 25 v").

P. 146, 1. 23. Celle qu'Alcibiades recite). Cf. Platon, Banquet : «Profligatis... nostris, ac fuga jam omnium facta, Socrates unà & Lâches pedem referebant. Atque ego cum in hos casu incidissem, bono animo esse jussi, meque nunquam deserturum eos dixi. Hic igitur eo melius aspicere potui Socratem quàm apud Potidœam, quo ipse confisus equo, minus formidabam. Primam igitur intueri licebat, quanta cautione ac pntsenti animo Lachem superaret. Deinde mihi visus est... ibi non aliter quàm hic incedere, superbus, «Se oculis quiète omnia circumlustrans, cauteque examinans singula. Hostes siquidem civesque vicissim respiciehat, oculis & aspectu prœferens, ostendensque vel remotioribus, si quis eum invadat, non esse id impune facturuni. Itaque tute abibat & ipse & aller. Fermé enim qui ita incedunt, nemo eos invadit, sed eos qui effusa fuga deferuntur. » (P. 221; éd. de 1546, p. 439.)

P. 147, 1. 9. Ouo timoris minus est). «D'ordinaire, moins on a peur, moins on court de risques. » (Tite-Live, XXII, x.)

P. 147, 1. 26. Epicurus dict). Cf. Diogène Laërce, Vie d'Épicure : «Eum verô qui semel fuerit sapiens in contrarium habitum transire non posse. » (X, cxvii, 715.)

P. 148, 1. 12. Quand la voile). Rapprocher ce que Montaigne dit dans son Journal de voyage : « Le

ESSAIS DE MONTAIGNE

saniedy dousiesme de Novembre, nous en partîmes au matin, et vinsmes à La Chaffousine, cinq milles, où nous nous mimes homes et bagages, dans une barque pour deus écus. Il a accoutumé creindre l'eau, mais avant opinion que c'est le sul mouvemant qui offence son estomac, voulant essaïer si le mouvemant de cette rivière, qui est equable et uniforme, attendu que des chevaus tirent ce bateau, l'offenseroit, il l'essaïa et trouva qu'il n'y avoit eu nul mal.» (P. 170.) Ailleurs (p. 273) Montaigne s'étonne d'avoir pu faire sans en souffrir un long trajet en coche.

P. 148, 1. 26. En chectin y aiani). Cf. Chalcondyle : « Sur chacun des coches y avoit un rondelier &: mosquettaire, pour\-eu de plusieurs grosses harquebouses toutes prestes à tirer les unes après les autres, sans perdre de temps à recharger, & estoient couverts là dedans d'une pavesade, presque semblable à celle d'une fuste ou galliotte. » (Vil, vu, 468.)

P. 149, 1. 10. Les Roys). Cf. Du Haillant, Histoire des rois de France : «... Depuis Dagobert jusques à Pépin, les Roys .sont seulement Roys de nom... n'avant de Roy rien que la mine & l'accoustrement. Ils se faisoient traîner par pays dedans un chariot traîné par quatre bœufz, se montrant en ce beau triomphe inutiles au gouvernement d'une grande Monarchie. » (II, p. 105.)

P. 149, 1. 12. Mare Aiiloine). Cf. Crinltus, De honesin disciplina : « Marcus Antonius primus, ut inquit Plinins, jugatos leones ad currum junxit civili bello post pugnam Pharsalicam & ab illis vectus est cum Mima Cithrerœda. De Antonlno autem Heliogabalo, qui orbis terrarum... imperator fuit, sic a Lampridio scriptum est : quaternos, inquit, canes ad currum junxit, eoque modo vectatus est. Idem quoque junctis quatuor cervis in publlcum processit : sed & leones conjunxit. Cybelen se appellans, junxit & tygres Liberum patrem se vocans. Habuit gcmmata véhicula, & aurata : atque ut insaniam libidini adliibcrct, junxit ctiam quaternas mulieres, nudusque a nudls pervectus e.st. De Firmo Imperatorc, qui robustlssimus est habitus, & illud ab Aurelio llberto scriptum est, eum fuisse vectum ingentibus strutionibus, adeo ut magis volare, quani gestari videretur : Qua; rcs a ^'opisco etiam refertur. » (XVI, x.)

Pour Marc Antoine, voir Pline, VIII, xvi, et aussi Plutarque, Fie d'Antoine, m; pour Héliogabale, cf. Lampride, Héliogabale, xxvm-xxix; pour Firmus, cf. \'opiscus. Fie de Firmus, vi.

P. 149, 1. 23. Par despences excessives). Pour cette critique de la libéralité chez les princes on peut voir : Castiglione, // Cortegiano, IV, xxxix; Bodin, République, V, IV, vers la fin; Guichardin, Piii consigli, trad. française de A. Délavai (1576), 7'' maxime.

P. 150, 1. I. Le conseil qu'Isocrates). Dans le Discours à Nicoclès : « Ostenta magnificentiam nulla re magni sumptus, statimque peritura : sed tum ils rébus quas diximus, tum instrumenti atque supellectilis ornatu, tum beneficentia in amicos. » (\'I, xix; éd. de 1570, col. 26.)

P. 150, 1. 9. DeniosieniS coiid'at). Dans la IIP olynthienne.

P. 150, 1. 13. D'accuser Tbeophrastus). Cf. Cicéron, De officiis : « Miror, quid in mentem venerit Theophrasto, in eo libro, quem de divitiis scripsit in quo multa pn-Eclare; illud absurde est enim multus in laudanda magnificentia, et apparalione popularium munerum : taliiimquesumptuum facultatem, tructum divitiarum putat. » (II, xvi; t. IV, p. 371.)

P. 150, 1. 15. Dicl Aristole). Id., ibid. : « Quanto Aristoteles gravius &: verius nos reprehendit, qui bas pecuniarum effusiones non admiremur quîe fiunt ad multitudinem deliniendam... in his immanibus jacturis infinitisque sumptibus nihil nos magnopere mirari, quum pra^sertim necessitati subveniatur, neque dignitas augeatur : ipsâque illa delectatio multitudinis ad brève tempus exiguûmque, edque à lessivimo quoque, in quo tamen ipso unà cum satictate memoria quoque moriatur voluptatis. » (II, XV ; t. IV, p. 571.)

P. 150, 1. 20. Le pape Grégoire tresieiue). Cf. Journal de voyage, à la date du 29 décembre 1580 : «Le langage du Pape est italien, santant son ramage Boulognois, qui est le pire idiome d'Italie; et puis de sa nature il a la parole mal aysée. Au demourant c'est un très beau vieillard, d'une moyenne taille et droite, le visage plein de majesté, une longue barbe blanche, eagé lors de plus de quatre-vins ans, le plus sein pour cet cage, et vigoureus qu'il est possible de

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