‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 406 sur 449 · LIVRE III, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IX

P. 266, 1. 17. Platon dici). Dans la Rcpiibliquc : « Certo enim id scito, quisquis immaculatus & intea;er ex hac constitutione rerum publicarum evaserit, talem divino auxilio evasisse. » (M, p. 492; éd. de 1546, p. éo6.)

P. 266, I. 18. Et dict aussi). Id., ibid. : « SeJ earam quœ nunc extant rerum publicarum quam potissimuQî philosophis convenire putas ? Nullaui prorsus, atque idcirco conqueror, quia nullam video ex his quc-E nunc extant rerum publicarum institutionem ingenio pliilosophi dignum. Qiiamobrem mutari hanc naturam ac verti necesse est. Utque peregrinum semen in alienum solum jactum debilitatur, ac degenerans ad indigenam vertitur loci seminisque naturam : ita & hoc genus propria nunc amissa virtute, in alienam speciem permutatur. » (VI, p. 497; éd. de 1546, p. 608.)

P. 267, 1. 4. At tu, Catulkd). « Mais toi, Catulle, persévère dans ton obstination. » (Catulle, viii, 19.) On lit habituellement :

c< .\t tQ, Catulle, destinatus obdura. »

La leçon que Montaigne adopte a été proposée par Turnèbe dans ses Adversaria (XX, xxi). Je pense que c'est là que Montaigne l'a prise, car elle n'a été, à ma connaissance, adoptée dans aucune des éditions de Catulle.

P. 267, 1. 19. One Sacrales ait). Cf. Platon, Gorgias : «Cum... oporteret me computare suffragia, & ad consilium referre, concitavi risum, quia facere id nescivi. » (xxix, p. 474; éd. de 1546, p. 348.)

P. 267, 1. 26. Saturninits). Cf. Crebellius Pollion, Triginta tyranni : « Commilitones, bonum ducem perdidistis, et malum principem fecistis. » (xxiii.)

P. 268, 1. 24. J'ayiiierois bien à voir). Montaigne aurait pu l'y voir : car il est probable que l'auteur, peut-être moderne, d'où il avait tiré ceci, voulait parler de Cotys, roi de Paphlagonie, lequel n'ayant pas voulu se fier au roi de Perse qui lui offrait son amitié, alla, sans rien craindre, dans le camp d'Agésilas, sur sa parole. (Voir Xénophon, Agesilas, m et IV.)

P. 269, 1. 9. Egregium). « Vois-je un homme

intègre et vertueux, c'est un monstre pour moi, comme serait un enfant à deux tètes, des poissons qu'un laboureur ébahi trouveroit sous le soc de la charrue ou bien une mule féconde. » (Juvénal, xiii, 64.) Le texte est conforme à celui des éditions du XVI' siècle.

P. 269, 1.25. Oitù diuersus). « Où vas-tu t'égarer? » (Virgile, Enéide, V, léé.)

P. 270, 1. I. Tel dialogue de Platon). Le Phèdre.

P. 270, 1. 6. L'Aiidrie. Traduction du titre que Térence donne à une de ses comédies Andria. Nous disons aujourd'hui VAndrienne. — L'Ennitche (Eimnclms), est le titre d'une autre comédie de Térence.

P. 270, 1. 7. Sylla). Cf. Plutarque, Fie de Sylla : « Il (le visage de Sylla) estoit fort coupperosé & semé de taches blanches par endroits, dont on dit que le nom de Sylla luy fut imposé à raison de sa couleur. » (i, f° 316 V.) En note dans la marge Amyot ajoute : « C'est pource que syl en latin signifie l'ochre qui devient rouge quand elle est mise au feu : & pourtant, Syllaceus color, en ^'ictruve, signifie couleur de pourpre. »

P. 270, 1. 7. Cicero). Id., Vie de Ciccron : « Bien me semble il que le premier de celle race qui fut surnommé Cicéron fut quelque personnage notable, & que, pour l'amour de luy, ses descendans ne rejetterent point ce surnom, ains furent bien aises de le retenir, encore que plusieurs s'en mocquassent, pource que Cicer en langage latin signifie un poy chiche, & celuy là avoit au bout du nez, comme un poireau, ou une verrue, qui sembloit proprement un pov chiche, dont il fut pour cela surnommé Cicéron. »

P. 270, 1. 7. Torquatiis). Surnom de Manlius qui vient du mot latin torquis (collier). Ce surnom lui fut donné en souvenir d'un collier que dans un combat singulier il enleva à un Gaulois. Cf. Tite- Live, VII, x; Aulu-Gelle, IX, xiii.

P. 270, 1. 8. C'est un'art). Cf. Platon, VIon.

P. 270, 1. II. Dœmon de Sacrâtes). Titre d'un traité des Œuvres morales.

P. 271, 1. 5. Dict Platon). Dans les Lois : « Poetani quando in Mus;ç tripode sedet, non esse mentis compotem, sed quasi fontem fluere, & qua:cumque

ESSAIS DE MOKTAIGNE.

influunt, prorsus effundere. Ciimque ars ejus imitatio quaidam sit, & contrarios affectus hominum exprimat, saepe cogi poetam sibi ipsi contraria dicere, neque scire utrum hxc an illa vera sint. » (IV, p. 719; p. 793, éd. de 1546.)

P. 271, 1. 9. Disent les sçaiians). Montaigne tait sans doute allusion à ce que dit \'arron d'après la Cite de Dieu de saint Augustin, VI, iv et suivants.

P. 271, 1. 16. Nihil est). « Il n'y a rien de si utile qui puisse être utile en pa.ssant. » (Sénèque, ép. 2.) Le texte est : « Niliil tam utile est quod... »

P. 271, 1. 22. Maiico malc). «Pas si mai! c'est toujours autant de gagné. »

P. 272, 1. I. Ariitolc se vante). Cf. Aulu-Gelle, XX, IV ; Plutarque, Vie d'Ah.xamire, 11, f° 466 v''. Voir aussi essai II, xii, p. 296, 1. 11.

P. 272, 1. 20. Le tombeau de cette ville). Rapprocher le Journal de voyage : « Il disoit qu'on ne voïoit rien de Rome que le Ciel sous lequel elle avoir esté assise et le plant de son gite; que cete science qu'il en avoit estoit une science abstraite et contemplation, de laquelle il n'y avoit rien qui tumbat sous les sens; que ceus qui disoint qu'on y voyoit les ruines de Rome, en disoint trop : car les ruines d'une si espouvantable machine rapporteroint plus d'honneur et de révérence a sa mémoire; ce n'estoit rien que son sépulcre. Le monde ennemi de sa longue domination, avoit premièrement brisé et fracassé toutes les pièces de ce corps admirable, et parce qu'encore tout mort, ranversé, et desfiguré, il lui faisoit horreur, il en avoit enseveli la ruine mesme. Que ces petites montres de sa mine qui paressent encores au dessus de la bière, c'étoit la fortune qui les avoit conser\-ées pour le tesmoingnage de cete grandur infinie que tant de siècles, tant de fus, la conjuration du monde réitérée à tant de fois à sa ruine, n'avoint peu universelemant esteindre. Mais qu'il estoit vraisemblable que ces mambres dcsvisagés qui en restoint, c'estoint les moins dignes, et que la furie des ennemis de cete gloire immortelle, les avoit portés, prcmicrcmant, à ruiner ce qu'il y avoit de plus beau et de plus digne; que les bastimans de cete Rome bastarde qu'on aloit asteure atachant à ces masures antiques, quoi qu'ils eussent de quoi ravir en admiration nos

siècles prcsans, lui faisoint resouvenir propremant des nids que les moineaus et les corneilles vont suspendant en France aus voûtes et parois des églises que les Huguenots viennent d'y démolir. Encore creignoit-il à voir l'espace qu'occupe ce tumbeau, qu'on ne le reconnut pas tout, et que la sépulture ne fut elle-mesme pour la pluspart ensevelie. » (P. 220.) P. 273, 1. 9. Arccsilaus). Cf. Plutarque, Comment on pourra discerner Je flatteur d'avec l'amy : «Tel a esté le philosophe Arccsilaus, tant en autres offices qu'en cestuy cy qu'il feit à l'endroict d'un sien amy nommé Appelles, natif de l'isle de Chio : un jour qu'il estoit malade l'estant allé veoir, & ayant cogneu qu'il estoit pauvre, il y retourna un peu après portant en sa main vingt drachmes d'argent, qui sont environ trois francs & demy, 6c se séant auprès de luy qui estoit en son lict : Il n'y a rien icv, luv dit-il, sinon les éléments d'EmpedocIes,

L'eau, & le feu. I.i terre &: l'air mobile,

& si tu n'es pas bien couché à ton aise : &: quant & quant en luv remuant son aureiller, secrettement il luv meit ce peu d'argent dessoubs. » (xx, f" 48 v°.) Après 1588, Montaigne corrige d'après le texte de Diogène, Vie d'Arcesilas : « Ingressus aliquando ad Ctesibium œgrotum, vidensque eum inopia rerum angustari, plénum nummis sacculum ciàm ejus pulvino subjecit. » (IV, xvii, 271.)

P. 273, 1. 25. Esi ce par nature). Cf. Cicéron, De finilms : « Xaturdne nobis hoc... datum dicam, an errore quodam ut quum ea loca videamus, in quibus memoria dignos viros acceperimus multum esse versatos, magis moveamur, quàm si aut eorum ipsorum aut facta audiamus, aut scriptum aliquod legamus. » (\', i; t. IV, 91.)

P. 274, 1. I. Tanla uis). « Tant est grande la puissance d'évocation des lieux!... Et cette ville la possède à un degré éminent, car partout où l'on marche on met le pied sur de l'iiistoire. » (/</., ibid., V, i et 11.) La seconde phrase est, dans le texte de Cicéron : « Quanquam id quidem infinitum est in hac urbe : quacumque enim ingredimur, in aliquam historiam vestigium ponimus. « (IV, p. 91.)

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