LIVRE 111, CHAPITRE X
de pauvreté d'ànie et pauvreté des biens que Montaigne oppose ici, se trouvent chez Plutarque, Œuvres morales, f" 97 r".
P. 287, 1. 21. Kaiii si, qiiùd). « Car si rhomme se contentait de ce qui lui suffit, je serais assez riche; mais puisqu'il n'en est pas ainsi, comment supposer que des richesses, quelque grandes qu'elles soient, puissent jamais me satisfaire ? » (Lucilius, lib. Y, apud Nonium Marcellum, v, 98.) J'ignore où Montaigne a pris cette citation.
P. 287, 1. 24. Sacrales, voïant). Cf. Cicéron, Tiisciilancs : « Quam multa non desidero. » (V, xxxii.)
P. 287, 1. 26. Metrodonts). Cf. Sénèque, ÉpiSres : « Et quidem gloriatur (Epicurus) non toto asse se pasci : Metrodorum, qui nondum tantum profecerit, toto. » (Ép. 18.)
P. 287, 1. 27. Metroclex^). Cf. Plutarque, One k vice seul est suffisant pcnir rendre l'homme malheureux : « Metrocles... l'hyver dormoit parmy les moutons, & l'esté dedans les cloistres & portiques des temples. » (IV, f" 137 v°.)
P. 287, 1. 28. Siifficit ad id natiira). « La nature pourvoit à ses exigences. » (Sénèque, ép. 90.)
P. 287, 1. 29. Cleaiithes uiuoit). Cf. Diogène Laérce : Vie de Cleanthe : « Num solum haurio ? Nunquid non fodio & rigo... Zeno enim illum ad id exercebat, jubebatque obolum sibi ex labore afferre... dicens Cleanthes quidem Cleanthum alium posset nutrire, si vellet. » (\'\\, 169 et 170, pp. 502 et 503.)
P. 288, 1. 5. Qu'il eschappe la prise). Rapprocher Sénèque, Épîtres : « Ad id se deduxisse quod eripere nuUa fortun:t iniquitas possit. » (Ep. 18.)
P. 288, 1. 19. Ouo mihi foriuna). «A quoi bon la fortune s'il ne m'est pas possible den jouir?» (Horace, Epîtres, I, v, 12.)
P. 289, 1. 12. Des dix iours du pape). Grégoire XIII qui, en 1582, fit réformer le calendrier par Louis Lilio, Pierre Chacon, et surtout Christophe Clavius. En France, on passa subitement du 9 au 20 de décembre 1582. Montaigne avait déjà parlé de cette réforme avant 1588. (Cf. III, xi, p. 308, 1. i.)
P. 290, 1. 8. La carrière de nos désirs). Rapprocher Sénèque, De tranquilUtate animi : «Non sunt... cupiditates in longinquum mittendse, sed in vicinum
illis egredi pcrmiltamus, quoniam includi ex toto non patiuntur. » (x, p. 282.)
P. 290, 1. 17. Mmtdus vniuersus). «Le monde entier joue la comédie. » C'est un fragment de Pétrone, conservé par Jean de Salisbur}-, Policratic, III, viii, où on lit : Totus mundus exercer histrionem, ou histrioniam. Montaigne a pris cette citation dans le De ccnstanlia de Juste Lipse, I, vni, où elle présente le même texte que dans les Essais. Peut-être le De constaiitia a-t-il eu quelque influence sur cet essai. L'idée principale de Juste Lipse est qu'il faut être touché des maux publics, mais avec modération, en évitant l'excès. On a tort de voir dans une extrême sensibilité aux malheurs de la patrie une grande vertu. (Cf. surtout I, viii, et I, xi.) C'est le point de vue de Montaigne.
P. 290, 1. 28. Tantum se fortunœ). « Ils s'abandonnent à leur haute fortune au point d'en oublier la nature. » (Quinte-Curce, III, 11, 18.) Le texte de Quinte-Curce est : «Documentum eris posteris, homines, cum se permisere foitunœ, etiam naturam dediscere. »
P. 291, 1. 20. Keque e.xira). «Et, hors les nécessités de la guerre, je ne nourris aucune haine capitale.»
P. 291, 1. 22. Utatur t)wtu). « Que celui-là s'abandonne à la passion qui ne peut suivre la raison. » (Cicéron, Tusc, IV, xxv.) Dans l'édition de 1595 et dans la vulgate, cette citation ne figure point à cette place, mais dans l'essai III, i, après les mots « leur debuoir par la raison simple » (p. 4, 1. 20 de notre édition). Les idées exprimées dans l'essai III, I, pp. 4 à 6, sont à rapprocher de celles que nous trouvons ici.
P. 292, 1. 2. No}i tain omnia). « Ils ne s'accordaient pas tous à blâmer l'ensemble, mais chacun critiquait les détails qui l'intéressaient personnellement. » (Tite-Live. XXXIV, xxxvi.)
P. 292, 1. 8. Il admire la grâce). Du Vair également unissait à la fidélité au roi une certaine admiration pour le duc de Guise. Cf. Radouant {Du Vair, 1908, p. 186); on retrouve les mêmes sentiments chez Pasquier {Lettres, II, p. 807).
P. 292, 1. 12. Un hérétique). Théodore de Bèze. (Cf. II, XVII, p. 448, 1. 18.) Dans le Journal de voyage
ESSAIS DE MOXTAIGXE.
on constate qu'il lui fut reproché à Rome « d'avoir nommé des Poètes hœretiques ». (P. 250.) Montaigne répondit que « c'eioit son opinion, et que c'etoit choses qu'il avoit mises, n'estimant que ce fussent erreurs ». (P. 250.) Il n'effaça pas le nom de de Bèze dans les éditions suivantes.
P. 292, 1. 19. // affecta depuis la Roxaiité). Cf. Tite- Live, VI, XVIII, p. 191.
P. 294, 1. 12. Se moqua quelqu'vn). Cf. Plutarque, Les dicts notables des Laeeda-iiumieiis : « Un autre Laconien regardant Diogenes le philosophe Cynique au cœur d'hiver qu'il geloit à pierres fendant, embrassant tout nud une statue de bronze, luy demanda s'il avoit pas grand froid, l'autre luy dit que non : quelle grande merveille fais tu donc? » (F° 223 v".)
P. 294, 1. 23. Le Roy Cotys). Cf. Plutarque, Les dicts notables des anciens Roys : « Et pourautant qu'il estoit prompt à se courroucer, & aspre à punir ses serviteurs domestiques, quand ils avoient faillv en leurs services : comme un sien amy chez lequel il estoit logé, lui eust fait présent de plusieurs vases & vaisselles de terre fort tenues & aisez à rompre, mais au demourant singulièrement bien ouvrez & labourez, il donna bien de riches dons à celuy qui les luy avoit présentez, -mais il les rompit & cassa tous entièrement, de peur que par une soudaine cholere il ne chastiast trop aigrement ses serviteurs qui viendroient à les rompre. » (F" 189 r°.)
P. 295, I. 12. Melius non incipient). «Ils auront moins de peine à ne pas commencer qu'à s'arrêter. » (Sénèque, ép. 72.)
P. 295, 1. 19. Veliit riipes). «Tel un rocher qui s'avance dans la haute mer; exposé à la fureur des vents et des flots, il brave les menaces et les efforts conjurés du ciel et de la terre, et reste lui-même inébranlable.» (Virgile, En., X, 693.)
P. 296, 1. I. Zenon). Cf. Diogène Laërce, V-ie de Zenon : « Cùm esset autem in amasium Chremonidem affectus, ipso & Cleanthe assistentibus surrexit, cùmque admiraretur Cleanthes, ait, & medicos audio dicentes, praeclarum esse ad tumores quosque remedium quietem. » (VII, xvii, 418.)
P. 296, 1. 4. Sociates ne dit point). Cf. Xénophon, Mémorables : « O stulte... non existimas formosos
osculando quiddam inhgere... ! an nescis id animal quod appellant pulchnim ac formosum... hoc verô ne quidem tangens, si modo spectetur, infigat etiam longo ex intervallo aliquid ejusmodi quod insanire faciat?... Quamobrem... tibi consulo ut uhi formosum videris, averso vultu fugias. » ( I, m, 13.)
P. 296, 1. 8. Son ban disciple). Xénophon, dans la Cyropédie : « Hanc (Abradate uxorem)... Cyrus tuendam jubebat Arasps, donec ipse eam reciperet... Quoniam, ait (Cyrus), si nunc dum abste audio eam esse pulchram, sententiam tuam sequens eam visurus iero, cum neque satis mihi ocii sit, vereor ne longé celerius illa persuadeat mihi item, ut se rursus spectaiurus accedam, & exhinc fortassis his neglectis quas gerere me oportet, sedeam illam spectans. » (V,
P. 296, 1. 12. Nenos indncas). «Ne nous induisez pas en tentation. » (Saint Mathieu, VI, xiii.) Cette phrase fait partie de l'Oraison dominicale.
P. 297, 1. 3. In tam diuersa). Montaigne a traduit ces vers avant de les citer. On rapproche dans le Franciscanus de Buchanan :
<- Quam venîi violensque .vstus canusque magister » In diversa trahunt. »
(Vers 13 et 14). Édition des Epigrannnes de Théodore de Bèze, Buchanan, etc., 1569, p. 3.
P. 297, 1. 12. Un quart d'once). Rapprocher Rabelais, Prologue du quart livre, à la fin : « Attendez encores un peu avec demie once de patience. »
P. 297, 1. 17. Qui n'arrête le partir). Rapprocher Sénèque, Épîtres : « Facilius est initia illorum prohibere, quam impetum regere. » (Ep. 85, p. 195.)
P. 297, 1. i8. Qui ne sçait leur jernier). Cf. Sénèque, Épitres : « Excluditur facilius quam expellitur (vitium)... Intrantihus resistamus, quia facilius, ut dixi, non recipiuntur quàm exeunt... Non obtinebis ut desinat, si incipere permiseris. » (Ep. 116, p. 27e.) Rapprocher encore l'épître 85 : « Cum facilius sit excludere, quam admissa comprimere. » (P. 196.)
P. 297, 1. 19. Qui ne peut uenir). Id., ibid. : «Cujus démentis est credere^ quarum rerum extra nostrum arbitrium posita principia sunt, earum nostri esse arbitrii terminos ? Quomodo ad id finiendum satis