Instit. de Just., I, xxii, xxiri
8. Sur l'histoire de la minorité, \oyez un travail capital de d'Ar-
Un trait profondément germanique et spécial aux familles roturières marque en Anjou l'histoire de la tutelle et de la minorité :
L'orphelin roturier en tutelle peut quitter librement son tuteur et en choisir un autre à son gré parmi ses parents*. Bon nombre de textes germaniques s'harmonisent parfaitement avec cette remarquable décision de la Coutume angevine^ : et rien, à mes yeux, ne nous peint plus vivement l'allure indépendante et libre du Germain : à Francfort, ce n'est pas seulement son tuteur, c'est son père (veuf) que l'enfant peut ainsi quitter '^ : ce droit qui nous paraît monstrueux avait été entouré, dans les temps modernes, de sages garanties : il a subsisté au profit de l'enfant jusqu'en plein xix^ siècle^. Nos codes sont plus timorés : leur respect pour la puissance paternelle est absolu et vraiment tout romain : les mauvais traitements du père ou de la mère pourront aller jusqu'à l'assassinat sans que l'enfant soit soustrait par la loi au pouvoir du tyran qui opprime sa faiblesse^ Les traditions
bois de Jubainville , Recherches sur la minorité et ses effets dans le droit féodal français (Bibl. de l'École des chartes, C, II, 415; III, 136, 533); Flach, Étude historique sur la durée et les effets de la minorité.