I, VIII
P. 360, 1. 12. Diiiersilé & variété). A propos de cette idée, voir la fin de l'essai II, xxxvii, et aussi les essais I, i, et II, 1.
P. 360, I. 14. // s'est troiiiii' des baiiniies). Cicéron dit qu'il s'est trouvé à Delos plusieurs personnes qui, nourrissant un grand nombre de poules pour le profit, avaient accoutumé de dire, en voyant un œuf, laquelle de ces poules l'avait pondu. {Acadéiii., II, XVIII.)
P. 361, 1. 6. La ressemblance). Cf. Plutarque, De l'envie et de la haine : « Les similitudes ne font pas tant un, comme les différences font autre el différent. » (i, f" 107 v°.)
P. 361, 1. 7. Nature s'est obligée). Cf. Sénèque, Épîtres : « Exegit [natura] à se ut qux alla crant, & dissimilia essent & imparia. » (Ép. 115, p. 269.)
P. 361, 1. 18. Nous allons en France). On se plaint beaucoup à la fin du xvi^ siècle de la confusion de la législation en France et spécialement du trop grand nombre de lois. Bodin dans sa République (VI, vi) rappelle que Solon fit peu de lois, que Lycurgue en fit moins encore et défendit de les écrire, il ordonna qu'on s'en remît toujours à l'équité naturelle des juges; et il ajoute : « Comme faisoit aussi Thomas le More, chancelier d'Angleterre; laissant toutes les
peines à la discrétion des magistrats, hormis l'adultère... qui est le moyen que plusieurs pensent le plus seur pourveu que les offices de judicature ne soient mis en vente : car il se cognoist à vue d'œil que plus il y a de loix plus il y a de procès sur l'interprétation d'icelles : cela se peut voir en ce royaume qui a plus de loix et de coustumes que tous les peuples voisins, et plus de procès que tout le reste de l'Europe, qui sont provignés de plus en plus depuis que le roy Charles VII et ses successeurs ont commencé à peupler ce royaume de loix faictes à la mode de Justinian avec une traisnée de raisons, contre la forme des anciennes ordonnances des rois et sages législateurs. »
P. 361, 1. 20. Ut olim jlagitijs). «Autrefois c'était des crimes que l'on souffrait, aujourd'hui c'est des lois. » (Tacite, Annules, III, xxv.) Le texte de Tacite est : « Utque antehac flagitiis, ita tune legibus laborabatur. » Montaigne a rencontré cette citation dans les Politiques de Juste Lipse (II, xi). Le chapitre II, XI, des Politiques est d'ailleurs à rapprocher de ce passage de Montaigne, car on y trouve longuement développée cette idée que le grand nombre des lois engendre les procès et beaucoup d'inconvénients.
P. 362, 1. ^.Envoylaqui). Cf Guillaume Bouchet, Sérées : « Nous lisons que Ferdinand, roy d'Espagne, envoyant Perdrarias gouverneur es Isles occidentales nouvellement descouvertes, luy défendit de mener ny jurisconsulte ny advocat, afin de ne porter la semence de procès, où il n'en y avoit point. Car on
ESSAIS DE MOXTAIGXE.
dit qu'en ce monde nouveau où ils vivent sans lettres, magistrats ne loy, qu'ils vivent plus légitimement et droictement que nous. Encores en tout l'Orient y a si peu de procès qu'en la province de Guzala la populace crée, seulement aux jours de foire, un justicier pour asseurer le cours de la traffique : et aux lisières du Royaume de Fez les habitants de la montagne Magnan arrestent les passans pour recevoir iustice d'eux. » (Sérée ix.) Guillaume Bouchet a copié la première phrase dans ht Rcpiihlique de Bodin (y, i), la seconde dans les Discours philosophiques de Pierre l'Hostal (Discours xv), édition de 1579, p. 263.
P. 362, 1. 19. lugeanl auec Plalou). Dans la République : « Malas & turpis disciplina; in civitate nullam majorem potes conjecturam capere, quàm summis judicibus ac medicis indigere, non modo abjectos homines & mechanicos, sed eos etiam qui liberali disciplina educatos esse se gloriantur. » (III, p. 405; éd. de 1546, p. 566.)
P. 363, 1. I. Coufusiiin est). «Tout ce qui est divisé jusqu'à n'être que poussière devient confus. » (Sénèque, ép. 89.) Sénèque ne dit pas « confusum est» mais bien « simile confuso est».
P. 363, 1. II. DifficuUatem facit). « C'est la science qui crée les difficultés. » (Quintilien, Jnst. orat., X, m.
P. 363, 1. 22. Deux opinions semblables). Rapprocher la fin de l'essai II, xxxvii.
P. 363, 1. 28. Que les glosses). Depuis Budé, Rabelais, Tiraqueau, Alciat (voir le De verborum siguificatione), etc., la critique des glossateurs est devenue un lieu commun dans notre littérature.
P. 364, 1. 14. Mus in pice). « Une souris dans de la poix » (prov. latin). Cf. Érasme, Adages, II, m, 68.
P. 364, 1. 19. Au.\ chiens d'Esope). Cf. Plutarque, Des communes conceptions contre les Stoïques : « Nous ressemblons proprement à ces chiens la qu'Esope dit qu'ils brilloient après certains cuyrs qu'ils voyoient flotter sur l'eau, & pour les cuyder avoir, ils se prirent à vouloir boire & avaller toute la mer, mais crevèrent plus tost que de toucher à ces cuyrs la. » (xix, fo 579 r°.)
P. 364, 1. 22. Ce qu 'un Crûtes). Cf. Diogène Laërce : « Seleucus... grammaticus ait Crotoniatem quendam
in eo, quem Catacolymbitem inscripsit lihro, tradere Cratem quendam hune librum primo Gn-ecis invexisse, ac dixisse, librum ipsum Delio aliquo indigere natatore, qui in illo non suffocaretur. » (IX, ix, p. 585.) Diogène Laërce prête le même mot à Socrate. Cf. Vie de Socrate, II, xxii, p. iio.
P. 365, 1. 6. Ce que decJaroit asse:;^ A(\)Uo). Rapprocher Plutarque, Pourquoi la prophctisse Pythie ne rend plus ses oracles en vers, (xxvi, f° 63 5 r".)
P. 365, 1. II. Ainsi voit l'on). Cf. La Boëtie, pièce à Marguerite de Carie. (P. 255.) On remarquera que le texte donné ici par Montaigne diffère en quelques points de celui de l'édition princeps que reproduit l'édition Bonnefon. Montaigne cite de mémoire le texte de son ami. Pourtant, au deuxième vers, le texte qu'il donne, « roulant », est probablement le bon.
P. 366, 1. II. Suiuant Aristote). Dans la Morale à Nicomaque, IV, xiii.
P. 366, 1. 16. l'ax vcu en Aîemagne). Cf. Journal de voyage : « On tient qu'à la vérité il est peu de villes qui n'ayent quelque chose de particulier en leur créance ; et sous l'autorité de Martin qu'ils reçoivent pour chef, ils dressent plusieurs disputes sur l'interprétation du sens ez escrits de Martin. » (P. 104.)
P. 366, 1. 18. Est verbale). Rapprocher l'essai II, XII, p. 261. 1. 22.
P. 366, 1. 24. le sçay mieu.x que c'est). On trouve la même idée dans le Ouod nihil scitnr de Sanchez (au début). Voir aussi Corneille Agrippa, De inccrtitudine et vanitate scientiaruvi, vu.
P. 367, 1. I. La teste de Hydra). Cette image se retrouve chez divers auteurs contemporains : cf. H. Estienne, Apologie pour Hérodote : « Pour une teste qu'on aura couppée à un procès, on luy en fait ressortir autant pour le moins qu'anciennement au serpent nommé hydra. » (XVII, vu.) Bodin, République : « Ceux-là qui ont tant faict de loix... ont faict comme Hercule, lequel couppant l'une des testes de Thydre, il en voyoit renaistre sept. » (VI, vi.) ^'oir encore Sanchez, Quod nihil scitnr, p. 52; De Belloy, Examen du discours contre la loi salique (éd. de 1587 possédée par Montaigne, p. 223); Montaigne, essai II, xx, p. 467, 1. 2, et la note.