LIVRE III, CHAPITRE IX
sentence qui nous admoneste d'estendre le plus que nous pourrons les choses bonnes & restreindre les mauvaises. » (xvi, f° 249 v°.)
P. 251. 1. 4. A!!lii;o)i le voiiloil). Cf. Diogène Laërce, Fie de Bioii : « Cùni enim ille sciscitaretur, ede tuum nomen patriam, genus, atque parentes sentiens se vituperatum esse apud regem, atque ideo sic locutum ad illum ait, Pater quidem meus libertus fuit, cubito se tergens (significabat autem iliuni succidam & lardum vendere) Borysthenites génère, non habens faciem, sed in facie scripturam acerbissimi domini, mater autem ex lupanari, nimirum quam hujusmodi ducere potuit. Deinde pater nescio quid in rem publicanorum committens, cum tota domo venundatus est : Me adolescentulum haud ingratum orator quidam émit. Is moriens, mihi omnia reliquit. Ego tabulas ipsius exurens, cunctasque conscindens, Athenas concessi, ibique philosophatus sum. Hujus me esse patris generis me glorior hujus. Ista habui quœ d« me dicerem. Desinant igitur Persœus ac Philonides ea historia; tradere, me autem ex me ipso intuere. » (IV, xlvi-xlvii, pp. 277 et 278.)
P. 252, I. 4. Excuticnda daimts). «Nous livrons à leur examen les plus secrets replis de notre âme. » (Perse, v, 22.) La même citation se trouve dans l'essai II, x, p. 100, où Montaigne l'a effacée après 1588 pour supprimer la répétition.
P. 252, 1. 8. Sentence, que l'vsage). Cf. Plutarque, Comment on pourra discerner le flatteur d'avec l'aniy : « Grâce & utilité accompaignent tousjours l'amitié, suyvant l'ancien proverbe qui dit, que l'amy est plus nécessaire que ne sont les éléments de l'eau & du feu. » (v, f° 41 r°.) Voir aussi Cicéron, De amicitia,\i.
P. 252, 1. 15. Les Indois). Cf. Hérodote, III, xcix. Rapprocher essai I, xxiii, p. 145, 1. 13.
P. 252, 1. lé. En une autre) Id., III, c. Les mêmes faits se retrouvent chez les historiens du xvi' siècle qui parlent de l'Inde, mais l'imparfait employé par Montaigne indique qu'il se réfère à un historien ancien.
P. 255, 1. 4. Celuy qui faisoit csgorger). Le docteur Payen incline à penser qu'il s'agit ici de Louis XI. On lit dans Gaguin (Rernm Gallicariini Annales, X, xxxiii) : « Humano sanguine, quem ex aliquot infantibus sumptum hausit, salutem comparare vehementer
sperabat. » (Texte cité par Michelet, t. VI, p. 492.) Michelet ajoute qu'on rapporte le même fait du pape Innocent \'III, et il renvoie à ce sujet au Diario di infessura.
P. 253, 1. 5. Ou cet autre). Allusion probable à David (cf. le livre des Rois, chapitre I, au début).
P. 253, 1. 28. Je u'oserois h deslaier). Cf. essai I, XX, p. 108, 1. 24.
P. 254, 1. 8. D'ici à cinquante ans). Beaucoup d'écrivains du xvi= siècle sentent l'instabilité de notre langue. Rapprocher Geoffroy Tory, Le champ flcury : « S'il n'y est mis et ordonné on trouvera que de cinquante ans en cinquante ans la langue françoise, pour la plus grande part, sera changée et per\ertie. Le langage daujourdhuy est changé en mille façons du langage qui estoit il v a cinquante ans ou environ. » (Préface.) Voir aussi Des autels : « Tu donnes licence à nostre langue de changer de jour en jour sa prononciation avec son escriture : et ce temps me semble oportun, pour obvier à cette peste, laquelle infecte les plus saines parties de nostre parole : car pource que nous laissons sans reigle, ... a bride avalée courir nostre usage de parler : les plus ignorans ont l'authorité de la gaster. — Voulons nous endurer ceste tant démesurée licence, et ensemble espérer non pas immortalité, mais seulement longue durée de noz œuvres, tant soient elles bonnes? hastons nous, hastons nous d'y mettre ordre. » (Rép. à Meigret, pp. 20-21.) Voir Bmnot, Histoire de la langue française, t. II, p. 129.
P. 254, 1. 25. Fertiin animo). «Mais ces brèves indications suffisent à un esprit pénétrant, et tu pourras découvrir le reste par toi-même. » (Lucrèce,
P. 255, 1. 4. On me l'eust deschire). Montaigne fait allusion à la publication du Contre un, et à la protestation qu'il a fait entendre à la fin de l'essai I,
P. 256, 1. 7. Comme les commourans). Cf. Plutarque, Fie d'Antoine : «Il est vray qu'ilz abolirent celle première bande, qu'ilz avoient nommée la bande de la vie non imitable : mais ilz en remeirent sus une autre qu'ilz appellerent Synapothanumenon, c'est-à-dire la bande de ceulx qui veulent mourir ensemble.
ESSAIS DE moxtaignm:
laquelle en suuiptuosité, despense &; délices, ne cedoit de rien à la première : car leurs amis se faisoient enroller en cette bande des Commourants, &: par ainsi ilz estoient tousjours à fiiire grand chère, pource que chascun à son tour festoyoit la compagnie. » (XV, f" 653 r^)
P. 256, 1. 10. Connue un Pelnmiiis). Cf. Tacite, Annales. : v Xeque tamen (Petronius) prsceps vitam expulit, sed incisas venas, ut libitum obligatas, aperire rursum, & alloqtii amicos, non per séria, aut quibus constantice gloriam peteret. Audiebdtque referentes, niliil de immortalitate anima, & sapientium placitis, sed levia carmina & faciles versus... Ne codicillis quidem (quod plerique pereuntium) Neronem aut Tigellinum,aut quem alium potentium adulatus est. » (XVI, XIX, 325.)
P. 256, 1. 10. Et un TigiHinus). /</., Hisl., I,
LXXU.
P. 256, 1. 25. Vitam régit fort una). «Notre vie dépend de la fortune, non de notre sagesse. » (Cicéron, Tu se, \, IX.)
P. 257, 1. 12. En cette avnniodilii de logis). Rapprocher le Journal de voyage : « Nous en pusmes avoir un à mesme pris que du nostre, au Vase d'or, assez près de là, mublé de" drap d'or et de soie, corne celui des rois; mais outre ce que les chambres y estoint sujettes, M. de Montaigne estima que cette magnificence estoit non sulement inutile, mais encore pénible pour la consers-ation de ces meubles, chaque lict étant du pris de quatre ou cinq çans escus. » (P. 205.)
P. 257, 1. 15. Non aiuplittr). « Un repas où règne non l'abondance, mais la propreté, où se trouve plus d'entrain que de luxe. » La première partie se retrouve chez Juste Lipse, Saturnaliuni sermonuni libri (I, vi), où Montaigne l'a probablement prise; elle est citée par Nonius (XI, xix). La seconde partie est de Cornélius Xépos, Vie d'Atlicus (xiii).
P. 257, 1. 26. Je ne trace aucune ligne). Rapprocher le Journal de voyage : « Quand on se pleingnoit à luy de ce que il conduisoit souvent la troupe par chemins divers et contrées, revenant souvent bien près d'où il étoit party (ce qu'il faisoit, ou recevant l'advertissemant de quelque chose digne de voir, ou
chanjant d'avis selon les occasions), il respondoit, qu'il n'aloit, quant à luy, en nul lieu que là où il se trouvoit, et qu'il ne pouvoit faillir ny tordre sa voie, n'aïant nul project que de se promener par des lieus inconnus; et, pourveu qu'on ne le vit pas retumber sur mesme voie, et revoir deus fois mesme lieu, qu'il ne fai.soit nulle faute à son dessein. » (P. 154.)
P. 258, 1. 6. Cha<]ue usage). Rapprocher ce que Montaigne a dit vers la fin de l'essai II, xii, pp. 337 et suivantes.
P. 258, 1. 7. Soyent des assietes). Rapprocher le Journal de voyage : « M. de Montaigne, pour essayer tout à faict la diversité des meurs et façons, se laissoit partout servir à la mode de chaque païs, quelque difiiculté qu'il y trouvât. Toutefois en Souisse il disoit qu'il n'en soutTroit nulle, que de n'avoir à table qu'un petit drapeau d'un demy pied pour serviette, et le mesme drapeau les Souisses ne le déplient pas sulemant en leur disner, et si ont force sauces et plusieurs diversités de potages; mais ils servent toujours autant de cueillieres de bois, manchées d'argent, come il y a d'homes. Et jamais Souisse n'est .sans Cousteau, duquel ils prennent toutes choses et ne mettent guiere la main au plat. » (P. 90.) Voir aussi ibid., p. 123 : « Il encourut le vice qu'il fuioit le plu.s, de se rendre remercable par quelque façon ennemie du goust de ceus qui le voioient; car entant qu'en lui est, il se conforme et range aus modes du lieu où il se treuve, et portoit à Auguste un bonnet fourré par la ville. » Le conseil de s'accommoder des mœurs et coutumes des pays où l'on est se retrouve en particulier dans le Galateo de Giov. délia Casa, dans le Cortegiano de Castiglione (II, xxii et passim), etc.
P. 258, 1. 9. Vieillissant, j'accuse). Au contraire dans l'essai III, xiii, Montaigne se plaindra que l'âge l'ait assujetti à certaines règles.
P. 258, 1. 19. Retrouuent ils un compatriote). Rapprocher le Journal de voyage : « Nous y fusmes tout le lendemein, et vismes les escoles d'escrime, du bal, de monter à cheval, où il y avoit plus de çant Jantilshomes François, ce que M. de Montaigne contoit à grand incommodité pour les jeunes homes de nostre pais qui y vont, d'autant que cete .société les acoustume aus mœurs et langage de leur nation, et