LIVRE III, CHAPITRE IX
esse, ubi vita invisa esset mea. Sic me non solum adversus socios gesseram, sed etiam adversus hostes. » (XXVIII, XXVII, 552.) Voir aussi XXXVII, xxv. Montaigne a fait allusion au même fait dans sa lettre à Henri IV datée du 18 janvier 1590 : «Un grand conquerur du temps passé se vante d'avoir doué autant d'occasion à ses enemis subjuguez de l'aimer qu'à ses amis. »
P. 237, 1. 22. Iiiipins). «Un barbare soldat s'emparera donc de ces terres si bien cultivées. » (^'irgile, Ei^log., I, 71.)
P. 238, 1. 7. Oiuiin iiiiscniiii). « Qu'il est triste d'avoir besoin d'une porte et d'une muraille pour protéger sa vie, et d'être à peine en sûreté dans sa propre maison! » (0\ide, Tristes, IV, i, 69.) Le texte est :
« Quam miserr.m est, porta vitani muroque tueii, 1) \'ixque sui tiituni viribus esse loci. »
P. 23S, 1. 13. Tiiin qnoque ciiiii). «Même en temps de paix, nous sommes troublés par la peur de la guerre. » (/i/., ih'ui., III, x, 67.) Le texte est celui des éditions du xvi= siècle.
P. 238, 1. 14. Otiotics pacciu). « Chaque fois que la fortune a rompu la paix, c'est ici le chemin de la guerre. Fortune, tu aurais mieux fait de me fixer en Orient ou de me donner des demeures errantes sous l'Ourse glacée. » (Lucain, I, 256, 57; 251.) Au premier vers Montaigne substitue paccni à Roi/iam.
P. 239, 1. 9. S'il aduemit). Cf. Plutarque, Comiiiciit on pourra recevoir utilité de ses eiiiieinis : « Comme les bons jardiniers ont opinion qu'ils rendent les roses & les violettes meilleures en semant auprès des aulx & des oignons pour ce que tout ce qu'il y peult avoir de forte & puante odeur au suc dont elles sont nourries se purge en ceulx là, aussi l'ennemy recevant & tirant à soy toute l'envie & la malignité, nous rendra plus traictables & plus gracieux envers noz amis en leurs prosperitez. » (x, f'^ 112 v°.)
P. 240, 1. 3. Tain multx). «Tant le crime a pris de formes (parmi nous)! » (Virgile, Géorg., I, 506.)
P. 240, 1. 24. Sacrâtes l'a dict). Cf. essai I, xxvi, p. 204, 1. I.
P. 241, 1. 6. Nature nous a mis au monde). Cf.
Plutarque, Du haunissenient en de l'exil : «Car la nature nous laisse aller par le monde tous libres & desliez, mais nous mesmes nous lions, nous emprisonnons & emmurons, en nous estaignans & rcduisans à peu de petite & estroicte place. Et puis nous nous mocquons des Roys de Perse, de ce qu'ils ne boivent jamais autre eau que de celle de la rivière de Choaspes, & par ceste manière de faire se rendent toute la terre habitable au demeurant stérile d'eau pour eulx. » (v, f" 125 v°.) Cf. aussi Pline, XXXI, ni. P. 241, 1. II. D'estimer une santance). Cf. Platon, Apologie, xxviii, pp. 37 et 38; éd. de 1546, p. 47S. P. 241, 1. 18. N'aiioit gneres mis). Id., Crilou : « Nec spectaculi gratia, urbe unquam egressus es, nisi semel in Isthmum, nec alio usquam nisi in militia, neque aliam fecisti peregrinationem unquam, quemadmodum cœteri soient, neque alterius civitatis te cepit cupiditas aliariimve legum. » (xiv, p. 52; éd. de 1546, p. 485.) Cf. aussi Phèdre, v, p. 230; éd. de 1546, p. 443; et encore Diogène Laërce, Fie de Socrate.
P. 241, 1. 19. // pkignoit l'argent). Cf. Platon,
dans V Apologie, xxviii, p. 38; éd. de 1546, p. 478.
P. 241, 1. 20. Qu'il refusa). Id., Critou, au début.
P. 241, 1. 24. Surpassent la force). Rapprocher
l'essai I, xxx\n, tout entier.
P. 242, 1. I. Connue i'av dict souueni). \'oir en particulier le plan d'éducation tracé par Montaigne dans l'Essai I, xxvi.
P. 242, 1. 6. Je me lien à chenal). Rapprocher I, XLViii, p. 371, 1. 7. Dans le Journal de voyage (éd. Lautrey, p. 41), on constate que Montaigne, malgré une crise de sa colique, fait une traite de dix heures. P. 242, 1. 8. Vires ultra). « Plus que ne le comportent les forces et la santé de la vieillesse. » (Virgile, Enéide, \\, 114.)
P. 242, 1. 10. Car les ombrelles). Rapprocher ce que Montaigne dit dans le Journal de voyage : « A lui vidi il primo di questi cappelli grandi fatti di piume di pavone, coperti di tafetaso leggiero, il buso del capo alto d'un gran palmo, e grosso : e là dentro una scuffia di ermesino seconde la grandezza délia testa accioch' il sole non penetri; e le aie intorno d'un piede e mezzo di larghezza, in iscambio de
ESSAIS DE MONTAIGNE
nostri parasoli che a la verità danno fastidio a portarli a cavallo. » (P. 352.)
P. 242, 1. 13. Coiiie dicl Xenofon). Montaigne fait peut-être allusion à un passage de la Cyropêdic : « iEstate quideni non his satis sunt, neque arborum, neque saxorum umhrie, sed in iiis umbras alias homines molientes eis adstant. ') (Mil, viii; éd.
P. 242, 1. 28. La paresse à me h'uer). Cf. le Journal de voyage : « Il disoit que c'estoit un bon pais pour les paresseux, car on s'y levé fort tard. » (P. 204.)
P. 244, 1. 16. Oui estend seulement son doigt). Cf. Plutarque, Des communes conceptions contre les Slonjues : « Si un sage disent ils (les Stoïciens) estend son doigt sagement, tous les sages qui sont sur la terre habitable en sentent aide. » (xviii, {" 579 v°.)
P. 244, 1. 18. La iouyssance & la possession). Rapprocher Sénèque, ép. 55, à la fin : « amicus animo possidendus est : Hic autem nunquam abest. » L'addition du manuscrit semble elle aussi inspirée par la même épître de Sénèque.
P. 245, 1. 2. .dnte oculos errât). « Devant les yeux j'ai sans cesse ma maison, j'ai sans cesse l'image des lieux que j'ai quittés. » (Ovide, Tristes, III, iv, 57.) Le texte des éditions contemporaines que j'ai consultées porte «ante oculos errât domus, urbs et forma locorum ».
P. 245, 1. 10. E.xcludat iurgia). «Dites un chiffre pour éviter toute contestation, sinon j'use de la latitude que vous me laissez, et, de même que j'arrache crin à crin la queue d'un cheval, je retranche une lieue, puis une autre, jusqu'à ce qu'il ne vous en reste plus et que vous soyez vaincu par la force de mon sorite. » (Horace, Épodes, II, i, 38 et 45.)
P. 245, 1. 19. Rerum natura). « La nature ne nous a pas permis de connaître les bornes des choses. » (Cicéron, Académiques, II, xxix.)
P. 245, 1. 25. Les ensorcelez, de Kareuli). Cf. Saxon le grammairien, Danorum regum herounujue historiae : « Siquidem mares in ea urbe cum feminis in concubitum adscitis, canum exemplo, cohaerere solebant, nec ab ipsis morando divelli poterant. Interdum utrique, perticis e diverso appensi, inusitato nexu ridiculuni populo spectaculum pra^buere. » (Liv. XIV.) Je n'ai
remarqué aucun autre emprunt fait par Montaigne à l'ouvrage de Saxon le grammairien ; peut-être a-t-il trouvé ce fait dans quelque ouvrage de seconde main.
P. 246, 1. 3. Vxor). «Tardez-vous à rentrer, votre épouse s'imagine que vous aimez une autre femme, ou que vous êtes aimé d'une autre femme, ou que vous êtes en train de boire et de vous donner du bon temps, enfin que vous êtes seul à vous amuser, tandis qu'elle se donne beaucoup de peine. » (Térence, Adelphes, I, i, 7.)
P. 246, I. 17. Il viuoit). De ce passage où Montaigne parle de La Boétie sans le nommer, il faut rapprocher l'essai De l'amitié, I, xxviii.
P. 246, 1. 30. Si prohibent les loi.x platoniques). « Ei primum qui pauciores annos quàm quadraginta natus est, nullo modo peregrinari liceat... Primo spectator hujusmodi annos plures quam quinquaginta natus sit... Is ultra sexagesimum annum non amplius vagetur. » (XII, pp. 950 et 951 ; éd. de 1546, p. 900.)
P. 247, 1. 12. Si Cbrysippus). Cf. Plutarque, I^s contredicts des philosophes stotques : «Mais qui est celuy qui soit plus envieilly en telle vie oyseuse que Cbrysippus, que Cleanthes, que Diogenes, que Zenon & Antipater? lesquels ont abandonné leur pais, encore qu'ils n'eussent occasion quelconque de s'en plaindre, ains seulement, à fin qu'ils passassent leur vie plus doucement en repos, & sur le baudrier, comme Ion dit, c'est à dire en plein loisir, à disputer & à estudier. » (F° 561 r".) Voir aussi. De l'exil, xii, f'^ 128 r°.
P. 248, 1. 28. Au rebours de la superstition). Rapprocher Crinitus, De honesta disciplina : <i Quo nomine infœlices inquit Plutarchus eos vulgo solemus vocitare : quorum oculos propter absentiam non potuerint parentes obtegere. » (XVIII, xii.) Tout le chapitre de Crinitus roule sur la coutume de fermer les yeux aux morts chez les Romains; voilà sans doute pourquoi Montaigne parle de superstitions romaines. C'est peut-être d'après Crinitus que cette allégation se retrouve chez divers écrivains du xvi= siècle, en particulier chez Giraldi, De varia sepeliendi rilu (XII, Opéra, de Bàle, 1580; t. I, p. 648.)
P. 249, 1. 19. // faut estendrc). Voir Plutarque, Consolation à Apollonius : « Une ancienne & sage