‹ Les estampes, images et affiches de la guerreChapitre 20 sur 35 · PAR M. POOL BOT · texte numérisé non relu

PAR M. POOL BOT

opérations financières. Comment il arriva à cette coni eption quasi révolutionnaire, étant donnée la routine des bureaux, c'est ce qu'il est peut-être intéressant de raconter.

1. Notons également, de M. Léandre, un dessin pour le troisième Emprunt, pubUéle27 novembre 1917 dans le Joz/y'/îa/ O/'^cie/, entré momentanément dans la voie de l'illustration, comme le Bulletin des Armée>^, décoré par M. Bernard Naudin.

Il s'était fondé, dans le milieu de 1915, une société, (( Les Amis des Artistes », qui a pour but de venir en aide aux artistes par l'achat de leurs œuvres. Cette société est présidée par M. Olivier Sainsère, amateur éclairé, homme de jugement fin et de goût très sûr, qui n'allait pas tarder à devenir le secrétaire général civil de la Présidence de la République. Un jour, à une réunion de comité, quelqu'un proposa de faire une affiche illustrée pour favoriser la rentrée de l'or dans les caisses de la Banque de France : c'était la nécessité du moment. On demanda un projet à M. Abel Faivre. MM. Ribot et Poincaré s'intéressèrent à l'idée et renvoyèrent à M. Pallain, avec avis favorable. L'éminent gouverneur de la Banque comprit aussitôt le parti qu'il pouvait tirer de l'initiative des (( Amis des Artistes»; il s'aboucha avec l'auteur du projet, lui demanda certaines modifications, et bientôt l'affiche de VOr, avec son louis d'où sort le coq qui terrasse un Allemand, fut placardée dans la France entière, portant la firme de la Société qui eut la priorité de l'idée.

Ce ne fut pourtant pas la première apposée. Pour des raisons diverses, elle jie parut que quelques jours après celles du premier Emprunt, qui lui devaient d'exister. Celles-ci étaient signées des noms de MM. Jules Adler, Poulbot, et Bernard Naudin. Elles obéissaient toutes à la même inspiration : montrer que le devoir des non mobilisés est de souscrire, comme le devoir des mobilisés est de se battre. Et l'on vit dans les trois affiches la même opposition de la famille et du soldat. M. Adler, réaliste, montra le paysan au guichet même de la Recette des Finances, et le poilu désignant ce guichet d'un pouce impérieux; M. Poulbot, sentimental, — et, reconnaissons-le, moins à l'aise, — composa, en deux parties mal raccordées, un départ de soldat, qui fait un geste d'adieu à sa femme et à ses trois mioches (pauvres gens qui doivent plus songer à l'allocation qu'à la souscription!); M. Bernard Naudin, adroit, fort peu affichiste, exécuta une composition au trait, pleine de style et de distinction, — qu'on ne lisait plus à trois mètres.

Pour le deuxième Emprunt, l'Etat eut encore recours à M. Bernard Naudin, auquel il adjoignit M. Abel Faivre et M. Robaudi.CefutM. Abel Faivre qui triompha, sans conteste. Son affiche « On lesaiira! » faisait jaillir sur le papier blanc un « bleuet ' », dont le visage, les yeux surtout, refiétaient une magnifique ardeur'-. La formule de M. A. Faivre

i. Le modèle fut le soldat Jean-Baptiste Decobecq, originaire de Valenciennes, croqué par l'artiste au cours d'une permission passée à Paris.

2. Du même artiste, une affiche du troisième Emprunt (1917) pour le Crédit

n'est pas très a affiche » ; l'artiste multiplie les couleurs, mais il a

l'idée claire, ingénieuse et forte, et ceci corrige amplement cela.

M. Bernard Naudin, dans une formule qui rappelle le grand siècle,

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