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qu'elle courait. (( La Brute est lâchée », cet ogre boche aux enjambées de sept lieues, qui porte sous ses bras des faisceaux de mitrailleuses en action, fit passer un frisson dans les nerfs les plus calmes. C'était l'image même de la Germanie envahisseusc, meurtrière, incendiaire et pillarde. C'était von Kliick dévalant u nach Paris », avec ses plans de bombardement méthodique, de massacres et de pillage organisé. Animée à ce point, la caricature devient épopée. Quoi de plus douloureux que le spectacle de celte jeune fille pantelante, que retiennent deux Pru.ssiens sous l'œil amusé de deux autres, tandis qu'un officier.
LA UORNE, DKSSIN DE M. FORAIN
long, .sec, impassible, le sabre traînant, avance le revolver qui va la foudroyer! Ces visions demeureront, longtemps après la tourmente, pour rappeler aux faibles que la haine est parfois justice.
Dans ses lithographies, M. Abel Truchet doit quelque chose à M. Steinlen, en sus de ce qu'il doit à M. Forain. Il ne manque, au surplus, ni de mouvement, ni de gouaille montmartroise: « Je le dirai à ton ministre! »; <( Si vous comptez sur lui pour la classe 36, vous pouvez garder vos pertnissions! » C'est un aspect sous lequel nos (( poilus », petits-fils de Fanfan la Tulipe, sont rarement envisagés. Une autre lithographie : C'est lame d'un peuple qui passe, nous fait assister au défilé de troupes conduites par la fougueuse Marseillaise de Rude. Si le droit d'auteur aux artistes existait, les
hoirs du grand sculpteur toucheraient d'appréciables revenus. Nous avons vu sa Marseillaise sur des projets de croix de guerre, sur des médailles de Journées; nous la retrouvons sur vingt estampes de MM. Willotte, Albert Fourié, Lionel Royer, Astorg, Sem, Uobaudi (affiches du 2« Emprunt), Coppier (Diplôme des combattants morts pour la France), etc. Hommage rendu à la puis.sance d'un génie qui, après quatre-vingts ans, exprime encore l'àme de toute une nation avec une autorité accrue; indice psychologique do l'état d'esprit de cette même nation qui, spontanément, va prendre comme emblème cette figure convulsée et admirable qui se précipite à la Victoire; expression vivante d'un idéal de patriotisme irréductible, éternel, aussi durable, au.ssi émouvant, aussi profond que la race ellemême... La Justice et la Vengeance poursuivant le Crime, de Prud'hon, cette autre allusion directe à la guerre, n'a point suscité les mêmes inspirations. Ce sera sans doute l'influence de demain, — quand il s'agira de punir!
Quelques artistes pourtant ont cherché <à renouveler la puissante figure de Rude. Une simple image d'Fpinal, de M. Henry de Groux a symbolisé la Marseillaise avec une belle violence et une intensité qui ne doit rien au pastiche.
La guerre mondiale a d'ailleurs oITerl à M. Henry de Groux le thème qui convenait à ses facultés d'artiste. Inspiré, illuminé, visionnaire, travaillant sans modèle et jetant h grands traits sur le papier, au crayon lithographique, ses compositions tumultueuses, revenant deux, trois, quatre fois sur son idée et l'accouchant comme faisait Socrate de celle de son interlocuteur, M. de Groux parvient à un degré d'expression et d'émotion d'une rare intensité. Chose admirable, ses lithographies ne le cèdent point à ses dessins. Se servant de la même matière, — le crayon copal, — il atteint aux mêmes effets. 11 excelle à faire éclater la lumière comme un drame dans des ombres pleines de mouvements et de sanglots. H y a du Rembrandt dans sa façon de comprendre le clair-obscur; parfois du Brangwyn dans sa façon d'éclairer subitement une figure, un groupe, une maison, mais avec plus de logique; parfois encore de l'Odilon Redon dans certaines formes vagues, évocatrices d'une création monstrueuse et inachevée. M. de Groux, qui, par ses grandes œuvres d'antan (je rappelle Le Christ aux outrages, Waterloo, Les Vendanges, Zola au Palais de Justice, Les Mauvais bergers, etc.), tient une place à part dans 1' <c intelligence » contemporaine, a donné sur la Vision lamentable et affreuse, sur toute cette souffrance épandue par le
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monde, sur ces désolations des choses et sur ces charniers, une note d'une àpreté et d'une puissance terribles. Déjà 37 lithographies et un album de 40 eaux-fortes et héliogravures retouchées k la pointe {Le Visage de la Victoire), planches rudes et sans grâce, d'une mor-
LKS DEVOTIONS
d'après la lithographie o r i a i n a l b u b m .
r. d'Alisnan t<\.
H R N R Y DR (i R O U X
sure égale, mais vigoureuse et pleine d'idées, où il reprend certaines de celles déjà exprimées par la lithographie, et d'innombrables dessins, sont sortis de son âme ardente et de sa main fougueuse. Citons : Les Euménides; Les Catafalques; Les Massacres; Les Dévotions; Les Ombres; Le Sanglant cortège; L'Ame des ruines. Mais
c'est le cas de répéter, avec don Ruy Gomez : (c J'en passe, et des meilleurs! »
A côté de M. Henry de Groux, il faut placer M"*^ Elisabeth de Groux, sa fille, qui s'est essayée dans le bois et dans l'eau-forte avec de réelles qualités, et M. Steinlen. L'un attire l'autre par une sorte d'affinité artistique. Ils sont pourtant bien différents, mais ils ont un air de famille. Ce sont deux fortes personnalités, M. de Groux plus hanté par le côté funèbre de la guerre, M. Steinlen par son côté vivant; le premier plus tourmenté, le second plus calme; celui-ci dessinant comme un peintre, celui-là comme un sculpteur — le sculpteur qu'il fut; — mais l'un et l'autre montrent la même pitié, la même soif de justice, le même amour des déshérités, la même sympathie pour tout ce qui est en marge de la société, du vagabond à Jésus. Des souffrances humaines, ils admirent moins la majesté qu'ils n'en partagent la lassitude. Enfin, ils ont, l'un et l'autre, une facture de dessin qui, par des moyens divergents, proclame le même principe : conserver à l'œuvre achevée la fraîcheur du croquis initial. Mais, tandis que M. Steinlen poursuit dans dix essais cette fraîcheur, M. de Groux, dans ces dix essais, poursuit la formulation de son idée; la fraîcheur de l'esquisse lui reste par surcroit '.
A l'heure où j'écris, M. Steinlen a produit sur la guerre 61 estampes, dont 0 eaux-fortes et 5 pointes sèches. Tout le reste est litho, le procédé où le maître excelle, à part 3 héliogravures, peu aisément discernables des lithos, sauf pour les épreuves de luxe, qui portent une remarque à la pointe sèche. La pointe sèche ne peut être tirée qu'en taille-douce et non en lithographie : c'est une importante annexe au beau catalogue publié en 1913 par M. de Grauzat.
M. Steinlen a retrouvé dans le permissionnaire son chemineau gueux, mais sympathique, avec son vêtement passé et sa musette en bandoulière. Le casque fait sur le visage la même ombre que le feutre décoloré. Ce peuple, dont il a donné une si parfaite expression que son œuvre est entrée dans l'histoire et qu'elle illustre magistralement les annales de notre démocratie, ouvriers et paysans,
1. Ces deux artistes ont eu chacun une importante exposition de leurs œuvres de guerre, 64 bia, rue de la Boëtie : M. de Groux, du 3 novembre au 10 décembre 1918, avec 298 numéros; M. Steinlen, du 20 février au H mars 1917, avec 318 numéros; et M. Hermann-Paul, aussi, du 27 mars au IS avril 1917, avec 306 numéros, dont 23 bois taillés au canif et, hélas! coloriés de bien désagréable façon. Les catalogues de ces trois expositions ont été préfacés, fort utilement pour le lecteur, par M™^ y. Le Mancel.
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F. WAliHii.,
PERMISSIO.NNAIRfcS A I.A (ÎARE DE L'eST d'après la lithographie originale UE m. STEINLEN
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intellectuels et artistes, femmes et enfants de la rue ou de l'usine, ce peuple, il l'a revu dans les gares (voyez ces Permissionnaires à la gare de /'Est, dont l'effet de lumière diffuse est si juste et si fini, dans les trains, dans les marches, dans les sommeils, dans les attentes, dans les affaissements, dans les fuites, dans les résignations. Pour lui, la guerre à peindre est à l'arrière, là où les hommes se reprennent à l'existence, et non dans les tranchées où ils s'ennuient; elle est dans les hôpitaux, où médecins et infirmières s'etïorcent à réparer les dégâts de la bataille; elle est dans le troupeau lamentable des gens qui remplissent les chemins de leur exode accablé; elle est aussi dans ces beaux types de soldats improvisés, grandis jusqu'au svmbole par leur acceptation joyeuse des risques de la guerre, par leur dédain do la mort qu'ils redoutaient hier,({u'ils redouteront demain, mais qui leur parait aujourd'hui moins insupportable que de manquer de « jus » ou de *» |)iiiard »; elle e.st dans ces mères, dans ces filles, dans ces épouses, alignées devant un cercueil que recouvrent drapeau et palme, et méditant douloureusement sur ce que fM Gloire leur apporte de consolations :
Veiidanycs de la yloire insipide ol cruelle,
énonce un vers profon<l de M. Henri de Régnier. Elle est encore dans ces midinettes, pressées et attendries au passage des poilus s'embarquant pour le front, et qui leur jettent : « Vous en fait\s pas; nou^, on s'en fait (tasl » Elle est dans ces veuves, blanches sous leurs voiles noirs; elle est même dans ces autres veuves « pour rire », qui ont toujours exploité la perversion masculine. Vrnvps (Tun /unis, précise la légende, au bas d'une des lithograjdnes les plus nerveuses et les plus veloutées qui soient. Il n'y a pas h se méprendre sur l'inlention : l'arlisle dénonce la prostitution aux aguets sous la [titi(''. Quelqu'un pourtant s'y est trompé et a vituj)éré Steinlen dans un article de journal. C'est toujours une erreur comi([ueque de faire le moraliste h faux; le fabuliste l'a dit expressément :
Soyez plulùl Masson, si c'est voire talent.
Nul n'ignore la contribution de M. Poulbot à l'histoire anecdotique de cette guerre. Elle est dune extrême abondance. Ses héros sont des moutards faubouriens, sans tenue, mais non sans dignité. La lignée de Gavroche! Ils font la petite guerre par jeu et n'ont point l'àme satirique. Ces gosses espiègles, observateurs, singes, dépenaillés, morveux, nature, sont, en vérité, charmants.
En estampes, M. Poulbot a publié une série de trente lithographies, soit en noir, soit rehaussées : Le Blessé; Enfants serbes; u Si faisais dix-huit ans! »; Exode, etc., et de petites eaux-fortes, souvent enveloj)pées d'une teinte, qui sont d'une qualité plus rare. l*arfois même elles atteignent au style, sans perdre de leur charme de laisseraller. Telle la planche Évacués, où deux enfants suivent une roule fore.stière, bordée d'arbres majestueux, comme les aimait Logros après Poussin ; telle Les Ftujitifs, oîi ces deux mêmes bambins rasent les buissons, sous la pluie qui embrume l'horizon et mêle sa triste.s.se à l'insouciance de ces Petits Poucets; tels Le Remplaçant; Les Bo7idins, etc. A coté de cette série, il y a celle des croquetons à la pointe, qui sont du Poulbot traditionnel, mais de l'excellent l*oulbot ; Les Éclaircurs; La Petite guerre; Petits mousses; Les Poilus; La Boîte au lait; etc. M. Poulbot a autant d'e.sprit sur le cuivre et la pierre que sur le papier.
Il a un émule en M. Coussens. ISI. Coussens possède un sentiment fin et un coloris délicat. Il .sait meubler ses planches avec intérêt; son dessin est serré, l ne suite d eaux-fortes en couleurs, où l'on remarque le Départ du mobilisé. Cour d'hôpital. Classe 15, Un poilu, Julot, (( Espèce d'embusqué ! », etc., affirmera sa valeur et sa parenté arti-stique avec son confrère réputé.
Nous rencontrons maintenant une liste de noms et d'œuvres qui requièrent quelque attention. .MM. Jules Adlcr : Ceux qui restent, première et excellente lithographie d'un artiste dont il semble que la lithographie ait dû être, de tout temps, le mode favori d'expression; — Lobel-Riche : Victoire et Liberté, pointe sèche; — Faverot : Comme il est avec eux (c'est le « vieux bon Dieu » que les Allemands poussent à coups de pied et à coups de poing pour le faire marcher; au fond, la cathédrale de Reims en llammes), litho noire et rouge; — Fraipont : Paris éteint, effet réussi d'obscurité transparente ; La France éternelle, image en hauteur où tirebouchonne autour d'une colonne de la Victoire, l'histoire glorieuse de notre pays, de Vercingétorix à Joffre : un cours, un tableau didactique, un compendium adroit! — Lucien Jonas, talent facile, banal et abondant : Les Vertus françaises. Vers r esclavage, etc. ; — F. Jacque, qui imite M. G. Scott; — Benigni, qui imite Détaille; — Bognard: Le Beau n'-ginient, en marche sur « Kalès», et retour, 2 lithos en couleurs; charges amusantes : Occupation allemande en Belgique, Vitikulture (soudards ivres); — Kulîerath : La Cible humaine, grande litho mouvementée, qui fait songer à un de Groux moins tumultueux; Le Retour du propriétaire
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(le couple pleure devant le logis dévasté, les brutes ricanent) ; L'Mlrmagne au-dessous de tout, bande de prisonniers teutons conduits pa un fantassin français qui semble emprunté aux vieilles lithographies de feu Gostiaux; — LevLMi et Lemonnier, deux élèves de l'École des Beaux-Arts, parait-il. dont l'association est assez heureuse; leur série des Villes mutilirs ntï manque pas de caractère, quoique entachée d'un peu de monotonie du fait d'un gronpi> de personnages
UAI-HÉS L'kaU-KORTK OKIItINALK DK M. IMIDI. BOT
iA(>i.»rtiriit .« M-' Hurth^lfmj.)
imniaiiquahlriiiriil |.|.i(r .m pivmi.M- j.lati, l.intùt \\ (jntile, tantôt k gauclip, types «le c<)mbatlanls, portraits cocasses de nos ennemis; — Louis L'3grand : Coiv/c de conralescrncr, eîiu-forte; — fil.if : Soirs dv f/urrrr, album de lithos en couleur d'après les dessins de l'auteur; — Pii'rre-Octave Vigoureux: bois schématiques qui rappellent ceux de M. Laboureur andj-nn»; manière; — Jacquelot du Boisrouvray : caux-fortcs et pointes sèches, d'un artiste plus peintre que graveur, mais «|ui a do la finesse et du charme; — Pierre l'aulus : Fiiria française, litho inspirée de H. de Groux: — Sindon : lithos à la Steinlen, moins aisées; — Fierric : a Couchez-vous! », litho; — Dutriac : compositions anecdotiques et sentimentales : La Lettre du blessé, Le Retour f lu tuico, Le Tricot pour les tranchées, etc.; —
Mondral : eau-forte représentant la misère du peuple, qu'il connaît si bien, dans cette manière, elle-même résignée et triste, qui donne tant decaractère à son œuvre; — Henri Boutet : Les Mots et les Mœurs de la Guerre, album de lithos; — Bigot : Le Butin (kronprinz emportant nos pendules); — Desbarbieux, riche de sève, mais inspiré par Jean Veber; — Edouard Bernard : L'Espion, La Lettre du fils, eaux-fortes en noir; En reconnaissance, Le Défi, La Dérive, eaux-fortes en couleurs; — P. -Albert Birot : Le Pied de nez de Marianne, bois; — Georges Bruyer, des eaux-fortes : Dernier appel, Poids mort, Convoi funèbre, Un philosophe; des bois : Bonne fourchette, « Plus que deux inimités ! », U Attaque, et un album de bois rehausses : ^25 estampes (1018). Je l'aime mieux dans ses bois : il y est plus ferme et plus coloré; — Lacault : Retour au foyer; « Nous avons de la chance, nous! nous savons qu'il est là » (parents pleurant sur un tertre), lithos tour h tour satiriques et émues, d'un sentiment juste; — et d'autres et d'autres : Gottlob, Grunhald, Jean Janus, Giris, Gh. ïliok'v, Aiidradc, Geoffroy, Fabiano, Leblanc, Acham, Ricardo Florès, Germaine Lemaire, etc., dont les œuvres déferlent sans arrêt ..
Il y a pourtant encore des bouées. Voici Jeanniot, dont le sang d'ancien officier sorti de Saint-Cyr, de blessé et de décoré de 1870, n'a fait qu'un tour à la nouvelle de la guerre. A défaut de l'épée, que son âge ne lui permet plus de tenir, il a saisi le crayon, le pinceau et la pointe. Il a montré les reitres criant <( Kamerad! )), les ravages du 75 (dessin acquis par l'État), « La Vermine du monde » — vous devinez quelle elle est! — une Préparation d'artillerie dans la Sommr, dessin qui deviendra eau-forte, avec une lumière à la Rembrandt sur un chaos dantesque. Il a commencé une série de grandes lithographies (à 150 épreuves), dont trois ont paru : Le Vaguemestre aux tranchées, Le Jus, qui fait pousser des acclamations aux poilus qui l'aperçoivent, et Le Poilu aura sa part, soldat avec sa mitrailleuse et son chien, dans une tranchée couverte de neige (1917). Ces pièces ont de hautes qualités de dessin, et les deux dernières, avec leur effet de neige, sont d'une excellente lumière. Il a publié au.ssi une eauforte. Les Pendues, dont une autre version a trouvé place dans un album de grande valeur artistique qui appartient à la série des Atrocités. Jeanniot s'est inspiré des enquêtes officielles, des documents recueillis par M. Pierre Nothomb et M. Joseph Bédier. Il a publié une première suite de dix lithographies, Les Crimes allemands, dont la police a interdit l'exposition, et, sous le même titre,
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l'album de 10 eaux-fortes, particulièrement ('loquentes et d'une technique parfaite, dont nous venons de parler'. Ce sont, en même temps que des œuvres de premier ordre par la variété des expressions et le sentiment de l'horreur, des témoignages terribles contre l'envahisseur. C'est du Callot, dans une autre formule, du Callot plus âpre et plus frémissant. A ceux qui rêvent de ^< la main fraternelle » une fois la lutte terminée, toujours ces dessins s'opposeront. On peut ignorer un récit, un livre; l'image, elle, s'impose. Elle n'entre
I. R s r B N D C E S d'après LKAU-KOIITE ORICiINAI. K DB M. G. .rEANNlOT
pas dans l'entendement par le raisonncnuiit, mais par le sentiment. Elle émeut, elle indigne, elle iiiilc, elle appelle la vengeance.
Ces atrocités, qui sont « plus que des crimes, des fautes », n'ont pas inspiré que M. Jeanniot. MM. Willette, V. Prouvé (Les Crimes de la (jnerre, eaux-fortes), Lobel-Uiche, d'Ostoya, ([ui, dans une série d'albums, fait preuve de brio et d'imagination, Abel Pann, très fécond dans tous les genres, avec 50 lithos sur les excès allemands en Pologne, Tap, Giris, Louis Morin {Imbécile cruauté, 20 eaux-