NOTICE SUR MONTAIGNE IX
Nous retrouverons de ce type dans l'auteur des Essais, La différence sera qu'à la même circonspection paternelle dans la conduite le fils alliera les plus grandes audaces de la pensée.
Comme tous les hommes qui relèvent de leurs œuvres et qui n'en sont que plus scrupuleux à ne pas démériter , Pierre, après avoir porté longtemps les armes en Italie et avoir largement payé la dette du sang sur les champs de bataille, rentrait en France pour s'y marier et pratiquer dans toute leur austérité éclairée les devoirs du chef de famille, du citoyen et du loyal sujet; du sujet qui ne fait pas seulement acte d'obéissance^ mais encore qui croit à son roi et qui se modèle sur lui par les bons côtés. François I^' avait rapporté de ses guerres d'Italie le goût des lettres et des arts , et il avait affirmé ce goût par la fondation du Collège de France et de l'Imprimerie royale, et par un accueil gracieux fait aux peintres, aux savants, aux poètes, à tous les représentants illustres de l'intelligence; Pierre, à l'exemple de son roi, et quoiqu'il n'eût aucune connaissance des lettres, ouvrit sa maison aux gens de savoir et mit comme de la religion à cultiver leur société ^
Né dans le temple, le futur auteur des Essais, Michel, de-
nestes femmes, sans soupçon quelconque; et, de soy, juroit sainctement estre venu vierge à son mariage; et si, c'estoit après avoir eu longue part aux guerres delà les monts, desquelles il nous a laissé un papier journal de sa main, suyvant poinct par poinct ce qui s'y passa, et pour le publiq , et pour son privé. Aussi se maria il bien avant en aage, l*an M.D.XXVIII, qui estoit son trentetroisiesme, sur le chemin de son retour d'Italie, w