CHAPITRE XIII
une calote à ma teste. Suyvez cette gradation, vous irez beau train. Je n'en feray rien; et me desdirois volontiers du commencement que j'y ay donné, si j'osois. Tombez vous en quelque inconvénient nouveau, cette reformation ne vous sert plus, vous y estes accoustumé : cerchez en une autre. Ainsi se ruinent ceux qui se laissent empestrer à des régimes contraincts et s'y astreignent superstitieusement : il leur en faut encore, et encore après, d'autres au delà; ce n'est jamais faict.
Pour nos occupations et le plaisir, il est beaucoup plus commode, comme faisoyent les anciens, de perdre le disner et remettre à faire bonne chère à l'heure de la retraicte et du repos sans rompre le jour : ainsi le faisois-je autrefois. Pour la santé, je trouve despuis par expérience, au rebours », qu'il vaut mieux disner et que la digestion se faict mieux en veillant.
Je ne suis guiere subject à estre altéré, ny sain, ny malade : j'ay bien volontiers lors la bouche sèche, mais sans soif, et ne bois communément * que du désir qui m'en vient en mangeant et bien avant dans le repas. Je bois assez bien pour un homme de commune façon : en esté, et en un repas appétissant, je n'outrepasse poinct seulement les limites d'Auguste, qui ne beuvoit que trois fois précisément; mais, pour n'offenser la