LIVRE III, CHAPITRE XIII
P. 367, 1. I. Socyaics deiiiandoit). Cf. Plutarque, De la pliiyahtc d'ninis : « Socrates demanda un jour à Memnon... que c'estoit que vertu. L'autre lu\respondit audacieusement & promptement qu'il y avoit vertu d'enfant & de vieillard, d'homme & de femme, de magistrat & de privé & de maistre & de valet. Voila qui va bien, répliqua Socrates, nous ne te demandions qu'une vertu et tu nous en remues tout un exaim comme d'abeilles. « (i, f" 103 v°.) Voir aussi pour l'expression De la vertu morale : « Chr)'sippus... introduit en la philosophie un exaim comme disoit Platon et toute une ruchée par manière de dire, de vertus.» (i, f° 31 r°.) Dans le premier de ces deux passages, Plutarque se souvient du Menon de Platon, m, pp. 71-72 (éd. de 1546, p. 15.).
P. 367, 1. 8, Si nos faces). Cf. saint Augustin, Cite de Dieu : « Quis... consulta ratione non videat in hominum innumerabili numerositate, &; tanta naturas similitudine valde mirabiliter sic habere singulos singulas faciès, ut nisi inter se similes essent, non discernerentur species eorum ab animalibus cïeteris : & rursus nisi inter se dissimiles essent, non discernerentur singuli ab hominibus creteris. » (XXI, viii, p. 626.)
P. 368, !. 18. Philippus). Cf. Plutarque, Les dicts notables des anciens Roys... : « Machetas quelquefois plaidoit une cause devant lu}' qui sommeilloit, de manière qu'à faulte d'avoir bien compris & entendu le faict, il le condemna à tort : parquoy Machetas se prit à crier tout hault, qu'il en appelloit. Philippus indigné de cela, luy demanda incontinent, devant qui il appelloit de luy : Devant toymesme. Sire, respondit il, quand tu seras bien esveillé, & que tu voudras plus attentivement comprendre mon faict. Philippus picqué de ces paroles, se leva en pieds, & pensant mieux à soy, cognent qu'il avoit fait tort à Machetas par sa sentence, & neantmoins ne voulut point révoquer ne casser son jugement, mais luy mesme paya de son argent, autant comme pouvoit valoir la chose dont il estoit question au procès. » (F" 192 r".)
P. 368, 1. 29. Qu'il est forcé de faire tort). Cf. Plutarque, Instruction pour ceulx qui manient affaires d 'estât : « On recite & remarque une sentence de
Jason, celuy qui jadis fut tyran de la Thessalie, laquelle il disoit & repetoit souvent, toutes & quantes fois qu'il forceoit ou outrageoit quelques uns des paiticuliers hahitans du païs. Qu'il est force de faire injustice en petites choses, qui veult venir à chef de faire justice es grandes : & qu'il est neces.saire de faire tort en destail, qui veult faire droict en gros. Mais quant à ceste sentence là, il est aisé à veoir de prime face, que c'est une instruction propre pour un qui se veult faire seigneur, & usurper la tyrannie. » (xxi, f" 173 V".)
P. 369, 1. 2. Que l'huincine itislice). Id., Poiirquoy la justice divine diffère souvent la punition des maléfices : « Comme en la médecine, tout ce qui est utile est aussi juste & honeste... autant meriteroit d'estre inocqué & repris, celuy qui estimeroit qu'il y eust es punitions autre chose de juste que ce qui pcult guarir & curer le' vice. » (xvi, f° 265 r".)
P. 369, 1. 5. Les Cyrenaiques). Cf. Diogène Laërce, Vie d'Aristippc : « Nihilque natura justum esse, aut honestum vcl turpe, sed consuctudine ac Icge. » (II, xciii, p. 151.)
P. 369, 1. 6. Et des Theodoriens). Id., ihid. : « Furto quoque & adulterio, & sacrilegio, cùm tempestivum erit daturum operam sapientem. » (II, xcix, p. 155.)
P. 369, 1. 9. Comme Alcihiades). Cf. Plutarque, Vie d'Alcibiade : « Il y eut quelcun qui le recogneut & luy dit. Comment, Alcibiades, ne te fies tu pas à la justice de ton païs ? Ouy bien, dit il, s'il estoit question de toute autre chose, mais de ma vie je ne m'en fierois pas à ma propre mère, doubtant que par mesgarde elle ne meist la febve noire en cuidant mettre la blanche. » (xiii, f° 138 v".)
P. 369, I. 18. En la Chine). Cf. Gonçalès de Mendoza, Histoire de la Chine : « Le prince despeche secrettement d'an en an à chasquc Province des autres juges et Visiteurs, nommez Leuchis, qui sont personnages de luise et ausquels il se fie beaucoup pour la grande expérience qu'il a de leurs services, ensemble de leur vie et mœurs, et bonne administration de la justice. Ces Visiteurs vont s'enquestant de lieu en lieu, et de ville à autre, sans se donner à cognoistre, et s'informant secrettement des torts et griefs que font les justiciers de la Province : obtenant du roy
ESSAIS DE MONTAIGNE
pour cest effet tant de pouvoir et d'autorité par les lettres de provision et commission à eux adressantes, que sans recourir à luy, ils peuvent et leur loist, en trouvant les juges en faute, les appréhender et punir, ou les suspendre pour un temps, ou bien les priver entièrement, et en somme faire tout ce que bon leur .semblera, conformément à leur pouvoir et commission...
» A celuy qui mérite d'estre puny ou repris, ia luy fait oster premièrement les marques de juges... puis fait exécuter incontinent la sentence qu'il a donnée contre icelu)'. Et s'il y a suspension portée par icelle, il prouvoit aussi tost d'autres juges au lieu et place de ceux qui sont suspendus, admonestant les nouveaux promeus par la peine exemplaire des autres de bien verser en l'Office où il les commet au nom du roy. Ces Visiteurs ont pouvoir et puissance aucunefois de récompenser ceux qu'ils trouvent avoir bien et deûement exercé leur charge voire jusques à les pouvoir instîller aux places et charges plus honorables. De manière qu'estant ainsi apparente et manifeste la recompense qu'il y a pour les bons, et la punition rigoureuse qui est asseurée pour les mauvais : cela est cause que ce Royaume de la Chine est l'un des mieux gouvernez qui soyent au monde. » (Pp. 70 et 72.)
P. 370, 1. 19. Elles sont soiiiiàt fautes). Rapprocher Platon, Gorgias, xliv, p. 489.
P. 371, 1. 13. Oiia Deiis bave). « Par quel art Dieu gouverne le monde; par où s'élève la lune et par où elle se retire, et comment réunissant son double croissant, elle se retrouve chaque mois dans son plein; d'où viennent les vents qui commandent la mer et quelle est l'influence du vent du midi; par quelles eaux sont formés incessamment les nuages; s'il doit venir un jour qui détruise le monde... Clierchez, vous que tourmente le besoin d'approfondir ces mystères. » (Properce, III, v, 26, pour les six premiers vers, et Lucain, I, 417, pour le dernier.)
P. 372, 1. 23. C'est toiisiotirs). Rapprocher l'essai III, II, p. 21, 1. 7.
P. 573, 1. 27. Fliieliis Jiti primo). « De même, sous le premier souffle du vent, la mer blanchit, puis, peu à peu, s'enfle, soulève ses ondes et bientôt se
dresse du fond de l'abime jusqu'aux astres. >> (\'irgile, Enéide, VU, 528.)
P. 374, 1. 8. Ce Dieu de science). (Apollon). Cf. Plutarque, Que siguijioit ce mot E:.
P. 374, 1. xo. Platon dict). Voir essai I, m, p. 14, 1. 14, et la note. Voir aussi le Clmrmide : « Fermé namque hoc ipsum temperantiam esse arbitrer, seipsum cognoscere, illique assentior qui prœceptum hoc templo Apollinis ipsius inscripsit... "(xii, p. 164; éd. de 1546, p. 283.)
P. 374, 1. II. Socmtes). Cf. Xénophon, Méincrables, W , 11.
P. 374, 1. 15. Cette platonique subtilité). Cf. Platon, Menon : « Nam si noscit, nulla inquisitione opus est, sed neque quod nescit investigabit : non enim novit quid querat. » (xiv, p. 80; éd. de 1546, p. 18.)
P. 374, 1. 21. Corne Sacrâtes). Cf. Xénophon, Mémorables, W, 11, 24 et 29.
P. 375, 1. 2. AV/ hoc est turpius). « Rien n'est plus honteux que de faire marcher l'assertion et la décision avant la perception et la connaissance. » (Cicéron, Acad., I, XII.) Cicéron écrit : «Neque hoc quidquam esse turpius... »
P- 375» 1- 5- Aristarclms). Cf. Plutarque, De l'amitié fraternelle : « Aristarchus se mocquant du grand nombre des Sophistes contrefaisans les Sages qui estoient de son teuips, disoit, que anciennement à peine y avoit eu sept Sages par le monde, mais de nostre temps, disoit il, à peine pourroit on trouver autant d'hommes ignorans comme nous avons de Sophistes. » (i, f" 81 v°.)
P. 375, 1. 13. Cm;, cuni tetigere). « Q.ui, lorsqu'il avait touché sa mère, sentait une nouvelle vigueur dans ses membres. » (Lucain, I\', 599.) Il s'agit d'Antée.
P. 37), 1. 20. Antisthenes). Cf. Diogène Laërce, Vie d'Antistbène : « Postremô Socrati sese addixit, tantûmque cum illo profecit, ut moneret discipulos, ut sui sub Socrate e.ssent condiscipuli. » (VI, 11, p. 34S.)
P. 375, 1. 22. Ce dogme de sa secte stoique). Id., ibid. : « Sufficere virtutem ad beatam vitam nullo indigentem, nisi Socratis viribus. » (VI, xi, p. 352.) Cf. I, XXXIX, p. 314, 1. 5.