Je fais allusion à ces ^'ers du Livre des manières
Franc hom de franche mère nez S' à chevalier est ordenez, Peiner se deit, s'il est senez, Qu'il ne seit vils ne degenez.
(Talbert, Le livre des manières, par Etienne de Fougères, évêque de Rennes, 1168-1178, Paris, 1877, p. 24.) On serait, tenté d'apercevoir dans les Établissements un souvenir de cet état de choses : il est question, au ch. 25 du livre I^"", de descendants d'une femme noble et d'un roturier qui arrivent à la noblesse à la troisième génération : mais cela tient à la présence d'un fief (venant de la mère) aux mains de ces roturiers plutôt qu'à la circonstance que leur aïeule était noble. — On a soutenu récemment que l'art, de la Coutume de Meaux relatif à la noblesse utérine était emprunté aux Établissements de saint Louis. (Labour, La noblesse coutnmière spécialement dans l'ancien bailliage de Meaux, p. 6.) Rien de plus faux.
2. La théorie de la noblesse paternelle se serait-elle formée sur le système romain des familles sénatoriales et d'après le principe : « Si ex filia senatoris natus sit, spectare debemus patris ejus con- « diticnem. » {Dig., I, ix, 10)? Il faut se rappeler aussi que, chez les Germains, il ne pouvait y avoir d'enfants libres nés d'une femme libre et d'un serf.