LIVRE III, CHAPITRE XIII
ép. 91.) Le texte est celui des éditions contemporaines.
P. 393, 1. 6. Stiilte, qtiid bar). «Insensé! à quoi bon ces souhaits vains & ces vœux puérils ? » (Ovide, Trist., III, VIII, II.)
P- 393> 1- 9- Pldioii lie croit pas). Dans sa République : « Corpora vero penitus interiori corruptione morbosa nequaquam aggressum fuisse [^ïscuiapium], diligentia victus 6c diuturna observantia in vita producere, ita ut & œgre viverent homines, & valetudinarios, quod inde sequitur, filios generarent. Neque vero censuit curandum, qui non posset in constituto & solito victu ac régula vivere, tanquani neque illi ipsi, neque civitati conferret. » (III, p. 407; éd. de 1546, p. 567.)
P. 393, 1. 16. Non seciis inslantcm). «Ainsi celui qui veut soutenir un bâtiment, l'étaie dans les endroits où il menace ruine; mais enfin vient le jour fatal où toute la charpente se désunit, et les étais tombent avec l'édifice. » (Maximianus, i, 171.)
P. 393, 1. 21. Connue l'aniionie du monde). Cf. Plutarque, De la traiiquillilé de l'âme et repos de l'esprit : « L'armonie du monde est composée de choses contraires, ne plus ne moins que d'une lyre & d'un arc : &; n'y a rien du tout es choses humaines qui soit tout pur & net, ains comme en la Musique il y a des voix & des sons agus, & d'autres graves & n'est pas... musicien qui hait & fuit les unes, & aime les autres : mais celuy qui se sçalt servir de toutes, & les mesler ensemble selon son art : aussi les affaires 6c occurrences humaines, aiants des contrequarres les unes avec les autres, d'autant que comme dit Euripides, Jamais le bien n'est séparé du mal, ains y a ne sçay quelle meslange pour faire que tout aille bien, il ne fault pas se descourager, ny se laisser aller par les unes, quand elles adviennent, ains fault fitire comme les Harmoniques & musiciens en rebouchant tousjouis la pointe des adverses par la recordation des prospères. Se embrassant tousjours les bonnes avec les mauvaises fortunes, faire une composition de vie bien accordante & propre à un chascun. » (xiv, f° 74 r°.)
P. 394, 1. 2. Ctesiphon). Cf. Plutarque, Coiniiieiit il fault refréner la cbolere : « Xous voions que les
petits enfans, quand ils sont courroucez deschirent tout, & s'aigrissent à l'encontre des femmes, & veulent que Ion batte & chastie les chien.s, les chevaux & les mulets, comme Ctesiphon l'escrimeur vouloic faire à coups de pied, 6c regibber à l'encontre de sa mule. » (viii, f° 58 v".)
P. 394, 1. 18. Vous en plaict-il). Les consolations que son imagination prodigue ici à Montaigne rappellent un peu celles que Sénèque donne à Lucilius malade dans l'épître 78. Certains arguments se retrouvent de part et d'autre. Toutefois Sénèque propose surtout à son ami de laisser par sa patience un grand exemple de vertu; Montaigne vise surtout à vivre plus heureux.
P. 395, 1. 10. La crainte de ce mal). Rapprocher l'essai II, xxxvii, p. 576.
P- 395. '•15- Quxvenit indigné). «C'est seulement quand nous n'avons pas mérité le mal que nous avons le droit de nous en plaindre. » (Ovide, Héroïd., V, 8.)
P. 396, 1. 12. Mais tu ne meurs pas). Cf. Sénèque, Epitres : « Multorum mortem distulit morbus, et saluti illis fuit, videri perire. Morieris non quia a;grotas, sed quia vivis. » (Ep. 78.)
P. 397, 1. 18. A faute de mémoire). Cf. l'essai I, ix.
P. 397, 1. 19. lel'escris). Effectivement \e Journal de voyage est rempli de notes sur la santé de Montaigne.
P. 398, 1. II. La chaleur de mes reins). On trouvera des explications physiologiques analogues dans Paré, Traité des pierres.
P. 398, 1. 25. Les Sloycieiis disent). Cf. Plutarque, Des communes conceptions des philosophes Stoiques : « Le vice, dit il (Chrysippus), a son limite au regard des autres accidents, car il est aussi luy aucunement selon nature, &. à fin que je die ainsi, il n'est pas du tout inutile, eu égard à l'univers, car autrement le bien ne seroit pas. » (x, f" 577 v°.)
P. 398, 1. 29. Lors que Sacrâtes). Cf. Platon, Phédon : « Socratem invenimus compedibus paulo ante solutum... Socrates autem... contraxit ad se crus, manuque perfricuit, atque inter fricandum sic inquit : Quam mira videtur... hiEC res esse, quanft nominant homines voluptatem, quamque miro naturaliter se habet modo ad dolorem ipsum, qui ejus
ESSAIS DE MONTAIGNE
contrarius videtur... Si quis prosequitur capitque alterum, semper ferme alterum quoque accipere cogitur. quasi ex eodem vertice sint ambo connexa. Arbitrer equidem ^Esopum, si hîec animadvertisset, fabulam fuisse facturuni. » (m, p. 60; éd. de 1546, p. 491.) Cf. essai H, xx, p. 465, 1. 15, et voir la note.
P. 400, 1. 2. Il faict son ieti à part). Rapprocher Journal de i-oyage : «Il sabbato 21 d' Ottobre alla mattina mi si spinse fuora un' altra pietra, la quale si fermo un pezzo nel canale, ma n' usci pure senza dolore, e difficultà. Questa era più tosto tonda che altramente, dura, e massiccia, aspera pure, e rozza, bianca dentro, e rossa di sopra, assai più grande ch' un grano. In quel mentre buttai tuttavia arenella. Di qui si vede, che di se stessa la natura si scarica alcune délie volte; e si sente corne un flusso di questa roba. Ringraziato sia Iddio, ch' esce fuora senza dolore d' importanza, e non disturba la mie azioni. » (P. 470.)
P. 400, 1. 3. Dix heures à chenal). Rapprocher le Journal de voyage : « Des le chemin il se pleignoit de ses reins, qui fut cause, dict-il, qu'il alongea cete trete, estimant estre plus soulagé à cheval, qu'il n'eust esté ailleurs.» (P. 143.)
« Di là lasciando a man dritta Cremona a medesima distanza che Piacenza, seguitando una bellissima strada... mutando di posta in posta cavalli, i quale due poste io menai al galoppo per sentir le forze de i lombi : e non ci trovai né mal, né stracchezza : l'orina naturale. » (P. 481.) Rapprocher aussi essai III, ix, p. 242, I. 6, et p. 260, 1. 10.
P. 400, 1. 27. Connue Cicero). Dans le De senectute, ouvrage que Montaigne semble avoir lu à toutes les époques.
P. 401, 1. 9. A sentir le mal). Rapprocher essai III, XII, p. 340.
P. 402, I. 4. A mes repas). Rapprocher Journal de voyage: « M. de Montaigne se louoit de leur coustume de disner et de souper tard, selon son humeur, car on n'y disne, aus bonnes maisons, qu'à deus heures après midy, et soupe à neuf heures. » (P. 203.)
P. 402, 1. 9. Platon ueut). Cf. Diogène Laërce, Vie de Platon, III, xxxix, et Platon lui-même. Lois, VII, XIII, p. 808; éd. de 1546, p. 832.)
P. 402, 1. 13. On Irouuoit à redire au grand Scipion). Cf. Plutarque, Instruction pour ceiilx qui manient affaires d'estat : « Les Romains ne trouvans autre chose à redire en Scipion, le blasmoyent de trop dormir. » (iv.) La phrase manque dans Tédition de 1572. \'oir aussi Qu'il est requis qu'un prince soit sçavaiit : «On reprochoit... à Scipion qu'il aimoit à dormir. » (vi, f° 137 r°.)
P. 403, 1. 15. Que Platon estime). Voir essai III, v, p. 144, 1. 3.
P. 403, 1. 20. Pulchrumque). « Il vous vient à l'esprit qu'il est beau de mourir en combattant. » (Virgile, En., II, 317.)
P. 404, 1. 6. Filière, mi Liicili). « Mvre, mon Lucilius, c'est combattre. » (Sénèque, ép. 96.) Le texte est celui des éditions contemporaines.
P. 404, 1. 21. Non hxc ampliiis). « Désormais mes forces ne me permettent plus de braver les intempéries du ciel sur le seuil d'une maîtresse. » (Horace, ode III, X, 19.)
P. 405, 1. 10. Necviliant artus). « Mon corps n'est pas atteint par les troubles de mon esprit. » (Ovide, Trist., III, VIII, 25.)
P. 405, 1. 22. Quis tuiuiduni guttur). « Qui s'étonne de trouver des goitres dans les Alpes ? » (Juvénal, XIII, 162.)
P. 405, 1. 23. Non plus que ie ne regrette). Rapprocher essai III, 11, p. 195.
P. 406, 1. 2. Les songes sont). On trouvera une grande confiance dans la divination par les songes chez Corneille Agrippa, De occulta philosophia, I, Lix.
P. 406, 1. 4. Res qux in vita...). « Si les hommes retrouvent en songe les choses qui les occupent dans la vie, et qu'ils méditent, qu'ils voient, qu'ils font lorsqu'ils sont éveillés, il n'y a pas lieu de s'en étonner. » (Cicéron, De divinatione,l, xxii, vers tirés d'une tragédie d'Attius, intitulée « Brutus ». Le texte est celui de l'édition de Paris 1538.)
P. 40e, 1. 7. Platon dict). Dans le Time'e : « Prudentis vero duntaxat officium est, quœ à fatidico furentéque ingenio dormiendo vel vigilando pronunciata sunt, intelligere : & qurecumque visa illuxerint, ratiocinatione ita discernere, ut qua quidque ratione, & cui futurum aliquid, vcl pr.xteritum, pntsénsve