Gollection D. Houseeau, t. III, n
5. Gf. d'ailleurs Gratien, Decretum, Secunda pars, causa xxn, quœstio i. — Pour le xiii^ s. français, voyez le texte d'un serment
LE DKOIT. 207
passage de notre Coutume que je signale atteste la tendance contraire.
Formule « Si Biex ni dit / » — Le prêtre ne jure pas, mais le laïque prête, dans diverses circonstances, un serment dont la partie substantielle est comprise dans ces trois mots : « Si Dieœ m'ait ! »
Ces mots sont sacramentels : on y attache une force si grande qu'on se croit obligé par serment pour les avoir prononcés rai)idement dans un moment de colère et que, pour se délier d'un pareil serment, on a recours au légat du Pape qui ne délie pas toujours ^
Ce respect extrême, inspiré par la formule « Si Dieœ m'ait! » dérive plutôt de la crainte de Dieu et du sentiment religieux en général que de la force même des mots et des formules : car, prise en soi, cette phrase « Si Dieœ m'ait! » n'a rien de bien terrible. Je suis même porté à croire qu'elle fut adoptée originairement comme une sorte de formule atténuée qui ne pouvait être considérée, à proprement parler, comme le serment proscrit par Jésus-Christ, puisqu'on n'y prenait pas Dieu directement à témoin, puisque, matériellement, on ne jurait pas par lui, et puisqu'on se contentait de lui demander son assistance : ce qui me confirme dans cette manière de voir, c'est que le texte le plus ancien où nous trouvions cette formule, si on veut, les rudiments de cette formule est précisément un récit où l'on nous apprend qu'un certain évêque attesta, c'est-à-dire déclara solennellement telle et telle chose, sans placer sa main sur l'Evangile ou sur les reliques. Ainsi, il n'y avait pas serment : cet évêque obéissait à la traditioir contraire au serment et bénéficiait des lois qui en exemptaient les ecclésiastiques. Yoici le texte auquel je fais allusion. Il est de l'an 794 :
prêté par des prêtres dans Mém. de la Soc. de Vhist. de Paris, t. V, pp. 154, 155.