ARTISTES DU DÉBUT DU SIÈCLE. || 2« KUNISADA
|| 3° HIROSHIGE.
i° Artistes du début du siècle. — Tandis qu’Hokusai, à partir de 1820 environ, tenait la tête comme seul chef, après que Yeishi, Outamaro et Toyokuni se furent retirés, un petit nombre d’artistes, dont le style avait ses racines dans le xvme siècle, étaient encore à l’œuvre. Les premiers à mentionner sont les deux élèves de Shunyei : Shunsen et Shuntei, les derniers représentants du clan des Katsukawa, et qui produisirent, tous les deux, dans les vingt premières années du xixe siècle.
Katsukawa Shunsen étudia d’abord avec Torin, le maître de l’école chinoise, puis avec Shunyei (1). D’après le Catalogue Hayashi (n° 620), il fut élève de Shunsho. En plus de ses illustrations de livres, nous pouvons citer parmi ses œuvres :
Série de huit paysages, avec figures au premier plan, où le rose et le jaune dominent, et où l’eau est reproduite par des gaufrages;
Récolte de coquillages au coucher du soleil ;
Les berges de la Sumida en hiver.
Reproduction dans Strange (p. 80).
Anderson, Catal., p. 3O4 ; Strange, p. 80; Catal. Bing, n9 289.
Katsu-
kawa
Shun-
tei
Plus tard, sous le nom de Shunko II, il s’adonna exclusivement à la peinture sur faïence.
Il existe un livre des Oiseaux chantants de Tsusumi Torin, Toshimitsu et Rinsho, publié en 1795 (Duret, n° 148). D’autres élèves de Torin furent : Sawa Sekkio (Catalogue Hayashi, n° 1007) ; Umpo (iûL, n° 1011); Riusai Masazumi (id., n° 101 3).
Katsukawa Shuntei fit, en plus de scènes d’acteurs et de lutteurs célèbres, des compositions \|| d’histoire et de légende, très dramatiques, géné- ' râlement en gris, vert et jaune ; mais, à cause de sa J&r mauvaise santé, il produisit peu ; les premiers ^ tirages de ses œuvres sont particulièrement rares. D’après le Catalogue Hayashi (n° 785), il fut élève de Shunyei ; il doit être regardé comme le précurseur de l’école historique qui brilla vers 1830.
Citons parmi ses œuvres :
Kurayama homare no yokosana, conte, '1812 ;
Nanko seichu gwaden (histoire du fidèle Kusunoki Masashige), 4 vol., 1815 ;
Itogoromo Tengu Baikai (?), 6 vol., vers 1815 ;
Le jeu du jeune prince, dans son ouvrage en 2 vol., est très célèbre ;
Les sept dieux du bonheur, surimonos ;
Bataille d'un héros avec un serpent monstrueux (reproduit par Strange, p. 38).
Shinsai, qui est mentionné comme un élève du début d’Hokusai (vers 1800- 1 8 10), serait mieux classé avec Shunman ; les huit vues de la mer d’Omi sont de lui ; il fit aussi des surimonos, dont un, avec deux crabes, est reproduit par Gillot.
Hiroshige (1797-1858). — Cour d’auberge.
Collection H. Vever, Paris.
Hiroshige (1797-1858). -
Paysage au clair de lune.
Pl. 62. Pag. 224.
LES AUTRES ARTISTES DU XIXe SIECLE
Bokusen, d’Owari, était le contemporain d’Hokusai; c’est dans sa maison, en 1812, que le plan de la Mangiva fut imaginé ; lui-même, en 1815, publia une collection de croquis similaire Bokusen sogwa , in-octavo, en couleurs. Duret en mentionne un livre particulier : Kiyogwayan , le jardin des caricatures (Uagoya, 1815).
Le seul véritable rival d’Hokusai, entre 1810 et 1820, fut Kikugawa Yeizan, dont le vrai nom était Giokusai Mangoro, fils du peintre Kano Yeiji, de Yedo (1). Au début, il travailla à faire des fleurs artificielles, puis étudia le style d’Outamaro, plus tard celui d’Hokusai, entra en relations amicales avec Hokkei, et enfin imita Kunisada. Citons de lui :
Une série des douze mois ;
Neige, lune et fleurs, 3 feuilles ;
Série de grandes figures à mi-corps.
Dès l’année 1829, il commença à composer ses propres textes, qu’il illustra. Strange reproduit (p. 58) une femme avec un parapluie. Un de ses élèves fut Keisai Yeisen, dont nous parlerons plus tard.
D’autre part, un peintre de l’école de Ganku, Shiko, dont Strange, qui incline à le préférer à Outamaro, reproduit un kakemono-ye , eut beaucoup d’affinités avec ce dernier (p. 60) (2). Quelques-unes de ses estampes rappellent la meilleure période d’Hokusai.
1) Anderson, Catal., p. 363 ; Fenollosa, Catal., n° 3g3 ; Strange, p. 57. '2) Anderson, p. 449 ; Strange, p. 58.
Kiku-
gawa
Yei-
zan
Parmi les autres artistes, les suivants peuvent être cités : Mori Shunkei, avec sa Gwafu (fleurs, oiseaux et insectes), en couleurs, d’après des modèles chinois, 1820 (Catalogue Anderson, p. 364); Kawamura Bumpo, un élève de Ganku, qui commença à illustrer des livres dès 1800 (Duret, n° 468); Bumpo gwafu, dans le style chinois, parut à Kioto en 1813 (Catalogue Gillot); des livres de reproductions d’après son œuvre, contenant des paysages et des tableaux de genre, parurent de 1809 à 1824 (Catalogue Burty, n° 136, et Catalogue Anderson, p. 449)- Oishi Matora (1792-1833), illustrateur célèbre de meîshos (livres de voyages) ; de lui parurent des caricatures en couleurs (Osaka, 1828 et 183 3), 2 volumes in-octavo (Catalogue Burty, n° 712). Hasegawa Settan, de Yedo, illustra aussi des meishos , qui parurent de 1832 à 1839; le Yedo meisho de 1836, 20 volumes blanc et noir, est le plus beau de cette sorte (Catalogue Anderson, p. 364; Catalogue Burty, n° 438).
D’autres illustrateurs humoristes de l’école de Kioto sont, d’après Duret (nos 462-$ 16) : Kanyosai (Mokio), qui vécut de 1712 à 1774 (Cf. chap. m); Kyaro, dont nous avons des œuvres, en 1798 et 1799; Kuro (Kino Baitei), fauteur du Kuro gwafu , Kioto, 1797; Shimo Kawahe Juisui, qui suivit le style de Sukenobu et a laissé le Kummo ruye , ouvrage encyclopédique en 21 volumes (Kioto, 1789).
Au xixe siècle appartiennent encore : Nichosai ( Kotsijuikai , Osaka , 1802, 2 vol.); Satosui Saki (1814); Kishi ( Aoi sokiju).
LES AUTRES ARTISTES DU XIXe SIÈCLE
2° Kunisada. — A côté d’Hokusai et de son école, la première moitié du xixe siècle fut dominée par l’école des Utagawa, créée par Toyokuni. Son principal représentant durant toute cette longue période fut Kunisada, qui peut, même plus qu’Hokusai lui-même, être regardé comme le maître typique d’après les œuvres duquel fut basée l’opinion européenne courante sur l’art japonais. Dans sespersonnages violemmentagités, leurs grandes figures remplies d’expression exagérée, dans ses couleurs très variées et sa composition qui ne veut pas laisser le plus petit coin non rempli, l’Europe pensa reconnaître les caractéristiques de l’art du Japon.
Il est vrai que, si nous fermons les yeux à toute la maladresse, la crudité et l’exagération de son œuvre, nous y retrouvons encore des traces du grand art des périodes anciennes ; mais la dégénérescence est néanmoins si forte qu’on ne peut reconnaître dans cette nouvelle tendance, qui domine entièrement Kunisada, que l’évidence d’une décadence rapide et irrésistible. Et, bien que quelque-unes de ses œuvres puissent attirer notre admiration, surtout en ce qui concerne la force décorative et l’acuité d’observation de la nature, pourtant, au point de vue japonais, et en les comparant aux œuvres du passé, elles sont incapables d’intéresser.
Utagawa Kunisada, souvent nommé par erreur simplement Toyokuni, comme son maître, bien qu’il ne prit le surnom de Toyokuni II qu’à la fin du dernier quart de sa longue carrière, naquit en 1787, à Bushu, mais passa sa vie à Yedo.
Au début, à partir de 1805 environ, il travailla entièrement dans le style de son maître Toyokuni. Il acquit, dit-on, sa première célébrité par le portrait d’un acteur connu, et plus tard devint un des plus fertiles peintres d’acteurs (1). En collaboration avec son maître, il représenta Ishikawa Hakuyen dans ses principaux rôles, dans une série d’environ 150 estampes. En 1808 parut le premier de ses livres illustrés; puis, vers 1825, suivant la tendance de l’époque, il comprit le paysage dans le cercle de ses représentations, mais n’atteignit sa maturité que vers 1830, et, à partir de là, dirigea l’art japonais côte à côte avec Hokusai et Hiroshige.
Duret mentionne fn° 195-200) des livres illustrés par lui dans les années 1828 à 1853. collaboration avec Hiroshige, il illustra le Tokaido. Depuis l’époque où il adopta son surnom de Toyokuni II, en 1844, son style devint moins soigné et son coloris plus vif et plus cru. C’est lui qui donna leur lettre de naturalisation aux éclatantes et discordantes couleurs de la gravure japonaise de notre époque. Son œuvre la plus célèbre est la série des 54 feuilles in-folio qui illustrent le roman Gengi Monogatari , qui, en 1857, fut suivie par une autre série plus petite sur le même sujet. Il illustra aussi, avec son jeune camarade Kuniyoshi, le Tokaido. Il mourut en 1865, à l’âge de soixante-dix-huit ans. Fenollosa ( Outline ) reproduit un de ses triptyques ; on mentionne encore de lui :
(1) Anderson, Catal., p. 366; Strange, p. 5o-i 14; Fenollosa, Catal., n°“ 394, 400, 444-447 ; Catal. Burty, n° 233-202 ; Catal. Bing, n° 693.
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Pl. 63. Pag. 228.