‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 410 sur 449 · LIVRE m, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE X

valeo, ad quod prohibeiiduni parum valui ? « (Ép. 85, p. 196.)

P. 297, 1. 21. Etcnim ipsx). «Car d'elles-mêmes les passions se poussent quand une fois on s'est écarté de la raison; la faiblesse humaine se fie en elle-même, elle s'avance en pleine mer sans y penser, et ne trouve plus de refuge où s'arrêter. » (Cicéron, Tusctilanes, IV, xvm.)

P. 297, 1. 25. Animus). « L'àme, bien avant d'être vaincue, sent venir l'attaque. »

P. 297, 1. 26. Ceii flamina). «Ainsi lorsque le vent, faible encore, s'agite dans la forêt; il frémit, et ses sourds mugissements annoncent au nautonier la tempête prochaine. » (Virgile, En., X, 97.)

P. 298, 1. 4. Conuenit). « On doit, pour éviter les procès, faire tout ce que l'on peut, et peut-être même un peu davantage; car il est non seulement louable, mais aussi quelquefois avantageux de se relâcher un peu de ses droits. » (Cicéron, De officiis, II, xviii.) Le texte est celui de l'édition de Paris 1538; Montaigne change seulement le temps et le mode des verbes.

P. 298, 1. 23. D'une charretée de peaux). Cf. Comines, V, i. Peut-être Montaigne se souvient-il surtout de la République de Bodin oii l'idée qu'il exprime ici est longuement développée : « Quelquesfois de la moindre occasion, coaime d'une estincelle, s'embrase un grand feu de guerres civiles : comme il advint à Florence, pour le refus que fit un gentilhomme de la maison de Bondelmonti d'espouser une damoiselle, ayant donné la promesse... La guerre entre le duc de Bourgogne & les Suisses print origine pour un chariot de peaux de moutons qu'on print à un Suisse. » (I\', i); pour la même idée, voir encore IV, vu.

P. 298, 1. 23. L'engraueure d'vn cachet. Il s'agit d'un cachet que Sylla fit graver à la mémoire des succès qu'il avait remportés sur Jugurtha, cachet qui excita la jalousie de Marius, et qui fut cause de leur rivalité : « Luy mesme (Sylla) feit faire un anneau qu'il portoit ordinairement, sur la pierre duquel il avoit fait engraver, comme Bocchus luy delivroit Jugurtha entre ses mains : & depuis il en feit tousjours son cachet pour faire despit à Marius, qui

estoit homme ambitieux, opiniastre, & qui ne pouvoir endurer qu'on luy baillast un compagnon à la gloire de ses faicts, & le faisoit Sylla principalement à la suscitation des ennemis & malveillans de Marius, lesquelz attribuoient le commencement & les principaux exploits de ceste guerre à Metellus, & les derniers avec la consummation finale à Sylla. » (Plutarque, Vie de Marius, m, f° 288 r°.)

P. 299, K 12. Au rebours du roseau). Cf. Plutarque, Comment on pourra aparcevoir si l'on amende et profite en l'exercice de la vertu : «Tout ainsi comme la première bouttee que fait le germe du rouseau aiant force de poulser grande, produit une longue tige droicte, égale & unie du commancement... et puis après comme si elle se lassoit en hault par une défaillance de courte haleine, elle est souvent retenue par plusieurs noeuds, non gueres distans l'un de l'autre, comme si l'esprit qui poulse contremont trouvoit quelque empêchement qui le rabbatist & le fist trembler. » (iv, f° 114 r°.)

P. 300, 1. 5. Comme Plutarque dict). De la mauvaise honte : « Aians eu honte de contredire à un amy, qui leur demandoit de l'argent, bien tost après ils sont contraincts de rougir à bon escient pour estre convaincus de n'en avoir point... Et y en a plusieurs que ceste honte aiant forcez de faire quelque promesse desavantageuse du mariage ou de leur fille ou de leur sœur, sont contraincts puis après de faillir de promesse pour avoir changé d'advis. » (viii, f''79r°.)

P. 300, 1. 12. Disoit Bias). Cf. Diogène Laërce, Vie de Bias : « Si quid agere instituis, lente id aggredere : cjeterum in eo quod elegeris, firmiter persiste.» (I, Lxxxvn, 70.)

P. 301, 1. 12. Abscinduntur j'acilius). «Il est plus fitcilc de les arracher de l'àme que de les tenir en règle. »

P. 301, 1. 15. La moyenne région). Rapprocher essai I, Liv, 403.

P. 301, 1. 19. Fxlix qui potuit). «Heureux qui peut pénétrer les causes des choses, fouler aux pieds toutes les craintes, la croj'ance à l'inexorable destin et tout le bruit qu'on fixit autour de l'avare Achéron; heureux aussi celui qui connaît les dieux champêtres.

ESSAIS DE MONTAIGNE

et Pan, et le vieillard Sylvain, et les nymphes sœurs. » (Virgile, Géorg., II, 490.)

P. 301, 1. 24. Les naissances sont foihks). Rapprocher U, .x.xxvi, p. 78, 1. 13.)

P. 302, 1. 3. Jure perlmmii). «C'est avec raison que j'ai eu en horreur d'élever la tête et d'attirer de loin les regards. » (Horace, Odes, III, xvi, 18.)

P. 302, 1. 12. Ciim setnper nattira). « De tout temps calme par nature, et plus encore à présent, par l'effet de l'âge. » (Q. Cicéron, De petitione consitlatûs, chap. 11, à la fin.)

P. 303, 1. 22. Neqne siimmissaiu). « .\ussi éloigné de la bassesse et de l'abjection que de l'orgueil. » (Cicéron, De officiis, I, xxxiv.) Xo'ici le texte de Cicéron : « Privatum oportet îequo et pari cum civibus jure vivere, neque submissum et abjectum, neque se efferentem. »

P. 303, 1. 30. Qui nous oigneni). Pour l'opposition des mots oignez et poignez, Montaigne se souvient sans doute du dicton populaire :

« Oignez vilain, il vous poindra; » Peignez vilain, il vous oindra. »

P. 304, 1. 5. Ainsi faisoyent). Cf. Plutarque, Comment on pourra discerner Je flatteur d'avec l'ami : « Cela n'est pas fait en amy, mais en Sophiste, qui ne quien que l'apparence, & veult chercher sa gloire es faultes d'autruy, pour en faire ses monstres devant les assistans : comme les chirurgiens qui font les opérations de leur art en plein théâtre, pour avoir plus de prattique. » (xxxii, f° 53 r".)

P. 304, 1. II. On disait à Alexandre). Id., Vie d'Alexandre : « Toutes les fois qu'il venoit nouvelles que son père avoit pris aucune ville de renom, ou gaigné quelque grosse battaille, il n'estoit point fort joyeux de l'entendre, ains disoit à ses egaulx en aage : Mon père prendra tout, enfans, & ne me laissera rien de beau ny de magnifique à faire & à conquérir avec vous. Car n'aimant point la volupté, ny l'argent, ains la vertu & la gloire, il estimoit que tant plus son père luy laisseroit de grandes & glorieuses conquestcs, tant moins il luy demoureroit de bien faire par luy mesmc, & pourtant voiant que Testât de son père & son empire alloit croissant tous

les jours de plus en plus, il cuidoit que tout ce qu'il avoit de beau à faire au monde se deust entièrement consumer en luy, & aimoit mieulx recueuillir de luy une seigneurie, ou il y eust occasions de grosses guerres, de grandes battailles, & force matière de se faire honneur, que non pas de grands trésors, des délices, ny de grands moiens de vivre à son plaisir. » (II, f° 465 v°.)

P. 304, 1. 15. Alcihiades, en Platon). Voir le Premier Alcihiade vers le début, où cette idée est longuement développée par Socrate.

P. 304, 1. 24. Comme cet antien). Cf. Plutarque, Comment on pourra aparcevoir si l'on amende et profite en l'exercice de la vertu : « Comme celuy qui appelloit sa chambrière en sa maison, & crioit tout hault, Dyonysia, regarde comment je ne suis plus glorieux ne superbe : aussi celuy qui a fait quelque chose honeste & vertueuse, & puis la va conter & la porte monstrer par tout, il est tout évident que celuy là regarde encore dehors, & est tiré de la convoitise de vaine gloire & n'a point encore veu à nud & au vray la vertu. » (x, f" 116 r°.)

P. 305, 1. 3. Non nohis, Domine), a Ce n'est pas à nous. Seigneur, ce n'est pas à nous, mais à ton nom qu'il en faut rapporter la gloire. » (Psaume 113,

P. 305, 1. 8. Le marbre esleiiera). Montaigne remarque qu'à Vérone « ils n'ont pas faute d'inscriptions; car il n'v a rabillage de petite goutiere, où ils ne facent mettre, et en la ville et sur les chemins, le nom du Podesta et de l'Artisan. » (P. léi.)

P. 305, 1. 1^. Selon les Stoïciens). Cf. Plutarque, Des communes coiurptions contre les Stoïijues : « Si dit encore Chn,-sippus au traitté qu'il a fait de Jupiter, que c'est chose froide, maigre & impertinente de louer de tels actes, encore qu'ils procèdent de la vertu, comme de porter vaillamment la picqueure d'une mousche guespe & s'abstenir chastement d'une vieille tirant à la mort. » (F° 575 r°.)

P. 505, 1. 16. Que Pana'tius luy). Cf Cicéron, De officiis : « Laudat .\phricanum Pananius, quôd fuerit ab.stinens. Quidni laudet? Sed in illo alia majora, laus enim abstinentiit non hominis est solum, sed etiam temporum illorum. » (II, xxii; t. IV, p. 374.)

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