NOTICE SUR MONTAIGNE XXV
faut du nom, la descendance de Michel de Montaigne *. Ah ! s'il avait en un fils, comme il se serait acquitté envers lui de la dette de reconnaissance que lui-même il avait contractée pour son éducation envers le meilleur des pères! comme il aurait eu à cœur d'expérimenter à son profit tous les sages préceptes dont il a composé pour un autre l'admirable chapitre de l'Institution des enfans^l Nous n'en voulons pour preuve que l'air de détachement profond, que l'aifectation d'indifférence avec laquelle il se défend d'avoir jamais désiré ce qu'il lui avait toujours été impossible d'obtenir de la fécondité de sa femme ^
Mais revenons sur nos pas. Trois ans environ après son mariage, le i8 juin 15684, Michel perdait son père et devenait
I . Léonor, la seconde fille de Montaigne par rang de naissance, eut de Françob de Latour une fille, Françoise, laquelle épousa Honore de Lur et mourut en cduches de son premier enfant^ Charles de Lur, né en 1 6 1 2 et tué en 1639 au siège de Salces en Roussillon, sans laisser de postérité. De son deuxième mariage avec Charles de Gamaches, elle eut aussi une fille, Marie, qui épousa en 1627 le frère du mari de Françoise de Latour, Louis de Lur, frère puîné d'Honoré.
Marie eut cinq enfants : Philibert , Charles-François , Marguerite , Jeanne-Honorée et Claude-Madeleine. Les deux premiers moururent sans postérité; quant i la postérité de Marguerite, qui avait été mariée au marquis delanau, elle s*éteignit au XVIII® siècle, et ce n'est plus que par Jeanne-Honorée et par Claude-Madeleine que la descendance féminine de Montaigne s'est perpétuée jusqu'à nos jours dans les personnes des O'Kelly-Farrell, des de Ségur, des de Pontac, etc.
2.&sa/s, liv. I, ch. xzvi, dédié à Diane de Foix, comtesse de Gurson.
3. ■ Les choses présentes m'embesoignent assez. Aussi n'ay-je poinct cette forte liaison qu'on dict attacher les hommes à l'advenir par les enfans qui portent leur nom et leur honneur, et en doibs désirer k l'avantare d'autant moins s'ils sont si désirables... (Je) n'ay jamais estimé qu'estre sans enfans fust un défaut qui deut rendre la vie moins complète et moins contente : la vacation stérile a bien aussi ses commoditez. Les enfans sont du roUe des choses qui n'ont pas fort dequoy estre désirées, notamment à cette heure qu'il seroit si difficile de les rendre bons. » Ibid,, liv. 111, ch. IX.
4. Junius 18. Ce iourd'hui lan 1 568 mourut Pierre de Montaigne mon père eagé de 7 2 ans 3 moës , après avoir esté lontams tourmanté d*une