‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 154 sur 404 · Pertz, Leg., t. II, p · texte numérisé non relu

Pertz, Leg., t. II, p

6. Hefele, Hist. des conc., trad. Delarc, t. VI, p. 552; charte de 1118 dans Marchegay, Arch. d^ Anjou, t. II, p. 22, etc., etc. Une charte de 1118 distingue, à cet égard, les prêtres et les diacres : « Decrevit igitur curia episcopalis quod duo presbiteri piano ser- « mone quae ibi viderant de praedicta décima testificarentur, dia- « conus autem super textum Evangeliorum sacramento firmaret. » (Collection Dom Housseau, t. IV, acte n«> 1376.)

cette tradition dans l'usage des ecclésiastiques de prêter serment sans placer la main sur l'Evangile, mais en la posant simplement sur leur poitrine ^ Le prêtre jurait ainsi d'une manière atténuée : il restait dans le geste quelque chose de la règle primitive. Dans ce débris historique on a vu un magnifique symbole : « Distinction belle et touchante, s'eston écrié, qui veut dire que le cœur de tout prêtre est un exemplaire del'Evangile^ ! » Ainsi s'est formée de tout temps la symbolique par un effort d'imagination de ceux qui ignorent la simplicité des évolutions historiques !

Bien entendu, l'opinion qui permettait aux prêtres de prêter serment existe aussi au moyen âge : elle a laissé, de son côté, des traces importantes et très anciennes. Dans un plaid de 998, des prêtres refusent de prêter serment : leur avocat refuse aussi : par suite, ils perdent leur procès. Le contexte permet de supposer que personne, ce jour-là, ne songea à une difficulté théologique et que, dans la pensée de tous, les prêtres eussent pu, en conscience, prêter serment pour rendre hommage à la vérité^.

Une charte angevine de la fin du xi^ s. nous montre un évêque et plusieurs clercs tout prêts à affirmer par serment prêté sur l'Evangile et sur les reliques l'équité d'un jugement rendu par eux'*.

Les documents de ce genre ne sont pas rares ^; mais le

1. Yoyez Le Gentil, Orig. du droit. — Essais hist. sur les preuves, pp. 16, 17.

2. La vieille tradition hostile au serment, qui remonte aux Esséniens, est encore représentée par les Quakers et les Anabaptistes. M. Garpentier s'y rallie {Le droit payen et le droit chrétien^ t. VI).

3. Texte publié par Bethmann Hollweg, Der germanische romanische Civilprozess in Mittelalter, t. II, 1871, p. 447.

Page 1