‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 390 sur 449 · LIVRE III, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VI

P. 1)6, 1. 6. Du bas de cette place). LL, ihid. : «In eo génère tubi sunt sive fistuLx : quiï in inio & summo Amphitheatro dispositn;, eà arte & fine, ut odoratum quemdam humorem ejacularentur leviter, & inspergerent in sedentes. » (xv.)

P. 156, 1. 9. De Vnijnre du temps). Id., ibid. : « Colorata varié vêla ista fuisse, ad ornatum, Lucretius ostendit... Neve quid spectantium à sole infestaretur, vela super eos Serica, ut quidam tradunt, extendit (Cœsar)... Jam Nero purpurea etiam vela suspendit... Ad antennas autem subrectas, funes transversim ligati & extensi; super quos ducta vela... Suetonius in Caio : « Gladiatorio munere, reductis » interdum flagrantissimo Sole velis, emitti quem- » quam vetabat. » (xvii.)

P. 156, I. 14. Quaiiivis non niodico). «Bien qu'un soleil brûlant calcine l'amphithéâtre, on retire les voiles dès que paraît Hermogène. » (Martial, XII, XXIX, 15.) Cette citation est prise chez Juste Lipse, De Amphilbealro, xxu.

P. 15e, 1. 16. Les rets). Cf. Juste Lipse, De Amphitheatro : « Tanta, inquit (Plinius), copia succini invecta, ut retia arcendis feris podium protegentia succino nodarentur. Et Calpurnius... retia illa... format & torquet ex auro. »

P. 156, 1. 18. Anro qiioqne). « Et les rets aussi brillent de l'or dont ils sont tissus. » (Calpurnius, Églogues, VII, 53.) Cette citation est prise chez Juste Lipse, De Amphithéâtre, xii.

P. 15e, 1. 22. Combien ces siècles). Rapprocher ce que Montaigne a dit à ce sujet dans l'essai I, xlix, p. 384, 1. 7, et voir la note.

P. 156, 1. 26. Et toiirnoions). On peut rapprocher Erasme, Adages, un développement sur ce thème : « circulus res mortalium » (au titre : Y'ita hominis misera et brevis).

P. 157, 1. 5. Fi.xere fortes). «Il y a eu bien des héros avant Agamemnon, mais nous ne les pleurons pas et une nuit profonde nous les cache. » (Horace, Odes, IV, IX, 25.)

P. 157, 1. 9. Et supera). «Avant La guerre de Troie et la ruine de cette ville beaucoup d'autres poètes ont chanté d'autres exploits. » (Lucrèce, Y, 327.) C'est certainement par suite d'un lapsus que

l'édition de 1588 porte Trojauum au lieu de Thebanum. Le texte de Lucrèce est :

« Pixterea si nulla fuit genitalis oiigo

» Terrai, & coeli : .sempérquc a;torna fuere :

» Cur supara bellum Thebanuni. & funcra Troj;»:

» Non alias alii quoque rcs cecinere poct.c ? »

P. 157, 1. II. La narration de Soloni. Cf. Platon, Timee, p. 22 (éd. de 1546, p. 702).

P. 157, 1. 14. Si interniinatam). «S'il nous était donné de contempler l'immensité sans bornes de l'espace et du temps, où, se plongeant et s'étendant de toutes parts, l'esprit se promène en tous sens, sans jamais rencontrer une limite qui arrête sa course, dans cet infini nous découvririons un nombre incommensurable de formes. » (Cicéron, De nat. deorum, I, XX.) Voici le texte de Cicéron que Montaigne a modifié d'une fiiçon originale : « Confugitis ad deum cujus operam profecto non desj-deraretis, si immensam & interminatam in omneis partes magnitudinem regionum videretis, in quam se injiciens animus & intendens, ita late longéque peregrinatur, ut nullam tamen oram ultimi videat, in qua possit insistere. » (IV, p. 191.)

P. 158, 1. 9. Jamqne adeo). «Tant, désormais, notre âge n'a plus la même vigueur, ni la terre la même fertilité.» (Lucrèce, II, 1136.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 186.

P. 158, 1. 13. Venim, nt opinor.) «A mon avis, l'univers n'est pas ancien; le monde est d'origine récente, et il n'y a pas longtemps qu'il a pris naissance. C'est pourquoi certains arts se développent encore aujourd'hui et se perfectionnent encore, c'est pourquoi de nos jours l'art de la navigation a beaucoup progressé.» (Lucrèce, \, 331.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 395.

P. 158, 1. 18. Oui nous respond). Le même doute a déjà été exprimé par Montaigne au début de l'essai I, XXXI, p. 264, 1.15.

P. 159, 1. 9. Le jardin de ce Roy). Cf. Lopez de Gomara, Histoire générah des Lndes : « On dit en outre, que les Rois Yngas avoient un jardin en une isle... là où toutes les choses qu'on scauroit mettre en un jardin estoient d'or et d'argent, comme herbes,

ESSAIS DE MON'TAIGXE

iîeurs, et arbres... Il avoir en sa garderobbe des statues d'or en bosse si grandes qu'elles ressembloient à des geans, et les figures estoient tirées au vif. Il avoit aussi de pareille grandeur toutes sortes d'animaux de même matière, comme bestes terrestres, &: oiseaux. Il avoit aussi les arbres & herbes que produisoit son pays, & tous les poissons qui se procréoient, tant en la mer qu'es eaux douces de son Roiaume. » (V, XIII, p. 322 v°.)

P. 159, 1. 23. Le juste estoivieuicnt). Tout ceci est inspiré de Lopez de Gomara (passim). Sur la frayeur que les chevaux inspirent aux Indiens, voir ce que Montaigne a dit dans l'essai I, xlviii, p. 376, 1. 16.

P. 160, 1. 19. Aucuns choisissans). Id., ihid : «Les Indiens moururent en peu de temps de mélancholie, & de faim, parce qu'ils ne vouloient en façon aucune manger de ce que les Espagnols leur présentoient, ains mangeoient plustost des chiens, des asnes, & autres bestes mones qu'ils trouvoient le long des murailles. » (II, vu, f'' 52 v°.)

P. 161, 1. 15. Oui mit jamais à tel pris). Quelques auteurs contemporains s'indignent comme Montaigne des atroces cruautés que les Espagnols exercèrent en Amérique. On peut voir entre autres Juste Lipse, dans le De constantia (1584); Coignet, Instruction aux princes pour garder la foy promise, i, vu, xi. Jean Bodin a protesté contre l'esclavage. Néanmoins, comme l'a bien indiqué M. Gilbert' Chinard (cf. L'Exotisme américain en France au xri' siècle, p. 212), dans notre pays, à la date de 1588, la revendication si vigoureuse de Montaigne était originale, et elle fait grand honneur à Ses sentiments d'humanité. Nous savons qu'il connaissait l'Histoire des Indes de Benzoni lue par lui en 1579; peut-être avait-il eu l'occasion — bien que nous n'en ayons aucune preuve — de voir le pamphlet très particulièrement violent de Barthélémy de Las Casas où la conduite des Espagnols était stigmatisée, et dont une traduction française avait été donnée par Migrode à Anvers (1579). Il est intéressant d'opposer le point de vue de Montaigne à celui de Sepulvida, l'adversaire de Barthélémy de Las Casas, et à celui du dominicain \'ictoria, qui l'un et l'autre avaient pris la défense des Espagnols. 11 n'est pas moins curieux de constater combien son

jugement diffère de celui de son informateur Gomara qui sans doute blâme quelques crimes, mais ne conteste pas dans l'ensemble le droit dont se réclamaient les conquérants.

P. 161, 1. 21. En costoyant la mer). Cf. Lopez de Gomara, Histoire générale des Indes : «En l'an 1509 le docteur Enciso... meit ses gens en terre tant pour faire quelques eschanges avecques les habitans, que pour recognoistre leur langage, & emporter de là quelque montre de la richesse du pays. Aussi il se présenta grand nombre d'Indiens armez avecques deux Capitaines, faisant contenance de vouloir combattre, mais le docteur Enciso leur feit signe de paix, & par le moien d'un truchement que François Pizarre avoit amené d'Uraba, leur feit remonstrer comme lui, & ces compagnons estoient chrétiens Espagnols, gens pacifiques, comme ils avoient longuement floté sur la mer, & qu'ils avoient disette de vivres, & d'or, que pour cette cause il les prioit qu'ils lui en feissent part par eschange d'autres choses de grands prix qu'ils n'avoient point encore veuz. Ils respondirent qu'il pouvoit bien estre qu'ils estoient gens de paix, mais qu'ils n'en avoient point la mine, que ils se retirassent incontinent de leurs pays, parce qu'ils ne pouvoient endurer d'estre moquez d'aucun, & moins supporter les prières, & requestes, que les estrangers ont accoustumé de faire avecques leurs armes en pavs estrange. Enciso répliqua derechef qu'il ne s'en pouvoit aller, si lui-mesme ne parloit a eux. Ce que lui estant accordé, il leur feit un long narré, lequel en somme ne tendoit qu'à leur conversion, et à l'exaltation de nostre foy, & pour leur faire recevoir le baptesme, leur donnant cognoissance, comme il n'y avoit qu'un Dieu seul créateur du ciel, & de la terre, & des hommes : en fin il leur recita comme le Pape, vicaire de Jésus-Christ en tout le monde, à qui estoient absoluëment recommandées les âmes & la religion, avoit donné ces pays à un Puissant Roy d'Espagne son Seigneur, & qu'il en estoit venu prendre possession, qu'il ne les chasseroit point toutefois de là s'ils vouloient se fliire chrestiens, & vassaux d'un Prince si puissant, en paiant seulement quelque tribut d'or tous les ans : ils feirent response en riant, qu'ils trouvoient bon

Page 1