XXVI NOTICE SUR MONTAIGNE
par ce fait, en sa qualité d'aîné ^ , le chef de la famille : honneur qu'il était loin d'avoir ambitionné, tant à cause de sa piété
pierre à la yes»e/et laissa 5 enfans masles et 3 filles. Il fut anterré à Montaigne au tumbeau de ses ancêtres. Éphimirides,
I . On a discuté longtemps et longuement sur le point de savoir s Michel était bien l'ainé de la famille ou s'il ne l'était devenu que par la mort de deux de ses frères. Le document qui avait donné lieu à cette controverse est cette phrase des Essais : r J'estois nay 2 5 ans et plus avant la maladie de mon père, le troisiesme de ses enfans en rang de naissance.» Cette phrase, il est vrai, était battue en brèche par le passage suivant des mêmes Essais^ qui semblait confirmer le rang de primogéniture de Michel : « A l'adventure, eust on faict une injustice de me déplacer de mon rang pour avoir esté le plus lourd et plombé, non seulement que tous mes frères, mais que tous les enfans de ma province. » Toutefois, la première déclaration était si catégorique que MM. GrGn et Payen avaient cru devoir maintenir à Michel sa qualité de puîné, et ne le faisaient succéder aux biens et au titre de son père qu'après la mort de deux de ses frères. La découverte des Éphémérides sembla venir en partie à l'appui de cette thèse. Le manuscrit ne donne, en effet, «le dates positives que pour l'âge de quatre frères sur les cinq qui sont accusés dans la note citée plus haut, relative à la mort de Pierre de Montaigne : Michel, né le 28 février i533; Thomas, le 17 mai i534; Pierre, le lo novembre i5'3 5; Bertrand, le 20 août i36o. Arnaud seul ne figure pas dans ce livre de famille, et MM. Payen et Grûn en avaient conclu que cet Arnaud devait être un des deux enfants qui avaient précédé Michel en rang de naissance, et que probablement ce n'était qu'à sa mort, arrivée quelque temps après celle de leur père, que Michel était devenu à son tour seigneur de Montaigne. Mais un premier acte authentique, retrouvé aux archives de la Gironde dans les minutes des notaires, détruisit cette erreur : c'est l'acte de partage entre Michel et ses frères, en date du 22 août i568, dans lequel il est dit qu'Arnaud « nasquit le quatorziesme jour de septembre Tan mil cinq cent quarante et ung », c'est-àdire le quatrième seulement en rang de naissance. Un autre acte non moins authentique, le testament d'Antoinette de Louppes, mère des Montaigne, morte en 1601, vint faire foi également de l'aînesse de Michel : la testatrice cite par son nom chacun de ses cinq fils, tant morts que vivants, et parle de la maison de Montaigne dont, dit-elle, « feu Michel de Montaigne, mon fils aisné, a joui paisiblement ». Enfin, à défaut de textes précis, il est un argument d'ordre moral que nous ne sachions pas qu'on ait fait valoir, mais qui à lui seul aurait suffi pour trancher d'abord la question. Est-il présumable, en effet, que si, dès son plus bas âge, Michel n'avait pas été l'héritier présomptif de la maison de Montaigne, son père l'eût élevé si précieusement à l'exclusion de ses frères, lui « le