PARIS
AKFIt HE l'OUE LE o' EMPRUNT DE LA D É K K N S E NATIONALE, PAR M. BAP
veaux, des éditeurs se sont improvisés, suscitant eux-mêmes une clientèle nouvelle pour ces artistes nouveaux. Il y eut aussi des publications spéciales ', et un musée spécial, le Musée de la Guerre,
1. Le Musée et l'Encyclopédie de la Guerre, que dirige M. J. Grand-Garteret ;
dû à la généreuse initiative de M. et M""^ Henri Leblanc, qui le donnèrent à l'État, après l'avoir abondamment constitué et richement doté -. Bref, la guerre, qui n'est pas que destructrice, mais qui est aussi féconde, a déterminé des vocations et un important mouvement d'affaires. Si, comme le dit Shakespeare, « la mort, ce sombre fantôme, est assise sur le bras du héros ^ », nous voyons qu'une figure plus claire l'accompagne. Soyons reconnaissants à nos artistes qui nous ont apporté cette clarté!
Ils n'ont pas quitté leur tâche coutumière ; ils se sont rappelé le conseil de Delacroix : (( Agis, pour ne pas souffrir. » Ce faisant, ils ont allégé nos angoisses patriotiques et fortifié nos énergies en même temps que les leurs.
L'art, en de telles circonstances, est un archet qui passe sur les nerfs de la nation; quand on le passe mal, ils grincent. Mais il n'a pas mal passé.
le catalogue du Musée Leblanc (3 vol. parus); la revue L'Art et les Artistes, avec des numéros spéciaux fort intéressants.
2. D'une somme de 100 000 francs, immédiatement donnée par M™c Leblanc, et d'une somme de 400 000 francs, que ses héritiers verseront à l'Etat, dans les six mois de son décès (décret du 11 janvier 1918, publié au Journal officiel du 20 janvier).