‹ Les estampes, images et affiches de la guerreChapitre 24 sur 35 · DE LA DÉFENSE NATIONALE · texte numérisé non relu

DE LA DÉFENSE NATIONALE

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AKIMCIIF. POUR LE 3= EMPRUNT DE LA DÉFENSE NATIONALE PAR ^f. AUGUSTE LEROUX

en estampes de plus de quatre ans de guerre. Que s'en dégage-t-il? Plusieurs heureuses constatations.

bert : Œuvre du fusilier marin et du soldat breton (1917); Ackeim : Le Dessin dans les écoles municipales pendant la guerre (1917); enfin, en sus de celles déjà citées parmi les affiches des banques pour le troisième Emprunt, celle de

D'abord, les artistes ne se sont pas abandonnés. Quelle que fût la difficulté de leur tâche par le manque d'impressions directes, surtout au début de la guerre, ils se sont tous sauvés par le sentiment; leur production comptera, au double point de vue de l'histoire de la mentalité française et de l'art.

Ensuite, quantité de graveurs, d'imagiers, d'affichistes sont nés, qui n'eussent peut-être jamais pensé, sans la guerre, à ces modes d'expression; on vit M. Jules Adier faire à cinquante ans sa première lithographie et M. Paul Henouard la sienne à soixantedouze ans; M. Willette a débuté dans l'eau-forte, comme M. Jou et M. Gustave Pierre; MM. A. Guéritte, Mantelet-Martel, Pierre Fritel, Devambez, sont devenus graveurs; M. Laboureur, burinisle; M. Le Meilleur, M"^ Elisabeth de Groux et tant d'autres — car le bois a conquis la foule, — xylographes; nous avons eu la révélation de M. Claudius Denis, talent singulier et fort. Un plus grand nombre encore a été séduit par ce que l'affiche illustrée offre de liberté à l'imagination, à l'esprit, à la couleur, à l'arrangement et surtout à l'ingéniosité décorative, — ou bien par l'imagerie populaire qui, peu à peu, se rapproche de l'affiche de petit format. L'image, l'affiche et l'estampe ont fait connaître quantité d'artistes, à peu près ou totalement inconnus auparavant. Elles furent d'ail-

M. Chavannaz pour le Crédit commercial de France [M. Cliavannaz a aussi publié : « Quand s^upprimera-t-on Valcool? » (1917), Le Cercle du soldat (1918) et Wnion des Colonies étrangères en France (1918)] ; celle, non signée, de la Banque de France : un encadrement en forme de portique avec les noms des villes martyres sur les piliers; celle de M. Georges Scott pour la Banque nationale de crédit — du bon Scott, chose rare! — une Marseillaise véhémente, tenant à pleine poignée le drapeau déchiqueté et suivie de tambours battants et d'étendards déployés au vent de la Victoire; celle, non signée (due à M. Bap), pour la Société centrale des Banques de Province, une des meilleures parues, dont la décoration est constituée par les blasons de trente-cinq des anciens gouvernements provinciaux, venant se rattacher au coq gaulois; deux, signées Tel, pour V Agenda financier : l'une montant que cet emprunt est celui des Dernières cartouches, l'autre représentant des « poilus » dans la tranchée criant au passant: « Avez-vous souscrit? » ; une troisième, du même artiste, pour le Petit capitaliste : un « poilu » désignant sur le mur toutes les affiches de l'Emprunt; celle de la Chambre des notaires, ornée d'une reproduction d'un dessin de M. Willette, La Poursuite; celle, de la Compagnie des Agents de change, avec en tête, une vue... de la Bourse; celle, entîn, de M. Krivatizki, portant un soldat qui montre du doigt un texte manuscrit imité d'un vaudeville du Palais- Royal. (L'intérêt de cette affiche réside surtout dans l'indication de son procédé d'exécution : la platino-gravure. On voudrait voir cette sincérité devenir plus fréquente, aussi bien pour l'illustration du livre et pour l'estampe, que pour l'affiche; bien des tromperies deviendraient impossibles. Ce desideratum fit d'ailleurs l'objet d'un vœu au Congrès du Livre de 1917).

leurs, en l'absence de toute production statuaire ou picturale, la seule porte ouverte sur la notoriété. De ce fait, se sont aiguisés des talents dont l'après-guerre profitera.

Et, comme à des nécessités nouvelles il faut des hommes nou-

Emprunt Français

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