BATAILLES ET SCENES :M I L 1 T A I R E S
Les dessinateurs de batailles et de scènes militaires proprement dites, nous les verrons après la guerre. Renseignés, non muselés par la censure, libres de placer dans leurs compositions les engins, les drapeaux et les figures hist(>ri({ues qui s'y doivent trouver, ils feront, espérons-le, des œuvres intéressantes, dans la mesure où le sujet est la partie intéressante d'un tableau. Pour l'instant, nous en sommes réduits en dehors des photographies et du ciuémn, à des imaginations mêlées de quelques parcelles de vérité. MM. Bénigni, Job, Debat-Ponsan, Jean Julien (Prise d'un fortin à Carency, litho), Lorenzi (qui a renouvelé la [)résentation en peignant L'Yser, La J^Iarne, etc., sur des écrans ja[»onais), et les imagiers, sont seuls à citer.
LES ALLÉGORISTES
L'allégorie est au fait d'où elle découle ce que la fable est à la morale. Elle «lit les choses par transparence; son symbole ren-
force le seiitiineiit. On comprend que tant d'artistes, à une époque comme la nôtre, où le sentiment est si violemment secoué, aient recours à son truchement. Notons donc : MM. Bac, et ses compositions semi-satiriques et semi-humoristiques; Badufle (La Demeure teutonne, qui s'écroule sur Guillaume); Marcel-Béronneau {La Revanche, Le Réee des Poilus) ; Edouard Bernard {Honneur au 75) ; Maurice Bloch {Les Ombres : le Chat-Noir k la guerre!) ; Depaquit, plein d'humour; Jacques Beltrand, d'après Maurice Denis {Commémoralion de la mort de T abbé M..., tué a l'ennemi, hois en couleurs;; Joanny Durand (un aihum de 6 bois pleins de sentiment et de caractère : Prière, La Gloire, La Léyende des roses, (( Gott mit uns », Tête de Christ, 1914), Fuglister {Alsace-Lorraine, Passage des grands blessés en Suisse : cette composition pourrait illustrer le chapitre émouvant du Ce quen pense Potterat de M. Benjamin Vallotton) ; Flury(.Vo(:'/, 6 eaux-fortes, la guerre réduite au format d'unex-libris) ; Formysin {Barbares, Vignoble Fou); René Frébet {Corrida européenne, Chasse au Coq, Le Pain KK : des charges); Kaby (des ])ointes sèches en couleui"s); L. Icarl (même procédé, sous-Ghahine et sous-Helh'u) ; Juilhirat {Idéal de la Sainte Germanie, litho) ; \\'. Laparra {L'Art d'être graiul-pêre : Guillaume montrant à son petit-fils la Belgique et la Serbie crucifiées, eau-forte et aquatinte; Son rêve : Guillaume à cheval sur une haute pyramide de cadavres et d'ossements); S. Latumer {L'Heure de la Justice, litho; c'est la Leçon d'anatomie : la Justice, en docteur ïulp, dissèque l'aigle allemand qui se débat encore, devant les Alliés figurant les auditeurs,— rapprochement forcé); Henri Lenoir, Léouy (tous deux auteurs de lithos en couleurs); Fred. Léon {Le Jeu de quilles. Dernier effort, Chacun sa veste, lithos humoristiques qui ne manquent pas d'originalité); J.-J. Laurent {Regrets et hommages — au maréchal French, — eau-forte en couleurs); Pinet (Ghanteclair sur un canon, annonçant l'aube de la Victoire, eau-forte); Rosemaud {La Belgique crucifiée, à qui le Christ baise les pieds, touchante idée et belle eau-forle) ; Roubille {Vni/ie poursuite, litho); Vasquez Diaz {Dans les ruines, Les Bois Mages, lithos évocatrices et puissantes) ; L. Orr {La Vague, Les Balles, Neaville-Saint-Vaast, La Grillade, eaux-fortes); Abel Pann (talent inégal et curieux, alliant l'humour à la désolation et oscillant de Steinlen à André Devambez : lithos nombreuses) ; Zingg {Les Rarbares, nerveuses compositions lithographiques dans le goût de Rethel, où l'on voit h'S Allemands conduits par la Mort) ; Renault {Napoléon et Joff're, lithos populaires); Ch. Weisser (Inviolable :
LES ÂLLÉGORISTES
la Jeanne d'Arc de Paul Dubois à Reims, parmi les e'clalements d'obus; L'Ami fidèle, chien hurlant devant la croix surmontée du képi sous laquelle dort son maître, lithos émouvantes, bien composées et d'excellente technique); Hector Dumas /'« Et maintenant, tais
'• I N V I (I L A B I, !•: « D ' A P R i; S I. A I. I T H O G K A P H 1 E ORIGINALE DE M . C H . W E I S S E R
ton bec, f oiseau! », Pour le roi de Prusse, L'Aurore, lithographies, cette dernière particulièrement remarquable); J7i metnoriam, une noble composition de M. Carlos Schwabe, dont le titre seul suffit a indiquer la signification ; etc.
Voilà des noms, des œuvres; arrêtons-nous sur certains artistes.