‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 405 sur 449 · LIVRE m, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE IX

leur otc le moïen d'acqucrir des connoissances étrangieres (p. 164)... M. de Montaigne se fiischoit d'y trouver (à Rome) si grand nombre de François, qu'il ne trouvoit en la rue quasi personne qui ne le saluoit en sa langue (p. 206). »

P. 258, 1. 21. Potirqnoy non barbares). Rapprociier le début de l'essai I, xxxi.

P. 259, 1. 23. Si ciiiii I.uic). « Si l'on me donnait la sagesse, à condition de la tenir renfermée, sans la communiquer à personne, je la refuserais. » (Sénèque, ép. 6.)

P. 259, 1. 25. Si conligcrlt ca nila). «Supposez le sage dans l'abondance de toutes choses, libre de contempler et d'étudier à loisir tout ce qui est digne d'être connu, même dans ces conditions, s'il était condamné à une solitude telle qu'il ne pût voir personne, il quitterait la vie. » (Cicéron, De officiis, I, XLiii.) Le texte est celui de l'édition de Paris 1538.

P. 260, 1. 3. L'opinion d'Architas). Ct. Cicéron, De amicitia : « Signis in cœlum ascendisset, natur.imque mundi & pulchritudinem syderum perspexisset, insuavem illam admirationem ei fore : qu.-E jucundissima fuisset, nisi aliquem cui narraret, habuisset. » (xxiii; t. IV, 405.) Voir aussi Guazzo, Civil conversation, liv. I. Guazzo insiste sur cette idée qu'il n'y a pas de plaisir possible sans compagnie.

P. 260, 1. 7. Aristippns). Cf. Xénophon, Mémorables, II, I.

P. 260, !. 8. Me si fata nieis). «Quant à moi, si le destin me permettait de passer ma vie à ma guise. » (Virgile, Enéide, IV, 340.) Montaigne a rencontré cette citation très légèrement modifiée dans le pamphlet de Blackwood, Apologia pro regibus (épître dédicatoire à la reine d'Ecosse), mais il se réfère directement au texte de Virgile.

P. 260, 1. II. Visere gestiens). « Heureux de visiter les régions où les feux du soleil font rage, et celles des nuages et des frimas. » (Horace, Od., III, m, 54).

P. 260, 1. 16. Pins d'une fois). Exactement deux fois. On lit dans les éphémerides de Montaigne, sous la date du 19 décembre 1584 : «Le roi de Navarre me vint voir à Montaigne, où il n'avait jamais été, et y fut deux jours servi de mes gens, sans aucun de ses officiers. Il n'y souffrit ni essai ni couvert, et

dormit dans mon lit. Il avait avec lui MM. le prince de Condé, de Rohan, de Turenne, de Rieux, de Bethune et son frère, de La Boulaie, d'Esternay, de Haraucourt, de Montmartin, de Montataire, de Le.sdiguière, de Pouet, de Blacons, de Lusignan, de Clervan, de Savignac, du Ruât, de Saliebceuf, de la Rocque (Bénac), de la Roche, de Rous, d'Aucourt, de Luns (de Lons), de Frontenac, de. Fabas, de Vivans et son fils, La Burte, Forget, Bissouze (de Viçoise), de Saint-Seurin, d'Auberville, le lieutenant de la compagnie de Monsieur le Prince, son écuyer et environ dix autres seigneurs couchèrent céans, outre les valets de chambre, pages et soldats de sa garde. Environ autant allèrent coucher aux villages. Au partir de céans, je lui fis élancer un cerf en ma forêt, qui le promena deux jours. » Henri de Navarre visita de nouveau. Montaigne chez lui en 1587.

P. 260, 1. 20. Oiiœ te nunc coqual). « Qui attaché à votre cœur vous consume et vous ronge. » (Ennius, chez Cicéron, De senectute, i). Citation prise sans doute chez Juste Lipse, De constantia, I, \iii. Montaigne modifie d'ailleurs le texte qui est : « Qu;e nunc te coquit et versât sub pectore fixa. »

P. 260, 1. 22. Nunquam simpUciter). « Les faveurs de la fortune ne sont jamais sans mélange. » (Quinte- Curce, IV, xiv.) L'ordre des mots chez Quinte- Curce est un peu différent : « Fortuna numquam simpliciter indulget »

P. 261, 1. 3. Nnlla placida). «Il n'y a de véritable tranquillité que celle que nous devons à la raison. » (Sénèque, ép. 56.)

P. 262, 1. 3. Aller reniiis). « Qu'une de mes rames batte les flots, et l'autre le .sable du rivage. « (Properce, III, m, 23.) Montaigne substitue ;;(//;/ à libi. Voir la même citation dans l'essai I, xvii, p. 427,

P. 262, 1. 6. Donrinus iiouit). «Le Seigneur connaît

que les pensées des sages ne sont que vanité. »

(Ps. 93, 11; et Corinth., I, m, 20.)

P. 262, 1. 12. Ouisqiie stios). «Chacun de nous subit sa peine. » (Virgile, En., VI, 743.)

P. 262, 1. 13. Sic est faciendum). «Nous devons agir de manière à ne jamais contrevenir aux lois universelles de la nature; mais, ces lois sauvegardées,

ESSAIS DE MONTAIGNE

nous devons nous conformer à notre nature individuelle. » (Cicéron, De offîciis, I, xxxi.) Le texte est celui de l'édition de Paris 1538.

P. 262, 1. 24. Porcie. Fille de Caton d'Utique, qui se donna la mort quand elle eut appris celle de Brutus son mari, après la bataille de Philippes. Voir Plutarque, Vie de Brutus (xiv, f° 702 v°).

P. 262, 1. 26. Uu galant homme). Probablement Muret, qui (comme l'a remarqué M. Paul Bonnefon), prononçait le 5 février 1552 un Discours sur l'excellence de la théologie, et, à la fin de la même année, publiait des Juvenilia passablement légères, puis, en 1553, commentait les Amours de Ronsard. On a pensé aussi qu'il s'agissait de Théodore de Bèze qui publia à peu de distance ses Juvenilia et son apologie du supplice de Ser\-et.

P. 265, 1. II. Ariston). Cf. Plutarque, Comment il fauli ouïr : «Et... faut-il faire jugement & examen de la lecture & harengue par soy-mesme & par la disposition en laquelle on se treuve, en considérant s'il y aura aucune des passions de l'âme qui en soit devenue plus molle, ou si elle nous aura rendu quelque ennuv plus léger, si le courage & l'asseurance en est plus ferme, si Ion se sent plus enflammé envers l'honnesteté & la vertu... Car comme dit Ariston, N}' une estuve, ny un sermon ne sert de rien, s'il ne nettoyé. » (viii, f° 27 r°.)

P. 263, 1. 14. Apres auoir aualé). M., ihid. : « La grâce du stile... c'est... ce dequoj' le jeune homme qui escoute se doit soucier le moins, au moins du commencement : je ne dis pas que puis après il ne s'y puisse bien arrester, ne plus ne moins que ceulx qui boivent après qu'ils ont estanché leur soif, alors ils tournent les couppes tout à l'entour, pour considérer & regarder l'ouvrage qui est dessus. » (ix, fo27v».)

P. 263, 1. 18. Xenophon). Diogène Laërce dans la Vie de Xenophon, II, XL\ni, 126, parle de l'amour de Xenophon pour Clinias.

P. 263, 1. 25. Curenlur). «Que les malades en danger fa.ssent appel aux plus grands médecins. » (Juvénal, xiii, 12^.)

P. 263, 1. 26. Antisthenes). Cf. Diogène Laërce, Vie d'Antisthènc : « Sapientem non secundum constitutas

leges victurum, sed juxta virtutis normam. » (VI, XI, 352.)

P. 26-I, 1. i. Diogenes). Id., Vie de Diogène: «Aiebat se objicere fortun.-e quidem confidentiam, naturam legi, perturbationi rationem. » (\\, xxxvni, 367.)

P. 264, 1. 8. La courtisane Lays). Cf. Antoine de Guevara, Épîtres dorées, l, 263, Histoire notable de trois Dames amoureuses : « Un autre jour en présence de Laj's Ion louoit les Philosophes d'Athènes, disant qu'ils estoient fort honnestes & de grand sçavoir : A quov Lays respondit, je ne sçaj^ quel grand sçavoir ils ont, ne la science en laquelle ils estudient, ne quels livres lisent voz Philosophes, pour ce que moy estant femme, & sans avoir esté à Athènes, je les vois venir icy, & de Philosophes deviennent amoureux. » (F° 148 v°.) \'oir aussi Du Verdier, Suite des Diverses leçons (II, vi), qui transcrit textuellement Guevara.

P. 264, 1. 13. Nemo satis). « Tout le monde se croit en deçà des limites permises.» (Juvénal, xiv, 233.)

P. 264, 1. 21. Olle, quid ad te). «Que t'importe, Ollus, comment tel ou telle dispose de sa personne?» (Martial, VII, ix, i.)

P. 265, 1. 19. Hors de saison). Cicéron lui reproche aussi quelquefois de parler comme .s'il opinait dans la Rèptd'lique de Platon, et non dans la lie de Romulus : « Dicit enim tanquam in Platonis zo/.'.-reia, non tanquam in Romuli fvece, sententiam. » (Epîtrc à Atticus, II, i.)

P. 266, 1. I. .^ quelqu'un de nos Roys). Peut-être s'agit-il de Charles Mil qui restitua le Roussillon à Ferdinand de Castille sur les représentations de son confesseur Maillard. Cette hypothèse est de AL Lapeyre, l'un des correspondants du docteur Payen. D'autres ont pensé que Montaigne fait allusion à Henri II qui aurait cédé aux instances du cardinal de Lorraine lorsqu'il persécuta les protestants. Dans l'essai I, xxvii, Montaigne a employé l'expression «nos annales» (p. 23.^, 1. 27) pour désigner les Annales de Nicole Gilles. Je ne pense pas qu'ici il fasse allusion au même ouvrage.

P. 266, 1. 4. Exeat aula). « Il faut quitter la cour si l'on veut rester juste. » (Lucain, \'III, 493.)

P. 266, 1. 6. J'ay antresfois). Rapprocher e.s.sai III, 1, pp. 1 5 1 et suivantes.

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