Record
On appelle record de cour la preuve testimoniale sans contestation possible de ce qui s'est passé devant un tribunal. Tout tribunal ne porte pas record, c'est-à-dire qu'il n'est pas toujours possible d'administrer cette preuve péremptoire, absolue : les jurisconsultes du moyen âge semblent avoir eu de la peine à déterminer avec précision les tribunaux qui portaient record^. Suivant l'auteur des Etablissements, ce sont tout simplement les cours des barons ^
Ce record, au sens historique que je viens de faire connaître, existait-il à l'époque mérovingienne et carolingienne? Bethmann-Holweg répondait affirmativement ^ mais Sohm et Brunner ont soutenu depuis la négative^ et je ne sache pas qu'on ait combattu leurs arguments. Ils me laissent quelques doutes. Brunner se refuse à apercevoir dans les textes mérovingiens et carolingiens le record au sens technique de ce mot, parce qu'il y est toujours question tout simplement de témoins qui déposent et non pas des juges eux-mêmes : or est-il vraisemblable qu'on ait remis à d'autres qu'aux juges, à d'autres qu'à ceux qui ont prononcé le jugement, le soin d'en administrer cette preuve irréfutable, cette preuve privilégiée? Non certes, répond Brunner : les témoignages dont il s'agit n'ont donc point la valeur absolue qui s'attachera, quelques siècles plus tard, au record, au record des juges.