LES EST1EN>'E
On se proposait aussi de faire plusieurs autres corps de grec, comme on le voit par un marché détaillé de Grandjean ; mais ce marché ne reçut qu'un commencement d'exécution. Grandjean commença un quatrième corps de grec de même style ; mais ce caractère, plus fort que les autres, est resté imparfait, et le nombre de poinçons qu'on en possède est très restreint. Il grava aussi des majuscules et quelques lettres longues raccourcies, destinées à permettre de fondre le gros-romain sur le corps saint-augustin, afin de remplacer le caractère de ce nom, dont on n'avait pas de matrice, comme nous l'avons dit plus haut.
Histoire des types grecs dn roi aux X.TII1«^ et ILVK.' siècles.
Nous avons vu que l'Angleterre n'avait pu s'approprier les matrices grecques de Robert Estienne, malgré les démarches de son ambassadeur à Genève. Plus tard, l'université de Cambridge, qui déjà s'était procuré de vieilles fontes des deux plus petits caractères, désira s'en procurer de nouvelles. Les curateurs de l'imprimerie fondée dans cet établissement s'adressèrent pour cela à Clément, garde de la Bibliothèque du roi, et demandèrent une certaine quantité de ces caractères, offrant de reconnaître cette faveur dans une préface des premiers ouvrages qu'ils imprimeraient, et d'en payer le prix en livres. De plus, ils s'offraient de s'entremettre pour faire obtenir à l'imprimerie royale de France, en telle quantité qu'elle voudrait et aux conditions auxquelles l'obtenait l'université de Cambridge, une encre à imprimer particulière, luisante, dont le secret appartenait à une société anglaise.
Voici, au reste, la copie exacte de quelques pièces relatives à cette affaire, dont les originaux sont encore dans les archives de la Bibliothèque nationale, où l'on a bien voulu me permettre de les copier.
Lettre de M. Prior à M. Clément, garde de la Bibliothèque royale, accompagnant une demande de caractères grecs faite par les curateurs de l'imprimerie de l'université' de Cambridge (1).
A Whitehal, ce 18' d'avril 1700.
Monsieur,
Les affaires du parlement nous ont tant occupé icy pendant quelques mois
passés, qu'à peine a-t-on eu le tems de penser aux belles-lettres, ni de tenir
correspondance avec les gens qui en font profession. A cette heure que je m'en
suis un peu débarrassé, souffres, Monsieur, que je vous rende grâces de toutes
(1) J'ai conservé fidèlement dans cette pièce le style de son auteur, mais je ne me suis pas cru obligé de reproduire quelques fautes d'orthographe dues; à sou peu de pratique de la langue française.
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fes honnêtetés dont vous m'avez comblé pendant mon séjour en France, et que je demande vos bons offices et votre assistance dans l'affaire de notre imprimerie à Cambridge, selon ce que vous avez eu la bonté de me promettre autrefois. La faveur que nous désirons, c'est de pouvoir obtenir par votre moyen les types dont l'incluse fait mention, et le plus tôt que cela se pourroit. Je n'ose pas écrire sur ce sujet à M. l'abbé de Louvois, me fiant entièrement sur vous. Je vous donne pourtant en charge de luy faire mille complimens de ma part , et de le prier de nous donner son appuy dans cette affaire, si vous le trouvez nécessaire. Le comte de Manchester luy aura donné un spécimen de Horace, nouvellement imprimé à Cambridge, avec une lettre de la part du duc de Sommerset, chancelier de cette université : cet illustre protecteur des belles-lettres continuera de vous envoyer les specimina de tous les livres qui s'imprimeront à Cambridge. Je tâcheray de faire avancer cette amitié entre les sçavans des deux nations, parce que j'auray de là plus souvent l'occasion de vous dire que je suis, avec beaucoup de respect. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,
Prior.
Vous aurez la bonté de dire à myiord Manchester combien coûtent les types, et quand nous pourrons espérer de les avoir. [Souscription :] Monsieur Clément.
Note des curateurs de l'imprimerie de Cambridge relative à cette demande.
Expetunt curatores rei typographicse in academiâ Cantabrigiensi, ut Régis christianissimi benevolentiâ , typi graeci, quorum duo exemplaria literis expressa, è Galliâ nuper accepta, mittimus, ad pondus quingentarum librarum utriusque generis fundantur, in usum Academise prsedictœ, unàcum accentibus, ligaturis, punctis, atque omnibus distinctionum notis, quae ad hujusce apparatûs complementum desiderari possunt, atque singulorum typorum longitudo (nempe totius corporis metallici à summo ad imum) iis respondeat, quorum spécimen quadruplex hulc chartae inclusum habetur. (Suit un spécimen des deux plus petits caractères.)
Deuxième note , plus explicative , des curateurs de l'imprimerie de Cambridge (1).
Messieurs les curateurs de la nouvelle imprimerie de Cambridge souhaitteroient d'établir une correspondance avec ceux de l'imprimerie royalle de la France.
Ils voudroient bien sçavoir pour quel prix ils pourroient avoir le poids de quatre cens livres de chaque espèce de ces lettres grecques, dont ils ont déjà des exemplaires, avec des points, accents, et toutes choses nécessaires pour rendre complets deux corps des lettres.
Ils reconnoîtront la faveur dans une préface des premiers livres qu'ils imprimeront, et ils en rendront les prix en livres, selon ce que M. Clément ordonnera là-dessus.
Ils n'ont pas le secret de cette encre luisante ; c'est entre les mains d'une société de qui l'université l'achète. Mais les curateurs feront en sorte que l'im-
(1) Même observation qu'à la note précédente
primerie royalle de Paris sera pourveue de telle quantité de cette encr€ qu'eirevoudra, aux mêmes conditions que l'achète l'université de Cambridge.
Voici maintenant la réponse de M. Clément à M. Prior, au sujet de cette demande :
Paris, ce 25 may 1700.
Monsieur, Lorsque vous partistes d'icy la première fois, vous m'aviez fait entendre que M. Gale seroit chargé par M" de l'université de Cambridge de ce qu'il faudroit faire pour les caractères grecs que ces messieurs désirent pour leur imprimerie. Comme il ne m'en a point parlé, j'ay différé d'agir jusques à ce que j'aye receu la lettre dont vous m'avez honoré, du 18 avril. M. l'abbé de Louvois en ayant receu en mesme temps une de M. le duc de Sommerset pour le mesme sujet, j'ay veu de sa part M. l'abbé Bignon, qui est chargé de la direction de l'imprimerie royale du Louvre, pour le porter à faciliter à M" de l'université les moyens d'obtenir ce qu'ils demandent. M. l'abbé de Louvois l'a encore veu depuis, et l'en a sollicité fortement, comme il le marque dans la réponse qu'il fait à M. le duc de Sommerset; mais nous n'avons pu obtenir autre chose que ce qui est porté par le mémoire qui est joint à cette lettre. C'est la réponse que M. l'abbé Bignon m'a chargé de faire à M-^' de Cambridge, m'asseurant qu'il ne pourroit se relascher de cette première condition. Si ces messieurs en conviennent, il sera aisé de conduire le reste de la négociation à une bonne fin. Je m'y employeray en mon particulier avec beaucoup de plaisir, voyant que vous vous y intéressez comme élève de cette célèbre université, et vous me trouverez toujours disposé à vous faire connoistre que je suis, etc.
[Mémoire] envoyé à M. Prior le 25 t7iay 1700.
M" de l'université de Cambridge trouveront en France toutes les dispositions qu'ils peuvent souhaitter pour entretenir une bonne correspondance avec les personnes qui sont chargées par le Roy de la direction de l'imprimerie et de la Bibliothèque royale, afin de travailler de concert, et de se donner réciproquement les secours nécessaires pour l'avancement des lettres.
Et pour favoriser le dessein que M" de Cambridge ont formé de donner au public de belles éditions grecques, comme on en voit déjà de latines, on leur communiquera volontiers des fontes entières et complètes, en telle quantité qu'il sera nécessaire, des caractères grecs dont le roy a fait faire depuis peu les poinçons et les matrices (l); mais comme l'on n'a rien épargné pour les porter à la perfection, il est raisonnable que ceux à qui on en fera part s'obligent d'en marquer leur reconnaissance non-seulement dans une préface, mais aussy au titre de chaque ouvrage où ces caractères seront employez.
On désire donc, avant toutes choses, que M" de Cambridge promettent que, dans chacun des ouvrages qui s'imprimeront dans leur imprimerie avec les caractères grecs qu'ils auront tirés de France, ils fassent mettre au bas de la page
(1) Louis XIV avait fait faire les matrices, mais non pas les poinçons. Cette phrase prouve, au reste, qu'on ignorait que les poinçons en question fussent ceux de François l", car on n'aurait pas manqué de le rappeler si on l'avait su
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du litre, après ces mots : typis academicis, quelques autres mots qui marquent que ces caractères grecs ont été tirez de l'imprimerie royale de Paris, caracteribus grœcis è typographeio regio Parisiensi. Aussi tost que l'on sera convenu de cette première condition, les autres n'arresteront point, et il sera aisé de fixer le prix de la quantité qu'on en voudra et la manière dont le payement en sera fait, puisque l'on souhaitte surtout que ce qui en proviendra serve à acheter les bons livres que l'oa pourra tirer d'Angleterre pour enrichir la Bibliothèque* du roy.
Si l'on en croit M. de Guignes, cette affaire échoua parce que M. l'abbé Bignon ne voulut pas se relâcher de la condition mentionnée dans la pièce précédente, et que l'amour-propre national des curateurs de l'imprimerie universitaire de Cambridge ne crut pas pouvoir l'accepter {\).
Nous avons vu que lorsqu'on retira les poinçons de la chambre des comptes, en 1683, on ignorait leur origine. Un fait plus extraordinaire, c'est que, quarante ans après, l'administration elle-même avait perdu de vue ce retrait, au point de redemander de nouveau à la chambre des comptes les poinçons grecs, dont l'existence lui avait sans doute été révélée plus tard par quelque document officiel. C'est ce que nous apprenons par une lettre de 31. de Foncemagne, datée du 30 septembre 1727, et dont M. de Guignes avait vu l'original au dépôt de la Biliothèque royale. N'ayant pu retrouver cette pièce, non plus que celles qui s'y rapportaient, je transcrirai littéralement ce que
(1) Je n'ai pas pu parvenir à éclaircir cette affaire ; mais on trouve quelques renseignements sur M. Prior dans l'une des lettres que m'a écrites à ce sujet le principal bibliothécaire de l'université de Cambridge, auquel je m'étais adressé pour faire faire des recherches dans les archives de son institut.
« University library, Cambridge, 20th oct. 1855.
« Sir, as you give me the choice of language, I beg to continue our correspondance in my native english , -which of course flaws more readily from my pen, though I am tolerably familiar with your language.
« Since I wrote a few days ago, I hâve searched with great care ail the mss. documents and collections of letters to which I bave access, in the hope of finding something relating to the curions négociation to which your letter refers, but 1 regret to say without success. I hâve further requested M' Romilly, the registrary of this' university, to examine his records of the university press, and l hâve just received his reply to the effect that the transaction in question is not alluded to in any document preserved in his office.
« I conclude you bave seen the letter of M'' Prior from your mention of Whitehal (probably the palace of White Hall), which name does not occur in the printed history to which you refer me. I bave no doubt this person was Matthew Prior, our celebrated comic poet, who was a great favourite at the french court, and particularly patronised by Louis XIV, on which account he was much employed as a diplomatisl by the english government. ^
« I regret that our Cambridge archives" fail to throw any light upon the subject of your inquiry, and I remain, sir, your's faithfuUy "J. PovtER, principal librarian. »
Dans le commencement du troisième alinéa de sa lettre, M. Power semble faire allusion à un livre imprimé où se trouverait reproduite, sauf la rubrique de Whitehal, la lettre de M. Prior que j'ai copiée en effet sur l'original. Je n'ai pu me procurer ce livre.
dil sur celte attaire M. de Guignes lui-même. « M. de Foncemagne, dii-ii. s'exprime en ces termes, qui sont positifs, mais contraires à tout ce que je viens de dire : « Celui des greffiers de la chambre des comptes que M. le i premier président avoit chargé de traiter avec M. Anisson pour la resti- « tutlon du dépôt des poinçons grecs que j'ai découverts ù la chambre est '< en campagne depuis quelque temps. Cette affaire n'est point finie, et ce " délai , que je n'avois pas prévu , a reculé la réponse que je dois à « M- Grandjean. » M. de Foncemagne, qui savoit que François pr avoit déposé les poinçons grecs à la chambre des comptes, aura parlé de ce dépôt et en aura sollicité la restitution; on les aura cherchés, parce qu'on a pu avoir oublié alors ce qui s'étoit passé quarante ans auparavant. Je n'ai trouvé, sur cette demande de M. de Foncemagne, que cette simple lettre; il y auroit eu alors des lettres patentes et diverses formalités dont je ne découvre aucune trace » (1).
N'est-il pas surprenant, en vérité, que des savants comme Foncemagne, qui avaient tous les jours sous les yeux les livres imprimés à l'imprimerie royale, n'aient pas reconnu dans ses caractères les types grecs de François ler. L'insuccès bien naturel de la démarche de M. de Foncemagne ne fit pourtant que donner plus de consistance à l'opinion déjà répandue de la perte des types royaux. Cette opinion devint à peu près générale dans le XVIIIe siècle. En 17G8, Fournier le jeune, habile fondeur et graveur de Paris, auteur de plusieurs ouvrages sur l'origine de l'imprimerie, déplore vivement cette perte dans son 3Ianuel (t. II, p. xxii). Pierre Didot exprimait le même regret eu 1786(2). Il est vrai que pendant tout le XYIII-^ siècle l'imprimerie royale n'eut que fort peu d'occasions de se servir de ses types grecs (3). Depuis la publication de la Byzantine, ils dormaient dans les casses, lorsque, peu de temps avant la Révolution, le roi Louis XVI ordonna la publication du grand recueil intitulé : Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque du roi. La nécessité de se procurer pour cette publication des caractères orientaux fit faire des recherches à l'imprimerie royale, et on y retrouva, non-seulement les poinçons et matrices des types royaux, mais encore ceux des caractères arabes, persans, etc., provenant de Savary de
(1) Essai historique, etc., p. xcv.
(2) Essai de fables nouvelles... suivies de poésies diverses et d'une épître sur \o% progrès de l'imprimerie, par Didot fils aine (Paris 1786, in-18), p. 105 -.
Et SCS beaux types grecs ne se retrouveut plus.
(3) Je vois dans un Mémoire remis au roi par le directeur Anisson, on 1789, et qui se trouve aux Archives générales de France, qu'en « 1731 le rei Louis XV fit ■pxécuter k chacun des anciens corps grecs plusieurs suites de grandes lettres et capitales qui y manquoient. » Mais c'e'st tout ce que J'ai pu recueillir d'historiqu»' sur ces types célèbres durant tout le XVIIP siècle.
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ÏHcvc's, Cl (lu'oii croyait perdus également. Il n'y en avoit point même de fondus à l'imprimerie royale, dit M. de Guignes, chargé de cette rechercbe. Ce savant a publié en tète du premier volume des Notices et extraits, imprimé en 1787, un Essai historique sur V origine des caractères orientaux de l'imprimerie royale, Essai où j'ai trouvé beaucoup de renseignements pour le travail qui précède. ,
A partir de ce moment, les types de François I*"" furent remis en honneur; malheureusement les temps n'étaient pas propices : la tourmente révolutionnaire força bientôt de les laisser reposer. En 1794, ces types furent réunis, avec l'imprimerie du Louvre, à l'imprimerie de la République, installée alors à l'hôtel Penthièvre, qu'occupe aujourd'hui la Banque de France.
Le 8 pluviôse an III (27 janvier 1795), un décret de la Convention chargeait cet établissement, réorganisé, de l'impression : \° des lois, etc...,; 5" des éditions originales d'ouvrages d'instruction publique adoptés par la Convention ; 6» et de tous les ouvrages de sciences et d'arts qui seraient imprimés par ordre de la Convention et aux frais de la République.
En 1 809, l'imprimerie de la République, devenue imprimerie impériale, fut installée au palais Cardinal, au Marais, qu'elle occupe encore, en dépit des révolutions qui se sont succédé depuis, et les types grecs du roi l'y ont suivie et s'y trouvent aussi. Mais malheureusement les types de François P'" ont été remplacés pour l'usage habituel, dans cet établissement, par des caractères grecs d'une forme nouvelle, dont l'érudition n'a peut-être pas à se louer.
On reprochait aux anciens caractères leurs ligatures innombrables, dont l'usage était tout à fait tombé en désuétude. Certes, ce n'est pas moi qui défendrai ces signes hiéroglyphiques, dont on comprend l'usage dans les manuscrits, pour économiser la place et le temps, mais devenus inutiles depuis l'invention de l'imprimerie. Seulement, je ferai remarquer qu'il était bien facile d'obvier à cet inconvénient : il suffisait de laisser les ligatures dans les casses, et de ne les employer que dans le cas où la reproduction de certains manuscrits les aurait rendus nécessaires.
M. Renouard (1) reproche aussi à ces caractères un certain défaut A' approche (pour me servir d'un terme technique très expressif) ; mais il fait remarquer que ce défaut n'existait pas dans les anciennes fontes , et que le Nouveau Testament de 15i6 et de 1549 offrait une exécution parfaite.
En effet , les défauts qu'on signale dans ces caractères proviennent uni- ([uement de ce qu'on en a changé toute l'économie au XIX'" siècle. Le cicéro,
(1) Ann. des Est., 3' édit-, p. 30C.
i6 LES ESTIENNE ET LES TYPES GRECS DE FRANÇOIS I'''.
fondu d'abord concurremment sur deux corps, onze points et nevf points, comme on le voit dans le Spécimen des caractères de Vimprlmerie royale de 1 81 9, n'est plus fondu aujourd'hui que sur le corps neuf points, ou petit-romain ;\e gros-parangon n'est également fondu depuis longtemps que sur corps vingt points, ou petit-parangon; le gros-romain est encore fondu sur seiz-e points, parce que la hauteur des majuscules exige ce corps ; mais on le fond aussi sur treize points, en se servant des poinçons du saint-augustin gravés par Grandjean, comme on le voit sur le spécimen déjà cité, où ce caractère est tout entier attribué à Garamond, à qui il n'appartient qu'en partie. En somme, avec les trois caractères de ce dernier, on en a fait quatre, dont trois ne répondent plus aux dénominations primitives. C'est sans doute ce qui a induit en erreur M. Duprat, lequel dit, dans son Précis historique sur l'imprimerie nationale (p. 23), que l'inventaire du 29 janvier 1691 ne mentionne que deux des trois caractères de Garamond. Nous avons vu qu'ils y étaient mentionnés tous trois sous leurs anciens noms de gros -parangon, gros-romain et cicéro. Je n'ai pas besoin d'insister pour faire comprendre combien le changement de corps a dû nuire à la précision de ces caractères.