LA DÉFENSE NATIONALE
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AFFICHE POUR LE 2» EMPRUNT DE LA DÉFENSE NATIONALE PAR M . A B E L F A I V R E
a fait flotter d'amples drapeaux, d'un riche effet décoratif. Leurs soies frissonnent au vent de la victoire. On y lit, avec trop de netteté, la devise Honneur et Patrie, dont la lecture est, en fait, moins aisée
Lyonnais : un soldat français plantant sur le globe ensanglanté du monde le drapeau, troué d'obus, de la Liberté.
quand l'étoffe claque au soleil. Le petit village du bas de la composition est exquis; il est inspiré de ce Gros-Rouvre, près de JMontfortl'Amaury, où l'artiste, trois ans de suite, planta sa tente estivale. Cette affiche a moins de maigreur que la première et ne possède pas moins de distinction. A citer, du même, la Journée des Orphelins (le la Guerre : trois têtes d'enfants...
Il y avait encore, pour cet emprunt, une excellente affiche; mais ce n'était pas l'État qui l'avait commandée : c'était la Banque Nationale de crédit. Sem l'avait signée. Pour le triomphe représentait le défilé de l'armée victorieuse sous l'Arc de l'Etoile. Cette armée comprenait, dans le fond, les soldats de la Révolution et, au premier plan, ceux de Joffre. Les troupes de la Révolution ne défilèrent jamais sous l'arche fameuse qui, commencée sous l'Empire, ne fut achevée que sous Louis-Philippe; mais ne chicanons pas Sem sur ce point, qu'il connaît aussi bien que nous. Il a fait une belle estampe mouvementée et curieuse, qui obtint un vif et légitime succès. On lui doit aussi, pour la même banque, l'affiche du troisième Emprunt : la Liberté de Bartholdi sortant des nuées et éclairant le monde. Les conceptions de M. Sem paraissent basées sur les monuments publics « actualisés ». C'est un point de départ qui en vaut un autre.
Deux affiches sont à l'actif de M. Forain : Le Bon feu et Le Vêtement du prisonnier de guerre. Ce sont de simples croquis, pleins de cœur et expressifs, deux bons Forain qui illustrent le texte de l'affiche, intelligemment composé et distribué (1916).
M. Friant a, lui aussi, « illustré » deux affiches, avec beaucoup de charme : Le Comité d'assistance en Alsace- Lorraine, où l'on voit la France tendre ses bras aux deux provinces, symbolisées par deux jeunes filles empressées et rieuses, et V Aide aux soldats alsacienslorrains, où des soldats qui « rejoignent » saluent une Lorraine et une Alsacienne enlacées, qui leur envoient des baisers (1916).
M. Lepère a planté, en larges traits de crayon pareils à des traits de gravure monumentale, un (( poilu » dessinant, en marge d'une affiche pour une Exposition des Œuvres de guerre au Jeu de Paume (1915); M. Guy Arnoux a orné d'attributs guerriers en couleurs le placard pour La Guerre et les Humoristes (1916); M. Louis Tinayre a dessiné un groupe familial pour la Cantine des réfugiés du VI' arrondissement (1916); M. Fouqueray a représenté, pour la Journée serbe (1916), un pêle-mêle tragique de troupes et de civils traversant le pont du Vardar, par un temps de neige, sous un ciel de plomb, un des plus douloureux épisodes de cette guerre qui