LES ESSAIS DE MOMAIG
« ser à d'autres mains l'honneur de l'édifier ; pentf daiit plus de deux siècles encore, la moitié de la « France devait rester attachée à des règles qu'elle « ne pouvait savoir. >
Nous avouons, en toute humilité, ne pouvoir nous associer à cette proposition ; sans doute, dans Tesprit de Montaigne, les querelles de l'école ej la défaveur que méritait la glose ont pu rejaillir sur le texte, ainsi que le fait très-judicieusement observer M. Galles; mais cependant les hommes supérieurs de ce temps se ralliaient à la loi romaine comme au droit de la civilisation; tous espéraient dans le droit romain comme étant destiné à devenir le droit universel et le seul à l'aide duquel l'unité de la loi pût être réalisée.
S'il était vrai que Montaigne eût pensé à un droit unitaire en dehors de la science, de la propagation et de l'application du droit romain, il aurait commis une grande erreur, et il l'aurait commise dans l'isolement, sans Gujas, sans les Parlements, sans l'Église catholique, cette grande conservatrice de l'unité de la loi, poussée jusqu'à la pensée de l'unité universelle. Mais les différents passages des Essais démontrent que la haine de leur auteur pour le droit romain