CHAPITRE VIII
HOKUSAI
Hokusai est en Europe le plus populaire de tous les artistes japonais, et, pendant longtemps, les Européens le regardèrent même comme le plus grand d’entre eux. Il joua un rôle important dans l’histoire de la gravure japonaise, à la fois par la particularité de son talent et par l’influence qu’il exerça pendant une vie longue et laborieuse ; néanmoins, il ne parvint pas à égaler les maîtres du xvme siècle. C’est justement cette particularité nouvelle, ce réalisme sans style, c’est-à-dire sans la subordination de l’observation de la nature à une conception plus hautement artistique, qui le fait paraître plus familier à l’œil européen; mais c’est aussi ce qui lui attira le dédain de son pays, dédain dont il eut à souffrir toute sa vie.
Nous ne voulons prendre parti ni pour ni contre ; considéré au point de vue européen, Hokusai montre certainement une richesse d’invention, une acuité d’observation et une sûreté de touche dont on trouverait difficilement l’équivalent ; et même, au point de vue japonais, nous devons admettre que, pendant les premiers temps de son activité, de 1790 à 1805 environ, il se tint honorablement à côté de Yeishi, Outamaro et Toyokuni, produisant des œuvres gracieuses
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et d’un cachet original ; quant à ce qu’il créa plus tard, pendant sa meilleure période, de 1815 à 1835 environ, ses paysages, animaux et natures mortes, surpassent tout ce qui a été produit en ce genre, n’importe où, au xixe siècle. Pour dire vrai, toutefois, il ne s’aventura jamais à des représentations d’un style noble et grand et d’un art élevé, et cela seul suffit à lui assigner un rang inférieur aux yeux des Japonais, qui ne trouvent pas que l’humour et l’esprit soient une compensation aux défauts de beauté et de forme. La culture littéraire ne semble pas, non plus, avoir été son fort, et comme ses qualités sont des dons tout à fait naturels, il resta ainsi jusqu’à la fin de sa vie un artisan (1). Pendant une activité de plus de soixante ans, car il mourut en 1849, âgé de quatre-vingt-dix ans, il produisit, croit-on, quelque trente mille dessins et illustra environ cinq cents volumes.
Katsushika Hokusai naquit à Yedo, le 5 mars 1760, et fut adopté dans sa petite enfance par Nakajima Ise, fabricant de miroirs du clan des Tokugawa, qui vivait dans le faubourg fleuri de Honjo, sur la rive la plus éloignée de la Sumida, dans le district de Katsushika (2). A l’âge de douze ans, il fut mis en apprentissage chez un libraire ; puis, dès l’âge de quatorze ans, il étudia la gravure, devint, en 1779, élève de Shunsho et
(1) Cf. le jugement juste, bien qu’en somme défavorable, de Binyon.
(2) De Goncourt, Hokusai, Paris, 1896 (contenant la biographie de l’artiste extraite de 1 ’Ulkiyoye-ruiko, p. ix, qui, toutefois, a besoin de rectifications fréquentes). — S. Bing, “ La jeunesse d’Hokusai ”, dans la Revue Blanche , X, 3io (n° 68, Ier avril 1896). — Anderson, Catal., p. 35o-357 ; Fenollosa, Catal., n 01 358-388; Strange, p. 60; Brinckmann, p. 241-272. — Duret, Critique d'avantgarde, p. 191-209 et ailleurs. — L’année de sa naissance est prise dans Revon. — Fenollosa ( Outline , p. 45) donne une bonne appréciation de cet artiste.
HOKUSAI
signa Katsukawa Shunro. Il fit des acteurs et des scènes de théâtre; illustra depuis 1781 beaucoup de petits livres populaires appelés kibiyoshi , d’après leur couleur jaune, mais fut obligé de quitter son maître en 1786. D’après Bing, il alla alors chez Kano Yusen, qu’il dut bientôt quitter aussi. Entre 1786 et 1788, il employa le nom de Gummatei. Depuis 1789, il composa lui-même beaucoup de romans et d’histoires populaires, qu’il illustra en même temps, et fut aussi, dit-on, un adepte des formes populaires de la poésie.
Il illustra en 1792 l’histoire du moineau à la langue coupée, signant encore Shunro, mais non Katsukawa. L’année suivante, il signe alternativement : Mugura (au lieu de Katsukawa) Shunro ; Toshu, autrefois Shunro (d’après Bing, comme élève d’un certain Torin); Tokitaro Kako (dans deux livres environ 1798-1801,0^61,^283 et 287, et sur les huit vues de la mer d’Omi représentées par des femmes) ; et Sori (comme élève du peintre Tawaraya Sori, auquel il avait succédé en 1795), nom qu’il céda plus tard à son élève Soji. Il signa Tawaraya Sori, Hiakurin Sori et Hokusai Sori (Catalogue de Tokio, p. 101), et sous ce nom publia un livre en 1803 (Catalogue Hayashi, n° 1771) et une série de beaux paysages en grand format oblong(i). Son libraire, à cette
(1) Fenollosa (Catal., n° 359) cite un certain Hishikawa Sori, mais ne décide pas si ce fut, comme il le croit, un artiste distinct ou seulement une des nombreuses métamorphoses d’Hokusai. De cet Hishikawa Sori, il nous est parvenu quelques très belles illustrations en couleurs de Poèmes sur les Artisans, 3o feuilles en petit in-folio. Comme les estampes signées Sori sont aussi belles que n’importe lesquelles d’Hokusai, on peut fort bien les lui attribuer, comme le fait le Catalogue Hayashi (n® i2o5).
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époque, était Yeirakuya Toshiro, de Nagoya, qui avait une succursale à Yedo. Avant la fin du siècle, il se servit aussi du nom de Tokimasa Taito (et non Tatsumasa Raito, comme le dit Anderson dans son Catalogue), qu’il porta encore plus tard, comme le prouvent un Santei gwafu de 1 8 1 6 et le Hokusai givashïki de 1 8 1 8 (i).
En 1797, il illustra des livres en collaboration avec Yeishi, Shighemasa et d’autres; en 1798, il publia avec eux et Outamaro un ouvrage, Dantoka (?) (chants de danses d’hommes). De la même année est datée la préface de l’ouvrage Onna niobo sanjurokkasen , les trente-six poètes, imprimé en 1801, pour lequel Hokusai dessina le titre, et Yeishi les autres feuilles. Ici, il se sert déjà du nom d’Hokusai, qu’il prit, croit-on, comme gage de sa grande piété pour le dieu Hokushin Mioken, et qui paraît pour la première fois en 1790, dans le Mitate shushingura. Anderson, cependant, en fait remonter l’origine à son ‘ 1 atelier du Nord ”, comme probablement l’artiste désignait sa demeure, d’après sa situation. Il signe généralement Katsushika Hokusai d’après le district de ce nom où il avait grandi ; à partir de 1800, il signa souvent Gwakiojin Hokusai, ce qui veut dire “Hokusai fou de dessin”.
Après avoir, vers 1820, donné son surnom Taito à son gendre Shighenobu (ou à un élève du nom de Kameya Kisaburo), il signa souvent Iitsu(qui, lu en japonais, est rendu comme son par Tamekasu).
(1) Un certain Katsushika Taito, dont plusieurs estampes sont citées dans le Catalogue Hayashi (n°8 1240 et suiv.), et qui est l’auteur d’un ouvrage illustré: Fleurs et oiseaux, qui parut en 2 volumes, à Osaka, 1848-1849 (ld., n° 1785), fut probablement un tardif élève d’Hokusai (maiscf. aussi après Shighenobu).
Hokusai (1760-1849). — Langouste et branche de pin.
Hokusai (1760-1849). — Les Lys.
Fond bleuté.
Collection H. Vever, Paris.
Ees Estampes Japonaises.
Pl. 5 7. Pag. 204.
HOKUSAI
Pendantles vingt dernières années du xvme siècle, Hokusai subit l’influence des maîtres les plus divers. Tout d’abord celle de Shunsho, sous laquelle il produisit, dès 1778-1779, une série de portraits d’acteurs ; puis il imita ensuite les guerriers de Shunyei et les paysages de Toyoharu ; Sbighemasa Tinfluença aussi. Bing, toutefois, donne plus d’importance à l’action qu’eut sur lui Kiyonaga, le plus grand maître de cette période ; dans le style de ce dernier, il fit un Kintoki tenant un ours dans ses bras, tandis qu’un aigle est perché sur son épaule, ainsi qu’un triptyque de scènes de l’histoire des fidèles ronins. Ses lutteurs datent de 1790- 1791.
Il apprit de bonne heure de Shiba Gokan les règles de la perspective, qu’il appliqua parfois mais pas toujours. Une série de douze paysages, 1796, porte déjà une signature horizontale, dans la manière européenne ; une série de huit vues du lac Biwa montre aussi chez lui l’influence occidentale.
En plus de ses nombreuses illustrations de livres, il produisit, vers la fin du siècle, quatre séries des stations du Tokaido, suivies par une cinquième en 1801 ; la plus belle de ces séries est celle en forme de petits surimonos oblongs, ainsi que celle en hauteur, exécutée au même moment; puis plusieurs séries traitant de l’histoire des ronins, une de forme horizontale, 1798 (reprod. dans Strange, p. 64) ; une deuxième série de 1 1 feuilles horizontales, ainsi que deux séries, de 12 feuilles chacune, en forme verticale. La grande feuille oblongue, si belle, le bac, est
placée par Fenollosa (n° 363) vers 1798, quand l’influence d’Outamaro sur lui était très visible, surtout en ce qui regarde l’extrême sveltesse des figures. Mais il se distinguait favorablement de ses contemporains par une saine largeur de traitement, qu’il perdit ensuite.
Sa période d’apogée se place vers 1800; il avait acquis autant d’habileté dans le paysage que dans le dessin de figures ; ses personnages, minces et élégants, se meuvent avec une grâce et une aisance consommées sur les berges idylliques des nombreuses petites rivières de Yedo, dans toutes les saisons et à toutes les heures du jour; son coloris est sévère, simple et presque sombre, avec une prédilection pour le vert, le violet ou le bleu foncé et le jaune et le gris, de même que Yeishi.
Mais l’année 1800 fut pour lui particulièrement fertile en surimonos ; il exécuta le premier de ceux-ci vers 1793, sous le nom de Mugura Shunro ; et sa production en ce genre alla en augmentant jusque vers 1804. En plus de deux petits volumes Itakobuski , ou Chorai p zkku , chants d’amour, 1801, en 2 volumes, et le Yehon Chushîngura , histoire des ronins, 1802, en 2 volumes, il fit pendant cette période ces séries de vues de Yedo qui l’ont rendu si populaire : le Yehon a^uma asobi , 1799 (en couleurs, en 1802), le Toto meisho ichiran , 1800 (dans la deuxième édition de la même année : Toto shokei ichiran ), et le Sumtdagama riogan ichiran , 1804. De cette époque
aussi date l’estampe extraordinairement large qui montre les deux rives de la Sumida vues
HOKUSAI
d’un des ponts qui les relient. En 1804, parut encore un de ses plus beaux ouvrages, le Yama mata yama (montagnes et encore des montagnes), vues prises de la baie de Yedo, en 3 volumes.
De 1805 à 1817, il s’adonna surtout à l’illustration de romans, principalement de ceux de son ami Bakin, avec qui il se brouilla plus tard.
Il en illustra particulièrement un grand nombre en 1807; en effet, parut cette même année la première partie, comprenant 10 volumes, de l’ouvrage en 90 volumes : Shimpen Suikogmaden , ou Suiho den , nouvellement illustré, histoires de voleurs, dont le texte fut écrit d’abord par Bakin, puis ensuite, pour les derniers 80 volumes, par Ranzan ; nous verrons que Hokusai, après avoir délaissé l’illustration, s’y remit vers la fin de sa carrière, à partir de 1845.
Une date importante dans sa vie est celle de 1812, année qui vit la production du premier volume de sa célèbre Mangiva (croquis de fantaisie), suivi dans les années suivantes par 13 autres volumes.
Dans ces rapides croquis, qui comprennent le cercle complet de la vie journalière, de la légende et de l’histoire, aussi bien que de la nature, exécutés avec le plus grand brio, et montrant une extraordinaire maîtrise de l’anatomie, Hokusai créa une œuvre qui s’éloignait largement de tous les précédents efforts des Japonais et poursuivait un but semblable à cèlui de l’art européen. Une abondance infinie d’observations caractérise cet ouvrage, mais il n’a pas essayé de les coordonner. Bien que ces croquis puissent offrir aux Européens beaucoup de nouvelles idées, l’art du
Japon, qui ne cherche à progresser que par la force et l’individualité du style, ne pouvait en tirer que peu d’inspiration. Mais l’habileté incessante, l’inépuisable pouvoir créateur et l’imperturbable bonne humeur de l’artiste soulèvent constamment notre admiration. Madsen (p. 117) cite comme un exemple caractéristique le danseur du troisième volume de la Mangwa, qui est représenté dans trente différentes postures sans que sa tête soit une seule fois visible (1). Dans la première édition, ces feuilles, teintées en noir, gris et rouge clair, sont d’une extraordinaire acuité ; il y a aussi, dit-on, des retirages en noir et rouge seulement.
Avec cet ouvrage, Hokusai commença la série de publications relatives à l’instruction du dessin ; il est donc probable qu’à cette époque il atteignit une réputation spéciale comme professeur ; jusqu’en 1823, se suivirent rapidement divers ouvrages de ce genre. Dès 1812, parut le premier volume du Riakugwa hayashinan (leçons rapides de dessin abrégé), suivi en 1814 par le second; un troisième parut sans être daté ; dans le premier, tous les objets sont reproduits par des segments de cercle et aussi en partie par des carrés ; dans le second, Hokusai se dépeint luimême tenant ses pinceaux avec les deux mains, dans sa bouche, et avec ses deux pieds (reprod. par Goncourt, dans la Galette des Beaux-Arts , t. XIV, 1895, p. 441); dans le troisième, les dessins sont amenés à la forme d’idéogrammes.
(1) Pour la description détaillée du contenu des 14 volumes, cf. Brinckmann, p. 244.
HOKUSAI. La cascade de Yoro : L’une des huit cascades.
British Muséum.
HOKUSAI
En 1813, parurent ses études d’après nature, Shashin gwafu, 15 feuilles polychromes, de sujets variés, en moyen format horizontal, généralement réunies en deux albums, un de ses meilleurs ouvrages (reprod. dans Perzynski, n° 20) (1).
De 1816 date le Sautai gwafu (album des trois différentes formes de dessin), signé Taito, en deux tons, de format moyen. En 1817-1819 parut, en 2 volumes, le Yehon hayabiki (revue rapide de l’art du dessin) : sur chaque feuille, environ 50 ou 60 personnages au trait, les têtes généralement simplement indiquées par un ovale, pour prouver qu’une figure peut être dessinée sans traits. En 1813, le Hokusai gwakio (miroir des dessins d’Hokusai), grand format (appelé dans la seconde édition : Denshin gwakio) ; ainsi que le Shashin gwafu de 1814, le principal ouvrage de ce genre. En 1818, Hokusai gwashiki (méthode de dessin d’Hokusai, signée Taito, publiée avec l’aide de ses élèves). Dans cet ouvrage, Hirata, l’auteur du texte, remarque : u Hokusai est incomparable; tandis que tous ses prédécesseurs étaient plus ou moins les esclaves des traditions classiques et des règles acquises, lui seul émancipa son pinceau de toutes ces entraves et dessina d’après les inspirations de son cœur. N’importe ce que ses yeux, dévoués à la nature, absorbent en eux, il le rend avec vérité et précision. ” En 1820, Hokusai sogwa (grossiers dessins), Yedo, en blanc et noir; enfin en 1823 le Ippitsu gwafu (croquis d’un
(1) Décrit par Goncourt, p. 1 36. Siebold en a, paraît-il, rapporté quatre exemplaires, qui se trouvent maintenant dans les bibliothèques de Paris, Vienne, La Haye et dans la Collection Gonse»
seul coup de pinceau), léger coloris, format moyen.
Il fit aussi une série de caricatures extrêmement vives, dans un petit format oblong, qui sont imprimées en deux différents gris et une teinte de chair, et par là appartiennent probablement à l’époque des Cent vues du Fuji.
Ses épreuves en bleu foncé sont particulièrement délicates. En 1848, parut le Y ehonSaishikitsui , traité sur le coloris, en deux volumes. Hokusai en avait promis un troisième, mais ne put pas le finir.
Les gigantesques peintures qu’il avait coutume de faire pour étonner ses admirateurs appartiennent probablement à la période de sa grande activité comme professeur. Dans le célèbre épilogue pu premier volume des Cent vues du Fuji , 1834, il darle de son propre développement artistique, uisant que, dès sa sixième année, il sentit Timpulsion de dessiner les formes des choses ; quand il eut environ cinquante ans, il avait déjà publié dn nombre incalculable de dessins, mais n’était pas satisfait de tout ce qu’il produisit avant sa soixante-dixième année (1830). Ce ne fut qu’à l’âge de soixante-treize ans qu’il commença à comprendre la vraie forme et nature des oiseaux, des poissons et des plantes ; par conséquent, il espérait faire de grands progrès à l’âge de quatrevingts ans et pénétrer à quatre-vingt-dix ans dans l’essentiel de toutes choses. Alors, vers cent ans, il atteindrait sûrement un état encore supérieur, et, s’il pouvait arriver à l’âge de cent dix ans, chaque petit point et chaque ligne seraient vivants (1).
(1) Brinckmann, p. 2o3.
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Ees Estampes Japonaises.
HOKUSAI
Dès sa quatre-vingtième année, il mentionna son âge sur ses œuvres. Vers 1820, il avait déjà instruit un nombre considérable d’élèves, dont beaucoup se firent un nom et, comme Gakutei et Hokkei, réagirent sur le style de leur maître; nous en avons une preuve dans les surimonos, qu’il fit de nouveau à cette époque, les rendant particulièrement riches et variés en employant d’innombrables couleurs métalliques.
De même qu’il développait encore, sans cependant atteindre ses grands prédécesseurs comme style, ce sens de la vie naturelle dans les représentations de plantes et d’animaux, qui reprenait depuis le dernier quart du xvme siècle et avait été surtout cultivé par Outamaro, Hokusai donna aussi la preuve de sa susceptibilité aux tendances du temps dans les nombreux paysages qu’il fit, depuis 1820 surtout. Avec Hiroshige et Kunisada, il forme la constellation artistique qui proclame la renaissance, à cette époque, d’un sentiment pour la nature, et représente la dernière élévation caractéristique de l’art japonais.
Après le paysage aux “ cent ponts ”,très grande feuillede 1823, suivirent, jusqu’en 1829, les célèbres Trente-six vues du Fuji , le volcan de 3729 mètres de haut, qui, à l’ouest de Yedo, forme point de repère et peut être regardé comme une caractéristique du pays. Dans cette série, imprimée surtout en bleu, vert et brun, de format moyen et oblong, qui fut graduellement augmentée jusqu’à 46 feuilles, il nous montre la puissante montagne, tantôt près, tantôt loin, à des heures et à des saisons variées, avec un premier plan
toujours changeant qui diffère dans chaque épreuve et éveille par lui-même notre intérêt ; parfois la montagne n’apparaît que comme un point vague; mais cependant elle est toujours indispensable à l’effet général (i).
Vers 1827, parurent le Shokoku takimeguri (cascades), 8 feuilles verticales; et, en 1827-1850, le Shokoku meikokîran (ponts), 1 1 feuilles oblongues similaires comme exécution aux Trente-six vues du Fuji. Enfin, en 1854-1835, il publia ses Cent vues du Fuji , ouvrage plus petit, tiré en blanc et noir (dans la seconde édition, un léger ton de bleu est ajouté), qui, bien qu’inférieur en puissance aux Trente-six vues du Fuji , produites dix ans auparavant, contribua, par l’extraordinaire richesse de l’invention, presque autant que la Mangwa , à la popularité du maître (2). Il exécuta aussi quelques paysages dans le goût hollandais (européen).
Vers 1828, il se remit avec une nouvelle vigueur à l’illustration de livres; nous avons de cette époque un ouvrage érotique excellent d’impression : Kinoye no Komatsu (les Jeunes Pins), en 3 volumes, de format moyen ; puis le Yehin teikinorai (correspondance illustrée à propos du jardin familial), système d’éducation, en 3 volumes, de format moyen, un de ses plus beaux ouvrages, 1828. Déplus, les 5 feuilles d’apparitions, d’un effet saisissant, intitulées Hiaku monogatari
(1) Cf. la description de chaque feuille dans Goncourt, p. 162. Fenollosa (n° 382) mentionne l’épreuve du bateau comme peut-être la plus originale et celle qui fait le plus d’impression. Reprod. en couleurs dans Perzynski (p. 16, 64,80); en noir et blanc ( id ., n°» 52-6i) (Cf. aussi id., p. 77 et suiv.).
(2) Madsen, p. 129; Brinckmann, p. 258; Goncourt, p. 208.
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(les Cent contes), 1830 ; de la même époque environ, les io grandes feuilles Shika shashinkio , portraits de poètes, excellentes et très rares (Concourt, p. 185); 5 feuilles d’animaux, signées Hokusai Iitsu (Goncourt, p. 188); les dix grandes planches de fleurs, en format oblong, excellentes de style (Goncourt, p. 190); 10 feuilles un peu plus petites de fleurs ; de plus, le coq, la poule et les poussins, une des plus grandes estampes connues, 45 centimètres de haut sur 60 centimètres de large (Collection Bing) ; et dans un même style, la danse de Nô (Collection Vever), 40 centimètres sur 5 1 centimètres, et le kakémono avec les acrobates arrangés en pyramide (même Collection).
Dans son meilleur style est le Toshisen yehon} de 1833 (et ï 8 3 6) , en blanc et noir (poèmes illustrés de la période Tang); de 1835 date le Yehon Kokio (amour filial), 2 volumes de format moyen, dans lesquels est aussi la grande signature bien connue que reproduit Brinckmann (p. 199). Pour montrer son extraordinaire universalité, il suffit de noter ses Modèles de peignes et de pipes ( îmayo shikhen hinagata ) de 1822-1823; les 10000 dessins pour industriels ( Banshoku ^ uka ), 5 volumes teintés, 1835, signés Taito (Cf. Brinckmann, p. 266) et les Dessins d'architecture ( Shin hinagata ), de 1836.
Des trois filles de l’artiste, la plus jeune (Oyei?) devint peintre très habile ; elle épousa un certain Minamizawa, mais divorça plus tard. Une autre de ses filles, Otero (Omiyo?) épousa son élève Y anagawa Shighenobu ; leur fils causa beaucoup
d’anxiété à son grand-père, forçant le vieil artiste, pour échapper aux créanciers de son petit-fils, à vivre de 1834 à 1839 dans le petit village d’Uraga, province de Sagami ; il fut même probablement la cause de la manière agitée de vivre d’Hokusai, car on dit que l’artiste ne passait jamais plus d’un mois ou deux au même endroit. Quand, en 1839, une famine arriva, et que, comme dernière calamité, la maison d’Hokusai brûla avec tous ses dessins, le vieil artiste dut tirer toutes ses ressources de la vente de nouveaux albums. Dans la même année, il fit 27 des 100 feuilles projetées du Hiakuninishu ubagayetoki (Cent poèmes expliqués par la nourrice) (Concourt, p. 238). A celles-ci succéda une série de 3 feuilles, Neige , Lune et Fleurs .Dans cette dernière période de sa vie, il collabora fréquemment avec Toyokuni II (Kunisada), Kuniyoshi, son gendre Shighenobu, et Yeisen, en illustrant des livres. En 1843 parut sa petite Mangiva , et, en 1849, maître mourut à l’âge de quatre-vingt-dix ans.
Une liste de ses peintures et dessins est donnée par Goncourt (p. 269-332). Aucun autre artiste n’a changé aussi souvent de nom qu’Hokusai ; Gonse (I, 275) cite neuf différentes signatures. Le nombre de ses élèves fut très grand; nous mentionnerons plus tard les principaux d’entre eux. Un portrait d’Hokusai se trouve dans le Tatsugarva (les cent poètes célèbres) de Kuniyoshi (reprod. dans le Catalogue Burty, p. 130) ; un autre, fait dans sa quatre-vingtième année, par sa fille Oyei, est reproduit en couleurs par Goncourt au début de son livre.
Kunisada (1787-1865). — Cheval couché.
Collection H. Vever, Paris.
Pl. 59. Pag. 214.
HOKUSAI
Nous trouvons des reproductions de ses œuvres dans Gonse (I, 94, 95, paysages de 1790 environ) (I, 274, et II, 338, de 1802) et dans Anderson ( Japanese Wood-Engraving , 24, intérieur vu en perspective, d’un ouvrage de 1826), ainsi que dans beaucoup d’autres endroits. Fenollosa ( Outline ) reproduit une de ses peintures.
Après un apprentissage complet, Hokusai s’était donc élevé, vers t8oo, au premier rang des artistes; par son activité, par la puissance et la variété de son imagination, il retarda de beaucoup le déclin inévitable de l’art japonais ; mais, comme il manquait de culture et de génie, il en resta réduit à exprimer les choses externes et ne put jamais ramener l’art à sa hauteur primitive, ni créer un style nouveau et grand.
En addition aux notes déjà données concernant ses travaux individuels, nous pouvons citer les suivants :
Estampes séparées :
Acteurs, en jaune et un peu de rose, vers 1778 (?) ;
Kintoki, entre un singe et un chien qui porte son coffre ;
Le même avec un ours et un aigle, blanc et noir, format moyen.
Pêcheur pris par une pieuvre; près de lui un jeune homme riant ;
Lutteurs, vers 1793 ;
Triptyque, scène des ronins, sous l’influence de Kiyonaga;
Bateau, avec les dieux du bonheur pêchant, datée de 1790-1800 ;
Kintoki, tenant un ours dans ses bras, avec un aigle perché sur son épaule, signée Shunro, influence de Kiyonaga;
Dakki, la maîtresse d’un tyran chinois, regardant d’une fenêtre un bourreau enlevant un enfant ;
La déesse du soleil dans sa caverne;
Vue des deux rives de la Sumida, prise d’un pont ; très large feuille, vers 1800 ;
Le paysage aux cent ponts, très grande ;
Fujiyama, vu de dessus l’eau, 1802, non signée ;
Les 53 stations du T okaido, comme un jeu de Sugoroku, grande ; Arpenteur au travail, 1848, grand format oblong.
Animaux :
Aigle sur un perchoir à côté d’une branche de cerisier en fleurs; Deux cigognes sur une branche de pin sous la neige ;
Deux carpes remontant une cascade;
Chevaux paissant ;
Tortues au fond de la mer.
Séries:
Les six Tamagawa, un, peu brutal ;
Les mêmes avec médaillons ;
Trois feuilles de paysages nocturnes, avec des femmes se promenant, petit format ;
Shika Shashinkio, poèmes, 10 grandes feuilles, avec d’excellents paysages et figures ;
Les îles Liukiu, 8 feuilles ;
Les Cent poèmes, 27 (?) feuilles, format oblong, signées Hokusai
Surimonos :
Jeune marchand, 1793, au dos programme d’un concert d’été ; Les douze mois personnifiés par des femmes ;
L’enfance des caractères dans l’histoire ;
Grand format :
Homard et branche de pin, 1802 ;
Un autre sans branche;
Maison de thé près de la rivière, 1804 i Branche de prunier en fleurs, 1806 ;
Couturières, 1809 ;
Série de 5 feuilles de coquillages, signée Gechi Rojin Jitsu.
Manji.
Ketsat Yf.isen (1792-1848). — Carpe remontant une cascade.
Impression polychrome.
Collection H. Vever, Paris.
Pl. 60. Pag. 216.
HOKUSAI
Illustrations de livres :
Livres jaunes ( kibiyoshi ), en format 17 X I2cm,5 de 1780 à 1811 (Cf. Goncourt, p. 347). Parmi eux l’histoire du Moineau à la langue coupée, 1792 ; et les Chemins de la richesse et de la pauvreté, 1793 ;
Meguron 0 hiaku zuka (Yedo, 1780), 2 vol. avec 20 images, fut son tout premier ouvrage ;
Yehon onaga mochi (la boîte au contenu varié), Yedo, 1784 ;
Mitate chushingura (contemporains comparés avec les 47 ronins), 1790, signé Hokusai;
A a shinkiro, 1804 (hommes avec des coquillages au lieu de têtes);
Onna niobo sanjiurokkasen, les 36 poétesses, 1801, avec une préface de 1797 ; la première page est de lui, le reste par Yeishi ;
Yehon azuma asobi, la promenade de l’Est (c’est-à-dire de Yedo la capitale de l’Est) ; grand format, 1799, en 1 vol. en blanc et noir ; en 1802, en 3 vol. en couleurs, inférieur au suivant; reprod. dans Gonse (I, p. 274, et II, p. 338) et dans Strange (p. 66) ;
Toto meisho ichiran, vues de Yedo, 2 vol., grand format, 1800. Très varié de style, avec nombre de petites figures dans le paysage ; appelé dans la seconde édition de la même année : Toto shokei ichiran ;
Sumidagawa riogan ichiran, vues des berges de la Sumida, 3 vols, grand format, 1804 ; commençant avec le printemps et finissant avec l’hiver (reprod. dans Strange, pl. VII) ;
Rééditions des trois ouvrages ci-dessus mentionnés, en 1815, avec l’addition d’un ton bleu, encore très bonnes ;
Yehon chushingura (histoire des ronins), 2 vol., format moyen, 1802 ;
Shimpen suiko gwaden, nouvellement illustré ;
Suikoden, en 9 séries de 10 vol. La première 1807, avec texte par Bakin ; les autres avec texte par Ranzan ; seconde série, 1829 ; la troisième et les restantes beaucoup plus tard. Chaque volume contient environ 3 doubles feuilles ;
Mangwa, I, 1812; II, 1814; III, 1815; IV (surtout mythologique) et V, 1816 ; VI (gymnastique) et VII (paysages), 1817 ; VIII, 1818 ; IX et X, 1819 ; XI et XII, 1834 ; XIII, 1849 ; XIV, 1875 ; XV, 1879. Réimpressions en 1844, 1848 et 1875. D’après Duret, Hokusai fut aidé dans l’achèvement du neuvième volume par ses élèves, Bokusen, Hokun Hokkei, Hokusen, Utamasa. La première édition du douzième volume est tirée en blanc et noir,
sans la planche du ton de chair. Pour le contenu des volumes, cf. Perzynski (p. 59 et suiv.) (reprod. id., n°‘ 11 et 17) ;
Dochu gwafu, le Tokaido, en 2 vol., format moyen, 1836, réimpression en 1881 ;
Dans le Kwacho gaden sont de très belles représentations d'animaux, qui sont parmi ses meilleures œuvres en ce genre (reprod. dans Perzynski, nM 37 et 42) ;
Les cent contes (Cf. Perzynski, p. 84 et suiv. ; 111., id., n#* 67, 70) ;
Les planches du Yehon Toshisen gogon zekku, 110 images, ne furent découvertes qu’en 1880, et alors imprimées à Tokio çn 2 vol. (Catalogue Gillot) ;
Les Cent vues du Fuji : première édition, avec la plume de faucon sur la couverture, vol. I, 1834 ; vol. II, 1835 ; vol. III inconnu dans cette édition tirée en blanc et noir. Seconde édition peu après, avec surimpression d’un ton bleu. Réimpression de 1880 beaucoup plus foncée que la première édition. Reproductions dans Perzynski (nos 73, 86 ; cf. id., p. 87).
Environ vingt artistes sont notés comme élèves d’Hokusai ; nous mentionnerons ici les suivants : Hoku- Teisai Hokuba, qui produisit pendant les dix
premières années du xixe siècle, est avec Hokkei fea le plus ancien des élèves d’Hokusai (i). Fenol-
losa cite une de ses peintures, qu’il place vers 1800. On mentionne comme ouvrages illustrés par lui : Tohitsu yogen kwairoku (lumières et ombres des constellations nocturnes), 2 volumes in-octavo, blanc et noir, 1809; puis Denka chaiva , 5 volumes, 1829. Dans ses dernières années, il adopta le style de Kunisada et d’Hiroshige, et finalement, vers 1830, s’attacha à Kuniyoshi. D’après le Catalogue de Tokio (p. 108), il n’adopta le nom de Teisai que vers 1830. Il produisit de bons surimonos ; reproduction d’une composition animée par Strange (p. 74).
(1) Anderson, Catal., p. 367; Catal. Burty, n« 671; Catal. Fenollosa, n® 3gi ; Strange, p. 73.
Kuniyoshi (1800-1861). — Le prêtre Nichiren, fondateur de la secte bouddhiste Hokka (xme siècle), se promenant dans la neige.
Robe rose, ciel gris noirâtre.
Kuniyoshi (1800-1861). — L'Averse sur les bords de la Sumida, a Omagayachi dans Yedo. Impression polychrome.
Collection H. Vever, Paris.
HOKUSAI
Uvoya Hokkei, le meilleur élève d’Hokusai, naquit en 1780 et mourut dans la période Ansei (185 4- 1 8 5 9) ( 1 ) . Avant de venir à l’atelier d’Hokusai, il est supposé avoir étudié sous Kano Yeisen D’après le Catalogue Hayashi (^1229), il signa aussi Todoya, Kiosai, Kiyen, etc. Il est excellent dans ses surimonos; l’un d’eux est reproduit par Fenollosa ( Outline ) ; de ses livres illustrés le plus connu est la Mangwa (1814), 2 volumes in-octavo. On mentionne en outre :
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Fujin gwazoshu (poétesses japonaises), in-octavo, blanc et noir, 1806 ;
Sinsen kioka kojunin ischu (50 poètes), in-octavo, blanc et noir, 1819 ;
Kioka foso rneisho zuye (endroits célèbres), 3 vol. in-octavo, en couleurs, 1824;
Suiko den (108 héros), in-octavo, en couleurs, 1828 ;
Hokuri junitoki (Yedo, vers 1820), vues du Yoshiwara, blanc et noir ;
Shokoku rneisho, endroits célèbres ;
Yoshiwara junitokii (les douze heures du Yoshiwara)
Hokkei zuko, croquis, 2 vol. in-octavo, en trois tons ;
Poèmes à la lune, in-octavo, blanc et noir ;
Haikai hiakkachu, 100 Hokku (poèmes de 17 syllabes, et portraits des poètes), in-octavo, blanc et noir, 1848.
Une de ses plus importantes estampes est le grand Pont suspendu dans la neige. Parmi les élèves d’Hokkei furent, en plus de Gakutei, Keiju (Catalogue Hayashi, n° 1252) et Keise(/i., n° 1253).
Gakutei, qui produisit dans le premier tiers du xixe siècle, est supposé avoir été auteur à l’origine, puis avoir étudié avec Shunsho et plus
(1) Anderson, Catal., p. 367; Catal. Burty, n° 675; Goncourt, Ho k usai, p. 339; Fenollosa, Catal., n° 389.
tard avec Hokusai (ou, d’après le Catalogue Hayashi, n° 1249, avec Hokkei) (1). Il fut, lui aussi, célèbre pour ses surimonos, comme par exemple la série des Sept dieux du bonheur représentés par de jolies femmes en robes magnifiques.
Gonse (ill. 144) donne une reproduction d’après lui de 1822. On peut citer parmi ses œuvres :
Ichiro gwafu, dessins d’un vieillard, Yedo, 1823 J
Les trente-six poètes, doubles feuilles, 1826 ;
Les artisans, 46 feuilles in-octavo ;
Illustrations de poèmes, pour la plupart des paysages, 11 doubles feuilles ;
Paysages, 40 feuilles in-octavo, pas extraordinaires;
Jeunes filles dansant à la lumière d'une lanterne rouge, série de 5 petites feuilles (Catalogue Gillot) ;
Les Ko-Shoguns, cinq surimonos (Hambourg).
Yanagawa Shighenobu, 1786-1842, épousa la fille d’Hokusai, Omiyo, qui plus tard obtint son divorce ; après cette séparation, il imita le style de Kunisada (2).
De son beau-père il avait reçu, vers 1820, le surnom de Taito. Parmi ses œuvres peuvent être mentionnées :
Satomi Hakken Den, illustré en collaboration avec Sadahide et Keisai Yeisen ;
Yanagawa gwacho, album divers, noir et rouge, in-octavo, Owari, 1821 ;
Yanagawa gwafu, le même, 1821 ;
Paysages, 20 doubles feuilles in-octavo, pas très bons ;
(1) Anderson, Catal., p. 343; Strange, p. 32-74; Goncourt, Hokusai, p. 341.
(2) Anderson, Catal., p. 368 ; Goncourt, Hokusai, p. 344; Catal. Burty, n° 687.
HOKUSAI
Kioka meisho zuye, 1826, teinté;
Sansui gwajo 1835, paysages.
Yanagawa Shigeyama fut l’élève de Shighenobu; il fit le Yehon Fujibakama , femmes célèbres, Yedo, 1823, réédition en 18^6, en 2 volumes.
Katsushika Isai compte parmi les derniers élèves du maître (1); de lui on peut citer :
Kwannonkio riakuzukai, traité bouddhique, 1851 ;
Nichiren Shonin ichidaizuye (la vie de Nichiren), 6 vol., 1858 ;
Isai gwashiki, croquis, 2 vol., blanc et noir, 1864 ;
Kwashosansui zushiki, 5 vol., petit format oblong, blanc et noir, 1865-1868 ;
Mangwa hayabiki, quatre séries, 1867.
Shotei Hokuju publia un livre de dessin, Hokuju gwafu , ainsi que des paysages en style européen, très recherchés et qui sont remarquables par leur bleu-indigo avec du vert-pin, du violet-manganèse, et par leurs masses de légers nuages ; ils représentent pour la plupart des vues de rivières. Duret (n° 384) mentionne un livre en 1813, et Fenollosa une estampe de 1835 environ (2).
Hokun, au début architecte, publia une Margwa in-octavo, en blanc et noir, qui ressemble de très près à celle d’Hokusai (j); le Catalogue Hayashi (n° 1 775) mentionne un livre de lui, Nagoya , de 1818 environ.
Shofu Kiosai, le plus jeune des élèves d’Hokusai, né en i8ji, imita son maître avec fidélité et verve ; de lui sont :
II) Anderson, p. 370; Catal. Burty, n° 726; Duret, n° 417.
2) Id., p. 367 ; Goncourt, Hokusai, p. 343 ; Fenollosa, Catal., n° 390.
3) Catal. Anderson, p. 367; Goncourt, Hokusai, p. 343; Catal. Burty, n° 688.
Kiosai gwafu, croquis, vers 1860 ;
Y ehon takakagami, 5 vol., vers 1880;
Mangwa, 1881 (dont Brinckmann reproduit une illustration, p. 214).
Les autres élèves d’Hokusai sont les suivants : Rinsai Soji (Catalogue Hayashi, nos 12 et 14); Isai Hokutai (id. , n° 1235), un livre de lui en 1803, Yedo ; Hotei Gosa Hokuza (td., n° 1238), un livre de lui en 1820, Yedo; Katsushika Hokuga, surimonos; Taigaku (td., n° 1244); Hokute Joven, vers 1840 (n° 1243); Yanagawa Shigheyama, livre de lui en 1823 (Duret, n° 390); Hokusu, livre de lui en 1808, Yedo (Catalogue Hayashi, n° 1773).