LIVRE III, CHAPITRE XII
P. 327, 1. I. Non est aliiis). «L'esprit n'a pas une teinte et l'âme une autre. » (Jd., ép. 114.)
P. 328, 1. 4. Siinplex illa). «Cette vertu simple et à la portée de tous a été changée en science obscure et subtile.» (Id., ép. 95.)
P. 328, 1. 6. Cecy cnuiron le lenips). Probablement en 1585. Sur les événements auxquels Montaigne fait ici allusion, on lira avec profit A. de Roumejoux, « Essais sur les guerres de religion en Perigord », dans le Bulletin de la Société- du Perigord, 1902.
P. 328, 1. 9. Non armis sed). «Ce n'est pas par les armes que l'on combat, mais par les crimes. »
P. 328, 1. II. Hostis adest). «J'ai à droite et à gauche un ennemi redoutable, et un danger imminent me menace de chaque côté. » (Ovide, De Ponto, I, III, 57.) Les éditions du xvi= siècle que j'ai consultées présentent au second vers la leçon « vicinoque metu » .
P. 328, 1. 23. Nostrc niai). J'ignore où Montaigne a pris ces vers; on les retrouve dans une Sérée de Guillaume Bouchet, mais suivant toute vraisemblance c'est chez Montaigne que Bouchet l'a prise.
P. 329, 1. I. Exiiperat inagis). «Le mal s'empire et s'aigrit par le remède. » (Virgile, Enéide, XII, 46.)
P. 329, 1. 2. Oninia fanda, nefanda). «Le juste et l'injuste confondus par nos coupables fureurs, ont détourné de nous la juste volonté des dieux. » (Catulle, Epithalanie de Thélis et de Pelée, 406.)
P. 329, 1. 25. Hnnc saltcnt euerso). «Du moins n'empêchez pas ce jeune héros de venir au secours d'une génération qui menace mine. » (Virgile, Gc'orgiques, I, 500.) Virgile désignait Octave Auguste; il est vraisemblable que Montaigne a entendu appliquer le passage de Virgile au roi de Navarre, qui plus tard, en effet, par son avènement au trône de France, releva l'Etat de l'abîme où il se débattait depuis près d'un demi-siècle.
P. 329, 1. 27. Cet antien prœcepte). Cf. Juste Lipse, Politiques : « Clearchi vox fuit : A militibus Imperatorem potiùs, quàm hostem metui debere. » (V, xiii.) Tiré de Valère Maxime, II, vu. Montaigne à la même époque a trouvé la même allégation rapportée dans le Tbesoro politico. (Cf. l'édition de 1 61 1, p. 628.)
P. 330, 1. I. Un pomier s'estant trouué). Cf. Juste
Lipse, Politiques : « Apud veteres tam stricte hxc in usu : ut mémorial tradiderit Scaurus, pomiferum arborem, quam in pede castrorum fuerat complexa metatio, postero die abeunte exercitu, intactis fructibus relictam. » (V, xiii.) Tiré de Frontin, Stratag., IV, III.)
P. 330, 1. 10. Les ojfàces ou larrecins). Cf. Guillaume Postel, Hist. des Turques : « Il seroit odieux à nos insolents de deçà à ouir, qu'un euf prins sans paier, fist donner cinquante coups de baston, s'il est cogneu du Capitaine : le couple cent : avoir desrobé chose qui ne sert à vivre, comme nos gens de deçà, qui desrobent le cheval au bon homme, pour emporter ses mesmes biens, meubles, lits, robes, besongnes, draps de lict, et autres choses icy acoustumées, pour le moindre acte de tous on est pendu, empallé ou décollé, sinon que vous les prenés sur les ennemis. » (P. 316.)
P. 330, 1. 15. Sid'iiigua l'jEgipte). Cf. Paul Jove, Hislorix sui lemporis). « Ea erat in castris disciplina severissimis acerrimi imperatoris legibus constituta, ut quum milites nihil sibi ex ea victoria licere intelligerent, in fertilissimo autumno horti sine custodibis tuto relinquerentur. » (XLVI, f° 253 v°.)
P. 330, 1. 20. Disait Faonins). Cf. Plutarque, Vie de Bnilus : « Faonius respondit qu'une guerre civile estoit pire qu'une principaulté de monarchie usurpée contre les loix. » (m, f° 689 r°.)
P. 330, 1. 21. Platon de niesnie). Dans l'épître 7, Propinquis Dionis : « Hac eadem mente circa patriam vir prudens esse débet : ut ita reprehendat civitates errores, si neque frustra sit reprehensurus, neque ob reprehensionis studium periturus, vim autem patrie per reipub. mutationem afferet nunquam : quando absque expulsione & cxde civium emendari non possit. Sed quietem aget, votoque precabitur optima & sibi & patriie. Hoc igitur pacto ego vobis consulerem. Consulebam similiter Dionysio unâ cum Dione : ea videlicet ratione quotidie vivere, qua suiipsius compos maxime redderetur : amicôsque & familiares fidos haberet : ne idem sibi quod & patri accideret. » (P. 331; éd. de 1546, p. 936.)
P. 330, 1. 24. Suleniant de prier Dieu). Rapprocher III, I, p. 15, 1. 8.
ESSAIS DE MONTAIGXE.
P. 331, 1. 21. Nihil in specia»). «Rien de plus trompeur que la superstition, qui couvre ses crimes de l'intérêt des dieux. » (Tite-Live, XXXIX, xvi.)
P. 331, 1. 22. L' extrême espèce d'iiiiiislice, selon Platon). Dans la République. «Extrema... injustitia est, justum videri eum qui non sit justus. » (II, p. 361; éd. de 1546, p. 546.)
P. 331, 1. 26. Vndique totis). «Tant de toutes pans les campagnes sont bouleversées. « (Virgile, Bucol., I, II.)
P. 332, 1. 3. Qua- nequeuiit). « Ce qu'ils ne peuvent emporter ou emmener, ils le détruisent, et leur bande criminelle incendie d'innocentes chaumières. » (Ovide, Trist., III, x, 65.) Les éditions du xvi= siècle que j'ai consultées portent au second vers :
« Et creniat insontcs hostica turba casas. "
P. 332, 1. 5. Mûris riiilla Jides). «Nulle sécurité derrière les murs des villes, et les campagnes sont désolées par les pillages. » (Claudien, /;/ Etilrop., I, 244.)
P. 332, 1. 19. Perspicuitas). « Car la discussion affaiblit l'évidence. » (Cicéron, De imlura dconini, III, iv.)
P. 333, 1. 5. Sit mihi). «Que je conserve seulement ce qui m'appartient actuellement, même moins, s'il le faut, et que je puisse vivre pour moi ce qui me reste de jours, si les dieux veulent m'en accorder encore. » (Horace, Épîtres, I, xviii, 107.)
P. 334, 1. 14. Potenlissimus est). «La véritable puissance consiste à être maître de soi-même. » (Sénèque, ép. 90.)
P. 335, 1. lé. Tantuni ex puhlicis). «Nous sentons les maux publics seulement dans la mesure où ils lèsent nos intérêts privés. » (Tite-Live, XXX, xi.iv.)
P. 336, 1. 12. le lui tends les mains). «Credo et manus tollo. » (Cicéron, fragment de la Consolation, conservé par Lactance, III, 28.)
P. 33e, 1. 22. Vue peste véhémente). Dans sa Chronique bourdeloise, de Lurbes écrit : « 1 585. Puis !c moys de Juing la contagion est si grande à BourJeaus iusqucs au moys de Décembre, que 14000 & quelques personnes de compte fait en meurent. » (Éd. de 1594, f» 49 v°.)
P. 336, 1. 28. Mista senuw). «Vieillards et jeunes
gens, pêle-mêle, s'entassent dans le tombeau; nulle tête n'échappe à la cruelle Proserpine. » (Horace, Odes, I, xxviii, 19.) Les éditions du xvi' siècle, en particulier celle de Lyon 1545, présentent le même texte que Montaigne, mais on v lit ac iuvenum au lieu de et iuvenum.
P. 337, 1. 24. Vidcas). «Vous eussiez vu les domaines des bergers déserts et les pâturages devenus une vaste solitude. » (Virgile, Géorg., III, 47e.) Montaigne substitue videas à videat.
P. 338, 1. 15. Les Keoritcs). Cf. Diodore de Sicile, XVII, XXIII, f° 299 r°.
P. 338, 1. 18. Vu nianeuure des miens). On trouve une anecdote analogue chez Bouaystuau, Théâtre du monde. Un médecin, dit-il, raconte que pendant la peste de 1546 en Provence, celui qui était surpris de la peste « n'avoit autre espérance d'en guarir que par l'assault de la mort, et estoient si résoluz en cela, que soudain qu'ils se sentoient saisiz, eulx-mesmes prenoient un linceul et se cousoient tout vifs dedans, n'attendans autre chose, que le violent départ que l'ame avoit à faire d'avec le corps, son mortel habitacle. Ce qu'il dépose luy-mesme avoir veu et expérimenté en plusieurs, et spécialement en une femme, laquelle il appella par la fenestre, pour luy ordonner quelque remède pour son mal, laquelle il aperceut par ladicte fenestre où elle se cousoit elle-mesme en son linceul. De sorte que ceulx qui enterroient les pestiferez, estans entrez en sa maison quelque heure après, la trouvèrent morte et couchée au milieu de sa maison avec son suaire à demy cousu ». (Ed. de 1559, f" 70 r".) Ce même récit est repris dans les mêmes termes par Jean de Marcouville, Récit d'aucuns cas merveilleux (vi). On trouve la même histoire et d'autres analogues dans le Traité de la Peste d'Ambroise Paré (ch. lv de l'édition de 1 568, ch. lu de l'édition des œuvres de Paré de 1841, t. III, p. 460). Tout ce chapitre de Paré qui traite « des incommodités que la peste apporte entre les hommes... » est à rapprocher de la description que nous lisons dans cet Essai de Montaigne.
P. 338, 1. 21. Celle des soldais romans). Cf. Tite- Live : « Inventi sunt quidam mersis in effossam terram capitibus, quos sibi ipsos fecisse foveas, obruentésque