LX NOTICE SUR MONTAIGNE
tembre i S8 1 , il reçut la nouvelle de sa nomination de maire de Bordeaux, nomination d'autant plus flatteuse qu'elle était due à l'élection et qu'il ne l'avait pas sollicitée, mais que toutefois il n'accepta que sur une invitation comminatoire du roi Henri III *, à qui les Bordelais s'étaient adressés pour vaincre son refus; -— Que sa bonne administration lui assura de nouveau les suffrages des électeurs, qui, au mois d'août i583, le maintinrent pour deux autres années dans ses fonctions de maire ; — Que cette haute dignité (car Bordeaux alors était un centre, une sorte de capitale du Midi, et avait ses privilèges) lui valut l'honneur d'être « envoyé en Cour pour les affaires de la ville, avec amples mémoires et instructions »; mission dans laquelle il réussit pleinement ; — Que la réputation qu'il avait déjà acquise par la publication des Essais^ ^ sa franchise et son
I . Voici cette lettre, découverte dans les archives de la mairie de Bordeaux par M. Bnchon, qui l*a publiée en i838 dans les Notica Uni" raires. Chronique dt% seigneurs de Foix et de Béarn, et que M. Payen a reproduite dans ses Documents inédits :
« Monsieur de Montaigne» pour ce que j'ay en estime grande vostre fidellité et zellée dévotion à mon service, ce m'a esté plaisir d'entendre que vous ayez esté esleu maior de ma ville de Bourdeaulx, ayant eu très agréable et confirmé iadicte eslection et d'autant plus voUontiez qu'elle a esté sans brigue et en vostre lointaine absence. A l'occasion de quoy mon intention est> et vous ordonne et enjoincts bien expressément que sans delay ne excuse reveniez, au plus tost que la présente vous sera rendue, faire le deu et service de la cluirge où vous avez esté si légitimement appelle. Et vous ferez chose qui me sera très agréable, et le contraire me desplairoit grandement, priant Dieu, monsieur de Montaigne, qu'il vous ayt en sa saincte garde.
« Escript de Paris le xzv* jour de novembre mil cinq cens quatre vingt ung.
Signé « HiNRT »•
Et plus bas : « DE Neufvilu » .
Au-dessous : ■ A monsieur de Montaigne, chevalier de mon ordre, gentilhomme ordinaire de ma chambre estant de présent i Rome. »
A la date de la lettre, MonUtgne n'éuît plus à Rome. Il y était bien retourné après avoir reçu à Lucques la nouvelle de sa nomination , mais il en était reparti dès le 1 5 octobre pour rentrer en France à petites journées. Le 3o novembre, il arrivait à son chAteau.
a. En 1 58a, précisément pendant le voyage qu'il fit à la Cour comme