‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 392 sur 449 · DE L INCOMMODITE DE LA GRANDEUR · texte numérisé non relu

DE L INCOMMODITE DE LA GRANDEUR

P. léS, 1. 7. Descendre saris tomber). Rapprocher Sénèque, De tranqiiiUitate animi : « Multi sunt quibus necessario hcerendum sit in fastigio suo, ex quo non possunt, nisi cadendo descendere. » (x, 382.)

P. 168, 1. 8. La resolution de ceux). Allusion à de nombreux moralistes du xvi' siècle : on trouvera chez Ravisius, Cornucopiœ libellus, une liste de contempteurs de la grandeur. Montaigne pense tout particulièrement à Charles-Quint, dont l'abdication en 1556 avait beaucoup frappé les contemporains. Il pense peut-être aussi à Dioclétien, qui abdiqua en 305. Dans son Nicolle Gilles, au folio 58, à propos des refus réitérés qu'oppose Charles d'Albret, comte de Dreux, à l'offre qui lui est faite de la charge de connétable, Montaigne écrit en marge, probablement vers 1564, une note qui nous montre sa curiosité tournée vers la question qu'il traite ici : « Ce sont miracles pour nous; mais lors, ils se voient quelque foës. Le Conétable de Fienes se santant sur l'eage résigna volonterement sa charge. Bertrand du Glesquin la print après lui, mais après l'auoër lontans refusée. Le Sire de Coucy la refusa tout a plat, lors que celui de Clisson fut reculé; &, a son refus, on la donna a Philippe d'Artoës. Et Froissart, chap. 68, vol. 3, dit que Gui de la Trémouille l'auoët aussi refusée, avant le sire de Coucy. » (Cf. Rei'ue d'Histoire littéraire de la France, année 19 13, p. 137-)

P. 169, 1. 9. A l 'opposite de l'autre (de Jules César). Cf. Plutarque, Fie de César : « Auquel voiage Ion dit, qu'en traversant les monts des Alpes, il passa par une petite villette de Barbares habitée de peu

d'hommes, pauvres & mal en poinct, là ou ses familiers qui l'accompagnoient se prirent à demander, en riant entre eulx, s'il y avoit point de brigues pour les estats & offices de la chose publique en ceste ville là, & s'il y avoit point de débats & d'envies entre les principaux pour les honneurs d'icelle, &: Cœsar parlant à certes, respondit : Je ne sçay pas cela, dit-il, mais quant à moy j'aimerois mieux estre ici le premier, que le second à Rome. » (m, f" 426 r°.) Cf. aussi Les dicts notables des anciens Roys, f° 208 r°.

P. 169, 1. 25. La vie de L. Thorius Balbus). Cf. Cicéron {De finibus, II, xx), qui compare Thorius Balbus à Régulus et qui donne hautement l'avantage à ce dernier.

P. 170, 1. 8. Otane:;^, l'un des sept). Cf. Hérodote, III, Lxxxiir; t. I, i" 216 \-'\

P. 171, 1. 4. Deu.v livres escossois). Le dialogue de Buchanan intitulé De jure regni apud Scotos (1579) et le pamphlet par lequel Blackwood répondit à cet ouvrage, Adversus Georgii Buchani dialogum. De jure regni apud Scotos, pro regibus apologia (1581).

P. 171, 1. 5. Le populaire (celui de Buchanan). Il subordonne l'autorité des rois à celle de la loi. La théorie est que la loi ne doit pas émaner du roi, parce qu'un seul homme n'est pas capable de légiférer; plus que tout autre le roi est obligé par la loi qui le dépasse, il doit donner l'exemple de l'obéissance. S'il devient tyran, le tuer est un devoir rigoureux. On retrouve ici les principales idées des pamphlets protestants que la Saint-Barthélémy a suscités; Buchanan se souvient des écrits de ses

coreligionnaires. Il se fait dire par son interlocuteur surpris : « Nescio quibus angustis concludis reges, et in legum prope dicam ergastula conjectis ne liberam quidem orationem permittis. Me autem ex magnâ spe dejecisti. Sperabam enim fore ut rem... inter deos nominesque pulcherrimam vel tua sponte, vel a me admonitus in orationis cursu, in suum splendorem restitueres : quam lu omnibus ornamentis spoliatam in ordinem redegisti : et qui primus in orbe terrarum fuit magistratus, eum angustis circumseptu cancellis prope contemptibilem, nulli certe sano reddidisti optandum. Quis enim sana; mentis non in mediocri fortunâ subsistere privatus malit, quam in perpetuis molestiis aliorum intentus negotiis, su:e rei negligens totum \ixx cursum ad aliénas rationes componere... Xon miror si ad hanc formulam .spectentur reges, olim e pascuis, et ab aratro petitos, qui pnçclarum istum lionorem acciperent. » (P. 20.)

P. 171,1. 5. Le luoiiarchiqne (celui de Blackwood). Cet ouvrage compare sans cesse les rois avec la divinité; il est rempli de formules comme celles-ci : « Regnum divina res est, et reges divini... Quxque agit princeps omnia, numinis instar agere censetur. Qiium admodum in cœlis, nullo neque modo neque fine conclusum numinis imperium est, idque ccelestes animœ sine tergiversatione, sine mora capessunt : sic in terris regnum sui eunda sunt imperia, qua; sine sacrilegio detrectari non possunt, nec popularium suorum judicio, voluntate, lege definiri. »

P. 171, 1. 26. Biisson). Cf. Plutarque, De la tranquillité de l'àiiie et repos de l'esprit : «Alexandre le Grand... estant adverty que Brisson le coureur, auquel il couroit en carrière à qui gaigneroit le pris de vistesse, .s'estoit faint en sa course, il s'en courroucea bien asprement à luy. » (xii, f" 72 v°.) Le même personnage est appelé Crisson dans un autre traité de Plutarque, Comment on pourra discerner le flatteur d'avec l'amy, \\.

P. 171, 1. 28. Carneades disoil). Ll., Comment on pourra discerner le flatteur d'avec l'amy : « Carneades souloit dire, que les enfans des Roys & des riches n'apprenoient rien adroit, qu'à piquer & manier les chevaux, & rien autre chose, pource que le maistre

les flatte aux escholies en les louant, à l'exercice de la lucte celuy qui lucte avec eulx se laisse volontairement tomber dessoubs eulx : mais le cheval ne cognoissant pas qui est le fils d'un homme privé, ou d'un prince, qui est pauvre ou riche, jette par terre ceulx qui ne sçavent pas bien tenir. » (xv, f" 46 r".) Rapprocher La Chassaigne, seigneur de Pressac (beau-frère de Montaigne) : « Quelqu'un des anciens disoit que les Princes et grands Seigneurs n'apprennent jamais à faire rien bien à droict, qu'à estre à cheval, pour ce qu'en tous autres exercices celuy qui les apprend les exalte, en les louant et leur applaudissant mesme en ce qu'ils font mal à propos et de mauvaise grâce : mais quand au cheval, luy qui n'entend rien au mestier de flatterie, et qui ne se donne pas grande peine de la faveur, met aussi tost le prince par terre qu'il ouvre les genoux et lasche la main, que le moindre de ses pages. » (Éd. de 158e, f'- 210 v°.)

P. 172, 1. 2. Homère). Dans V Iliade, chant \'. Plutarque a parlé de cette blessure de Vénus dans les Propos de table, IX, quest. i\'.

P. 173, 1. 2. Le Sénat ordonna). Cf. Tacite, Annales, II, Lxxxiv. Du moins je pense que c'est ce texte que Montaigne a dans l'esprit, mais son souvenir est très inexact.

P. 173, I. 8. Chacun des snyvans d 'Alexandre). Cf Plutarque, Comment on pourra discerner h flatteur d'avec l'amy : «Les familiers... du Roy Alexandre (contrefai-soient) son ply du col... Les flatteurs de Dionysius qui ne voioit presque goutte, s'entreheurtoient les uns les autres, & foisoient tomber les plats de dessus la table, pour dire qu'ils avoient mauvaise veuë. » (viii, f°^ 42 v>' et 43 r".) Pour le premier fiiit, cf. l'essai II, xii, p. 409, 1. i, et la note.

P. 173, 1. 14. Plutarque a vcu). Id., ihid. : « J'en ay cogneu un qui répudia sa femme, pource que celuy qu'il flattoit avoit fait divorce avec la siene, & fut trouvé qu'il alloit secrettcment & envoioit devers elle. ') (viii, f" 43 r".)

P. 173, 1. 19. Flateurs de Mithridales). Id., ihid. : « Le rov Mithridates aimoit l'art de médecine, au nioien dcquoy, il y eut quelques uns de ses f;tmiliers qui lui baillèrent de leurs membres à inciser.

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