‹ Les estampes, images et affiches de la guerreChapitre 23 sur 35 · ASSURER AUX PETITS ORPHELINS · texte numérisé non relu

ASSURER AUX PETITS ORPHELINS

LE FDYER"*^" TENDRESSE MATERNELLE L'ÉDUCATION^" PAYS. UNE CARRIÈRE APPROPRIÉE A CHAQUE ENR\NT LA RELIGION DE LEURS PÈRES tSa^^s^S^îé

AKFICIIK POUE l'orphelinat DES ARMÉES, PAR M. FRANK B R A N G W Y N

plein de lumière, et ce fut l'affiche pour Les Réfugiés de la tuberculose (1016); M. L.-O. IMerson exécuta une composition académique, mais avec une heureuse disposition du texte, pour La Journée des Éprouvés de la guerre (1915); M. Willette s'avéra, comme on pouvait s'y attendre, espiègle, inventif, décorateur, juvénile et char-

mantdans la Journée Girondine (1916), \a.Joiu'née de l'Hérault (1916), la Journée du Puy-de-Dôme (1916), la Journée de Seine-et-Marne (191 7), la Journée de la Charente-Inférieure (1917). Il fit sourire en montrant, dans la Journée du Poilu (1916), avec ce sous-litre (( Enfin seuls! )>, le retour du soldat dans la chambrette de Jenny l'ouvrière, avec la machine a coudre et le caniche qui fait le beau. On doit aussi à M. Willette l'affiche du Pays (1917), organe de défense du parlementarisme, où l'on n'est pas peu surpris de voir la foudre tomber sur le Palais-Bourbon!

Très décorateur, M. L.-E. Fournier inaugura une nouvelle disposition de l'affiche illustrée. Pour Metz (1916) est un grand placard divisé en deux parties; à gauche, la composition, d'un beau style : Metz-Andromède attachée nue au mur allemand et livrée en pâture au dragon cruel; à droite, le texte. Cette disposition originale a été reprise par M. Fouqueray dans cette autre belle affiche, déjà signalée, La Veillée des Tombes (1916) : où l'on voit le portrait en pied du cardinal Mercier, cette grande figure de la Belgique martyre.

L'affiche n'est pas dans les cordes de M. Lucien Simon ; il y montre un coloris dur et une composition sans invention. h'OEuvre du Sonvenir de France à ses inorins (1916) et l'affiche pour l'Exposition française de Barcelone (1917), sont d'un peintre qui n'est pas décorateur.

Voici encore : MM. Maurice Neumont {Journée du Poilu (1916), Journée de r Œuvre nivernaise (1915), Fête au Trocadéro en r honneur de Raemaekers (1916), où le courageux et habile artiste s'élance, le crayon en bataille, d'un fromage de Ilollandej; Jeanniot {La Ver- 7nine du inonde (1916) : tètes de Boches coilfées de chapeaux qui portent des ombres de casques à pointe, et <( On les aura! Le Poilu aura sa part » (1917), affiche lithographiée d'après un dessin de l'artiste au fusain et au crayon noir rehaussé de rouge); G. Redon {Œuvre de la Permission du Poilu (1916), et une composition d'un sentiment tendre, pour le troisième Emprunt, affiche commandée parla Société Générale, 1917); M. Lucien Jonas [Jowmée du Poilu (1916), <( Souvenez-vous des crimes allemands ! » (1917), Œuvre du soldat dans la tranchée (1917), et une affiche du troisième Emprunt, commandée par la Compagnie algérienne (1917) : il n'y manque ni pittoresque, ni animation, ni couleur); Lionel Royer {Journée sar- Ihoise (1916) avec la Marseillaise de Rude, une fois de plus); Henri Chelter (yo«/v«y?e de Bourg-la-Reine (1916) : une ménagère, un pain sous le bras et deux enfants qui ne doivent rien à Poulbot) ; Roger Bréval {Œuvre du soldat ardennais, rêvant dans sa tranchée au vil-

LRS AFFICHES

lage lointain); Atamian (« Dpboitt les morls! » : une tranchée envahie, on s'y bat, du mouvement et même de la véhe'mence; ce n'est pas très affiche, mais c'est très bien, 1915); Brangwyn, le puissant peintre et aquafortiste anglais, si évocateur et si somptueux de couleur, qui a composé pour L'Orphelinat des Arts et pour L Orphelinat des Armées (1916) des décorations murales d'un puissant caractère; M. Maurice Ghabas [Exposition des Amis des Artistes (1916), V Aiguille française (1917), compositions pleines de noblesse, mais

AFI'ICIIE POUR LK 3" EMPRUNT DE LA DÉFENSE NATIONALE PAR M. ALBERT BBSNARO

lettre sacrifiée) ; Exposition José Villegas, avec fragment de tableau fort bien lithographie, par M. Signoret (1917); M. Steleski, dont la Matinée au profit des artistes russes (1916) est d'un (( futurisme » caricatural des plus amusants; M. André Devambez {Le Conseiller municipal (1916), La Protection du Réformé n"" ^2 (1917), talent toujours original); Rapin [L'Architecture régionale dans les provinces envahies (1917), affiche simple, linéaire, bien « tachée », décorative); Barrère {Pour nos frères (1915), Matinée au profit des poilus des régions envahies (1916), Les Parrains de Reuilly (1917), (( Souvenez-vous des crimes allemands! n (1917); Geo Dorival {Croix- Rouge française (1916) et, en collaboration avec M. G. Gapon — une

collaboration pour une simple affiche, chose rare! — Gala de musiciens roumains (1917), où un soldat rappelle, par son attitude, la figure agenouillée du Laza?'et de M. Claudius Denis); G. Capon seul {Association générale des Mutilés de la guerre (1917), imitation de M. Guy Arnoux); Gh. Jouas (<( Souvenez-vous des crimes allemands! » (1917), la troisième affiche pour cette œuvre, avec celles de MM. Barrère et Lucien Jonas, et la première que nous connaissions de cet artiste, plus spécialement dessinateur et aquafortiste); Emile Beaume {École des Beau.r-Arts : Exposition d'oeuvres des élèves (juin 1917) : poilu dans une tranchée, dessinant les ruines d'un village; simple et d'un joli sentiment) ; Hautot (« Semez des pommes de terre pour les soldats, pour la France » (1917) : un poilu conseille un vieux paysan et sa fille; fond de paysage, dominé par une église de campagne. Semez; c'est pla?itez qu'il aurait fallu dire; mais les bureaux ne consultent pas le paysan...) Enfin, les affiches du troisième Emprunt commandées par l'Etat : l'une de M. Ridgway Knight, un Américain (l'unité d'action financière!); une autre de M. R. Lelong; une troisième de M. le lieutenant Jean Droit; une quatrième de M. Auguste Leroux; une cinquième de M. Albert Busnard ! Les trois dernières sont remarquables : celle de M. Jean Droit, par l'énergique figure de son poilu et son coloris hors du commun; celle de M. Auguste Leroux, par tout ce qu'il y a de tendresse profonde dans le geste du père qui embrasse son enfant avant de repartir pour la tranchée; celle de M. Albert Besnard, par l'ampleur décorative, par un accent qui fait songer au quattrocento, et par les nerveux accords de sa palette où l'on retrouve nos trois couleurs distribuées avec l'art le plus raffiné. Arrêtons-nous. La floraison de l'afllche, en ces années d'épreuves, a été abondante et d'une belle qualité. Souhaitons qu'une publication, comme Xa^ Maîtres de t Affiche à' û y a vingt-cinq ans, conserve ces œuvres dans un format maniable et facile à consulter'.

1. Aux œuvres déjà signalées ajoutons : Grûn : Exposition de Laure Brouardel au profit de l'œuvre de secours aux médecins et à leurs familles (1916); M"^ Germaine Lemaire : Union des familles françaises et alliées (1916); Chanteau : Journée de l'Anjou (1916); G. Clairin : Les Mutilés de la Guerre (1916) et Fantasia, affiche du troisième Emprunt, pour le Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie (1917); Pann : Légionnaires juifs (1916) ; Louis Flot : Matinée au profit des Orphelins mutualistes (1916); Dangon, puis Emile Charrière : Salon des Années (1917^; Abel Truchet : L'Araignée du Kaiser (1916) et Exposition des dons américains (1917); Maurice Bomberg : Foire franco-américaine ci Saint-Sulpice (juin 1917); Raoul de la Nézière : Exposition d'art maroca'n (mai-août 1917); Grand Aigle : Tombola au profit des prisonniers de guerre de l'Eure (1917); Many Benner : La renaissance des foyers en Alsace (1917); Mercy : Salon des Humoristes (1917); Tru-

Voici donc terminée cette interminable revue de la production

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