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I-Iiroshige (i 797“ 1 858). — Poissons

Collection A. Rouart, Paris.

LES AUTRES ARTISTES DU XIXe SIÈCLE

Triptyque : Jeune fille sur la plage (vers 1806, d’après Fenollosa, n° 394) ;

Pentaptyque : Le grand pont sur la Sumida.

Séries :

L’acteur Ichosai dans ses principaux rôles comiques, 48 feuilles, in-folio ;

Acteurs à mi-corps, 8 vol. Portraits d’acteurs, au-dessus de chacun, un orchestre de cinq musiciens, in-folio ;

Les courtisanes, 118 feuilles, in-folio ;

Genji monogatari, en haut de chaque feuille un éventail avec des dessins divers, 54 feuilles in-folio, 1828;

Azuma genji, 54 portraits de femmes avec des variantes sur le Gengi monogatari, in-8° ;

Miyomato Mansashi, spectres et autres, 124 feuilles in-folio ;

J osa sanju rokukisen, occupations des femmes in-folio ;

Hana no sugatami, plus de 60 scènes de théâtre, in-12 avec les noms des différentes provinces où se passent les scènes.

Le Catalogue Anderson cite plusieurs ouvrages des années 1827-1832; Strange reproduit (p. 50) trois de ses feuilles; Gonse (p. 98), un surimono.

Le contemporain de Kunisada, Kikuchi Yosai, appelé aussi Takiyasu, essaya, bien qu’appartenant à l’école naturaliste de Shijo, d’arrêter la décadence de l’art en se rapprochant du vieil arr de Tosa (1). Né à Kioto en 1787, il étudia d’abord sous un maître de l’école de Kano, puis se tourna vers l’école de Shijo. Son principal ouvrage est le Zenkan kojitsu , biographie illustrée des grands hommes du passé, ouvrage en 20 volumes inoctavo avec gravures en noir et blanc qui parut en 1836, et auquel 3 volumes supplémentaires furent ajoutés. Quelques personnes sont disposées

(1) Anderson, Catal., p. 419; Anderson Japanese Wood-Engraving, p. 58; Strange, p. 102; Madsen, p. 137; Brinckmann, p. 21 1 ; Catal. Burty, n° 1 35.

le placer au-dessus d’Hoe kusai même, dont pendant, malgré tout sàcon bon goût, il n’atteignit jamais la puissance. Reproductions dans Anderson (. Japanese Wood-Engravîng , fig. 29), Brinckmann (p. 212). Il mourut en 1878, âgé de quatre-

vingt onze ans.

Plus modeste, mais en même temps plus habile et d’une plus grande importance pour son temps, fut Keisai Yeisen, appelé aussi Ikada, le meilleur élève de Yeizan. Né en 1792 à Yedo, fils d’un peintre de Kano, il vécut pour voir la dernière phase de la grande évolution et, depuis 1820-1840, montra une indépendante activité, surtout dans le paysage, ainsi que dans ses surimonos délicats et pleins de goût. Dans des paysages il atteint, avec quelques coups de pinceaux, un effet très clair (reprod. dans Gonse, ill. 296). Il mourut en 1848 (1). De ses feuilles séparées, les suivantes peuvent être mentionnées :

Temple à Yedo, grand format;

Vaches chargées conduites sous la pluie, grand format ;

Paysage de neige avec des pins, grand format ;

Carpe remontant une cascade, très grand format, d’après Fenollosa (n° 410), vers 1840 ;

Chat guettard des poissons rouges;

Une série de cascades;

Douze feuilles, l’histoire des Ronins, in-folio oblong, son meilleur ouvrage.

Anderson cite de lui, parmi d’autres ouvrages, les suivants :

(1) Anderson, Catal., p. 365 ; Strange, p. 76-1 13 ; Madsen, p. 137; Fenollosa, Catal., n°5 405-411; Catal. Burty, n» 699; Bing, Catal. n® 668.

LES AUTRES ARTISTES DU XIXe SIÈCLE

Jingi andon, croquis en collaboration avec d’autres artistes,

5 vol. in-octavo, vers 1825 '>

Nishikino Fukuro, croquis en style de Mangwa, 1829;

Keisai sogwa, 5 vol., 1832 ;

Keisai ukiyo gwafu, en cc llaboration avec Hiroshige, 3 vol., vers 1836, son principal ouvrage en ce genre.

Ainsi que Kunisada, Kuniyasu, Kuniyoshi étaient élèves de Toyokuni.

Kuniyasu (reprod. dans Strange, p. 54) mourut en 1840, âgé de trente ans.

Utagawa Kuniyoshi, né à Yedo en 1800, com- -g/? mença à produire vers 1815-1820(1); suivant un chemin exactement parallèle à celui de Kunisada, il montre cependant dans le paysage une force et une grandeur de style qui le placent peut-être plus haut qu’Hiroshige. Il mourut, en 1861, à soixante et un ans. Nous mentionnerons comme ses œuvres principales :

Vue du lac Biwa avec le Fuji au fond, daté par Fenollosa (Catalogue, n° 404) de 1840 environ ;

Le prêtre Nichiren dans la neige, signé Ichiyosài ;

Une série de l'histoire des ronins, 47 feuilles in-folio, ouvrage célèbre ;

Tatsutagawa, les cent poètes célèbres, aussi très remarquables;

Genzi monogatari, 54 feuilles, 1844;

Les stations du Tokaido, avec des images des légendes se rapportant aux endroits décrits en collaboration avec Kunisada,

70 feuilles (?) ;

L’ arc-en-ciel, trois personnes grimpant une montagne;

Héros japonais, plus de 50 feuilles;

Vues de la cascade de Benten;

Suikoden, les 108 héros chinois ;

Exemples d’amour filial chinois, 14 doubles feuilles;

(1) Anderson, Catal., p. 367; Anderson Japanese Wood-Engraving Strange, p. 52; Fenollosa, Catal., noS 401-404; Catal. Burty, n°5 299, 24'2,

Catal. Bing, n° 672.

Uta-

gawa

Kuni-

yoshi

Fusokuko meidon, personnages célèbres, 2 vol. in-octavo, Kioto, 1840 ; en blanc et noir.

Anderson cite de lui quelques ouvrages illustrés de la période 18} 1 à 1856, et Strange (pi. VI) donne une reproduction.

Ÿ Hiroshige. — La gravure japonaise, après avoir passé, en cent cinquante années de développement, de la méthode ornementale à l’idéaliste, {puis à la fantastique, aborda le naturalisme à a fin du premier quart du xixe siècle. Le paysage, qui jusqu’alors n’avait joué qu’un rôle peu important, prit une signification indépendante, en même temps que la représentation des animaux était aussi perfectionnée. Il est vrai que ces efforts ne furent pas capables de ranimer l’art national, dont les conditions générales avaient déjà pris un trop mauvais aspect ; mais, en tout cas, cette fin de la gravure japonaise a un intérêt particulier pour nous à cause de sa relation avec les plus récentes tendances européennes.

Au sommet du développement du paysage, se tient Hiroshige, côte à côte avec son aîné Hokusai et son cadet Kuniyoshi ; car il perfectionna cette nouvelle branche de l’art, si même iî ne la créa pas. Ce qui met particulièrement près de nous ce dernier grand maître japonais, c’est, en plus de son naturalisme, le fait qu’il approche plus de la manière européenne qu’aucun de ses compatriotes. En fait, il dut l’étudier à fond, bien que ne se l’étant pas assimilée complètement.

Dans ses œuvres, les règles de la perspective

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HIROSHIGE. — Pont sous la pluie : L’une des ioo vues de Yedo.

British Muséum.

LES AUTRES ARTISTES DU XIXe SIÈCLE

sont, à un certain degré, observées; il cherche une composition bien équilibrée; chacun de ses dessins a, à la fois, l’unité intérieure et le fini extérieur en contraste avec le style chinois, qui paraît toujours flottant. Mais, en dépit de cette similitude avec la méthode européenne, il reste complètement japonais; il regarde la nature, et, par la vertu de son sentiment poétique et de sa largeur de conception, il découvre en elle des qualités que nous n’avions pas su apprécier, effets produits par les moyens les plus simples : une étendue de pays plat, quelques grands troncs d’arbres, une pente abrupte de montagne, un aperçu de la côte loin sous les pieds, ou un large tourbillon, etc. Ce n’est pas la ligne en ellemême, ni le contour d’une montagne ou d'un arbre, ni le caractère idyllique, ou grave, sauvage ou héroïque d’une localité, mais le u sentiment ” d’un paysage vu dans une certaine lumière et d’un certain point de vue, voilà ce qui inspire cet artiste. C’est dans ce sens, et non à cause de la technique qui est, au contraire, toujours d’une précision tout à fait architecturale, que l’on peut parler d’impressionnisme dans les paysages d’Hiroshige et de ses contemporains ; et c’est par conséquent Hiroshïge qui, en retour de ce qu’il avait appris lui-même d’Europe, contribua plus qu’aucun autre artiste au développement de l’art européen de la fin du xixe siècle.

Hiroshige, appelé aussi Ichiriusai, naquit en 1797 et mourut du choléra en 1858, à l’âge de soixante et un ans. Il commença par être pompier, puis fit son apprentissage sous Toyohiro

et semble avoir débuté dans la carrière artistique vers 1820. Ses 36 vues du Fuji sont attribuées à cette date. Au commencement, il fit aussi des acteurs, des femmes, etc., comme les autres artistes, et illustra divers livres, même jusqu’après 1830. Vers 1833, il s’adonna particulièrement au paysage, tout en faisant aussi beaucoup d’animaux, surtout des oiseaux et des poissons. On ne sait pas au juste quand il produisit son ouvrage principal, les Cinquante-trois stations du Tokaido , in-folio oblong ; mais les paysages qui le composent rappellent si bien sa première et meilleure manière qu’on peut, sans risquer de beaucoup se tromper, les dater de 1830 environ. Il fit plusieurs séries similaires du Tokaido , surtout une en petit format, puis une autre pour laquelle Kunisada dessina les figures, etc. Vers la même époque que le grand Tokaido , parut p robablement le Kisokaîdo , les soixante-neuf stations de la route dans les terres. Comme dans toutes ses œuvres, les localités décrites sont rendues avec grande conscience ; les figures, bien que parfois sommairement dessinées, sont encore très correctes et caractéristiques dans leurs mouvements.

Les paysages en forme de triptyques et les compositions en très grand format kakemono-ye sont particuliers à Hiroshige.

Hiroshige vécut, croit-on, à Yedo, de 1846 à 1849, et vers 1850-1860, acquit une particulière réputation pour ses vues de cette ville. Le changement dans son style, la transition de la large et puissante manière de ses œuvres du

LES AUTRES ARTISTES DU XIXe SIÈCLE

début au dessin plus aigu et plus délicat de ses dernières années, et surtout le changement dans sa signature, de la cursive japonaise au style carré chinois, a conduit quelques personnes à supposer qu’il y eut deux artistes du même nom, un Hiroshige I et un Hiroshige II, et que ce dernier ne serait devenu artiste que tard dans sa vie et aurait séjourné à Yedo pendant les années déjà mentionnées. Outre que les affirmations de Strange sur ce point souffrent d’obscurité et de contradictions, il n’est nullement prouvé que cette supposition soit juste, si nous considérons que la signature de l’artiste se modifia peu à peu, d’étape en étape, pour ainsi dire. De plus le changement dans le style d’Hiroshige est suffisamment expliqué par son plus grand âge et par les progrès de l’époque (i).

Bien qu’Hiroshige ne se soit jamais inquiété, même dans les bonnes impressions de ses œuvres, de reproduire par la couleur les charmes les plus délicats de la nature et là multiplicité de ses tons, il cherche pourtant toujours à produire une impression picturale par quelques couleurs bien nuancées. Dans les épreuves ordinaires, au contraire, celles qui ont trouvé le plus de publicité, la décadence de la gravure japonaise est déjà très évidente dans les criants effets des teintes d’aniline crues et dures qui y sont employées. Reproduction dans Gonse (I, 88), scène de neige (p. 108), et (p. 298) pont sous la pluie.

(1) La découverte qu’il y eut réellement un Hiroshige II a été définitivement faite par M. J.-S. Happer; mais ce plus jeune Hiroshige est de moindre importance.

Feuilles séparées :

Jeune fille se réveillant, grand format, vers 1822, d’après Fenoilosa (n° 412) ;

Yoshitsune et les tengus (monstres à bec d’oiseaux) ;

Dragon s’envolant;

Perroquet sur un arbre, grand format, vers 1840, d’après Fenollosa (n° 429) ;

Un épervier sur une branche de pin, très grand format, vers 1842 ;

Cigognes et rizières, grand format, vers 1848 ;

Héron blanc parmi les roseaux ;

Cigogne blanche volant au-dessus d’iris ;

Voyageurs sur la grand’route, grand format, vers 1825, d’après Fenollosa (n° 413);

Paysage de montagne sous la neige, très grand format, 2 feuilles, vers 1843 ;

Yedo la nuit, grand format, vers 1848 ;

Le feu renard, c’est-à-dire des feux follets représentés par des renards réunis la nuit autour d’un grand arbre solitaire, moyen format.

Triptyques :

Les rapides de Naruto dans la large rivière près de Kioto, 1846;

Plage par clair de lune;

Montagnes dans la neige, vers 1850, excellent ;

Homme dans un verger de prunier s, en collaboration avec Kunisada, magnifique, vers 1850.

Ouvrages illustrés et séries :

L’histoire des 4 7 ronins, 11 doubles feuilles

Kwannon reigenku, les cent merveilles de la Kwannon, 34 feuilles, in-folio ; dans la partie supérieure de chaque feuille, un sanctuaire de Kwannon ; dans l’inférieure, un miracle ; les dernières par Kunisada;

Kioka hiaku ninitsishu, vers comiques des cent poètes, in-octavo, dessins légèrement brossés en deux tons ;

Keisai ukiyo gwafu, 3 vol. in-octavo, les deux premiers» par Keisai, le troisième par Hiroshige, en plusieurs tons;

Sohitsu gwafu, 3 petits vol. de croquis ;

Hiroshige (1797-1858).

Oies sauvages au clair de lune.

Hiroshige (1797-1858).

Aigle sur un pin couvert de neige.

Collection H. I ’ever. Paris.

Pl. 64. Pag. 236.

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