PAR M . BERNARD N A U D I N
Pendant l'impression de cet ouvrage, un petit nombre d'œuvres nouvelles ont été publiées. La production artistique de guerre, qui s'était presque arrêtée au début de 1917, n'a pas repris au cours de 1918. Il y avait à cela plusieurs raisons :
la pléthore des cartons d'amateurs, les restrictions sur le papier, la raréfaction et le renchérissement de la main-d'œuvre, enfin les attentats par le canon à longue portée et les (( gothas )) contre la population de Paris. Les collectionneurs ont plus songé à mettre leurs portefeuilles à l'abri qu'à en augmenter le contenu. L'affiche, seule, fut assez abondante.
ESTAMPES. — Dans ce domaine, fort peu de chose: un croquis lithographique d'Alphonse Lévy, La Boue, qui rend bien cet enlisement si puissamment évoqué par M. Henri Barbusse dans Le Feu; deux lithos en couleurs sur les Américains, signées Malteste; deux eaux-fortes d'un architecte, M. Mouret, qui montre la Cathédrale de Rei?ns soutenue par des étais, comme un blessé par ses béquilles, et Y Arc de Triomphe après la protection du groupe de Rude par des sacs de terre et des madriers; ce sont deux bonnes eaux-fortes, qui visent en outre à être documentaires. M. Abel Faivre a reproduit en litho coloriée au patron un de ses plus humoristiques dessins de XÉcho de Paris : (( Pourvu que/les tien-